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Les civils pris pour cibles dans les régions anglophones camerounaises


Le général Nka Valère remet un don de l’armée à un élu local à Ndu dans la région du Nord-ouest, le 16 décembre 2020.

En l’espace d’un mois, au moins deux chefs traditionnels ont été tués par des présumés séparatistes dans cette région selon le gouvernement. Les organisations de défense de droits de l’homme indexent également l’armée camerounaise dans des cas d’exactions contre les civils.

Le chef de quartier de Mile 14-Dibanda à Buea, dans la région du sud-ouest, Emmanuel Ikome, a été retrouvé mort le 13 décembre dernier. Il avait été enlevé quelques heures plus tôt dans sa résidence par des hommes armés non identifiés, avec deux de ses pairs.

"Comme nous commencions à arranger la maison, nous avons entendu un bruit et nous avons tous couru pour se coucher à même le sol, et ces gens-là disaient, il est où? Ils sont entrés là où nous étions, ils ont arrêté le chef, et ils ont arrêté aussi deux de ses collègues", témoigne l’épouse du défunt chef à la télévision nationale.

Deux des trois chefs kidnappés ont été libérés au cours d’une opération de l’armée. Un groupe séparatiste armé dénommé "Forces d'action Fako" a revendiqué l'enlèvement et l'attaque des chefs dimanche dernier à Buea.

"La situation s’est mutée en une situation de terreur et d’atrocités", déplore Cyrille Rolande Bechon, directrice exécutive de l'ONG Nouveaux droits de l’homme. Elle a coordonné la publication d’un récent rapport intitulé "Les populations civiles prises pour cibles dans la crise anglophone".

Selon ce rapport, "On dénombre entre novembre et décembre 2020, des cas d’exécutions sommaires, une vingtaine de cas d’enlèvements et d’assassinats, deux cas de disparitions forcées, plusieurs cas de détention et arrestations arbitraires massives que l’armée mène régulièrement dans les opérations de bouclage", précise Cyrille Rolande Bechon.

Le Premier ministre s’est rendu le 16 décembre à Buea. Il a rencontré les chefs traditionnels de cette région et les a encouragés à mobiliser leurs différentes communautés contre les attaques des séparatistes.

"C’est très préoccupant que les chefs de cette cité légendaire de Buea soient spécifiquement pris pour cibles, j’en appelle aux populations de Buea de collaborer avec les forces de défense et de sécurité, chacun d’entre eux doit devenir vigilants", a réagi Malouba Esembe député de la région du sud-ouest.

Mais pour William Mformi, un résident de Bamenda et coordinateur de la coalition des organisations de la société civile pour les droits de l’homme et la paix dans le Nord-Ouest, les responsabilités sont partagées.

"Les acteurs non étatiques, comme les séparatistes prennent pour cibles les populations civiles autant que les acteurs gouvernementaux, les militaires qui laissent parfois les séparatistes pour cibler les populations civiles, plus des 12.000 qui ont été tués sont tout simplement des victimes collatérales", confie-t-il à VOA Afrique.

L’armée met plutôt en exergue ses missions régaliennes de sécurité dans les zones anglophones.

"Le travail n’est pas terminé, il y’a encore des camps des terroristes à nettoyer, il y a encore des pseudos-généraux à neutraliser", a déclaré Général Nka Valère, commandant de la 5ème région militaire au cours d’une cérémonie civilo-militaire dans la localité de Ndu, considérée comme l’une des bases arrières des séparatistes dans le département du Ndonga Mantung au Nord-Ouest.

Les populations civiles des deux régions anglophones sont prises pour cibles
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