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Les pénuries s'aggravent à Alep, Moscou dénonce des accusations "inadmissibles"

Le quartier de Tariq al-Bab, Alep, Syrie, après des raids aériens du régime syrien, le 24 septembre 2016. (REUTERS/Abdalrhman Ismail)

Pain et médicaments se raréfient dans les quartiers rebelles de la métropole d'Alep sous le feu d'intenses bombardements du régime syrien et de la Russie, qui a dénoncé "la rhétorique inadmissible" des Occidentaux.

"Barbarie", "crimes de guerre": les pays occidentaux ont nettement durci le ton envers le régime syrien et surtout la Russie, qu'ils accusent de directement organiser l'offensive majeure lancée sur la partie rebelle d'Alep, qui se traduit depuis jeudi soir par un déluge de feu quasi-continu.

"Nous avons supporté les bombardements ces dernières années (...) mais maintenant il n'y a ni pain, ni eau potable, rien dans les marchés. La situation empire de jour en jour", expliquait lundi Hassan Yassine, 40 ans, après une quatrième nuit consécutive de raids sur la partie est d'Alep, contrôlée par les rebelles depuis 2012.

Ce père de quatre enfants a dû quitter avec sa famille son appartement au 3e étage pour se réfugier dans un magasin au rez-de-chaussée afin de tenter d'échapper aux bombes.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les bombardements ont tué lundi 12 civils, portant à 140 le nombre de morts, essentiellement des civils, depuis le début de l'offensive du régime pour reconquérir la totalité d'Alep.

D'après l'OSDH, le nombre de personnes tuées dans cette ville et la province éponyme depuis la reprise des bombardements il y a une semaine, quand une courte trêve d'initiative américano-russe a volé en éclats, se monte maintenant à 248.

- 'Immédiatement amputés' -

Totalement assiégés, les 250.000 habitants des quartiers rebelles d'Alep ne reçoivent plus d'aide de l'extérieur depuis pratiquement deux mois et sont privés depuis samedi d'eau à cause des bombardements selon l'Unicef.

Les hôpitaux encore en état de fonctionner "font face à une très forte pression en raison du nombre élevé de blessés et du manque de sang disponible lié en partie à l'absence de chirurgiens spécialisés dans les transfusions", a dit lundi une source médicale à l'AFP.

"De ce fait, les blessés les plus sérieux sont immédiatement amputés", explique-t-elle.

"Les patients sont allongés sur le sol (...) et les équipes médicales épuisées travaillent à la limite de la résistance humaine", a pour sa part relaté le docteur Abou Rajab, de l'ONG Save the Chidren. Selon lui, près de la moitié des patients dans les hôpitaux sont des enfants.

Dans la rue, le coût des produits grimpe de jour en jour. Le correspondant de l'AFP a ainsi constaté que le prix d'une ration de sept miches de pain avait augmenté de 70% par rapport à la semaine dernière. Certains produits de base, comme le sucre, ne sont plus disponibles.

"Nous prenons désormais un repas par jour. Mes enfants et moi n'avons pas mangé à satiété depuis deux semaines", raconte Hassan Yassine.

Les associations caritatives ont en outre arrêté depuis vendredi les distributions de repas de peur des bombardements. L'un d'eux a frappé une file d'habitants attendant d'être servis, selon le correspondant de l'AFP.

Devant le Conseil de sécurité de l'ONU, l'ambassadrice américaine Samantha Power a affirmé dimanche que "ce que la Russie soutient et fait (à Alep), ce n'est pas de la lutte antiterrorisme, c'est de la barbarie".

"Des crimes de guerre sont commis" à Alep, a affirmé l'ambassadeur français François Delattre, accusant Damas et Moscou, alors que l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft a évoqué une saisine de la Cour pénale internationale, compétente pour ces crimes.

- Situation 'extraordinairement compliquée' -

Ces accusations ont surgi en raison de l'utilisation présumée à Alep d'armes sophistiquées, normalement destinées à viser des cibles militaires, contre des zones densément peuplées, comme des bombes antibunker, incendiaires et à fragmentation.

La Russie a elle vivement dénoncé le "ton et la rhétorique inadmissibles" des Occidentaux.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a jugé la situation en Syrie "extraordinairement compliquée" et a regretté qu'il n'y ait "toujours pas eu de séparation entre la soi-disant opposition modérée et les terroristes" à Alep.

Ailleurs en Syrie, 131 rebelles et 119 membres de leurs familles ont été évacués lundi du dernier quartier rebelle de la ville de Homs (centre) et transférés vers une zone sous contrôle rebelle dans le nord de la province de Homs.

Il s'agit de la troisième évacuation du genre du quartier de Waer depuis la conclusion en décembre d'un accord prévoyant que ce secteur passe sous le contrôle de l'armée syrienne en échange de la levée d'un siège imposé depuis trois ans.

Quelque 600.000 personnes vivent assiégées à travers le pays, selon l'ONU.

Le conflit en Syrie a fait plus de 300.000 morts depuis 2011, selon l'OSDH, et engendré la pire crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le Conseil de sécurité doit tenir mardi après-midi une réunion consacrée aux hôpitaux dans les zones de guerre qui devrait se focaliser sur l'aggravation de la situation en Syrie.

Avec AFP

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Plus d'un million de décès liés au coronavirus dans le monde

Des travailleurs déplacent un cercueil vers un site d'inhumation des victimes du coronavirus au cimetière de Keputih à Surabaya, en Indonésie, le 15 juillet 2020. (Photo by Juni Kriswanto / AFP)

La maladie COVID-19 a tué plus d’un million de personnes à travers le monde, selon un décompte de Reuters actualisé mardi.

Le nombre de décès dus au nouveau coronavirus cette année est désormais deux fois plus élevé que le nombre de personnes qui meurent chaque année du paludisme.

Le taux de mortalité a augmenté ces dernières semaines en raison de la recrudescence des infections dans plusieurs pays.

"Notre monde a atteint une étape angoissante", a déclaré le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, dans un communiqué.

Coronavirus: plus d'un million de morts dans le monde
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Il n'a fallu que trois mois pour que le nombre de décès liés à la maladie COVID-19 double, passant d'un demi-million à un million, un taux de mortalité en accélération depuis que le premier décès a été enregistré en Chine début janvier.

Plus de 5 400 personnes meurent dans le monde toutes les 24 heures, selon les calculs de Reuters. Cela équivaut à environ 226 personnes par heure, soit une personne toutes les 16 secondes.

Les États-Unis restent le pays le plus touché, avec 7,1 millions d'infections et plus de 205 000 morts.

La semaine dernière, l’Organisation mondiale de la santé avait noté une diminution globale des infections en Afrique.

100 millions de doses de vaccins en plus pour les pays pauvres

Des chercheurs travaillent sur un vaccin contre le nouveau coronavirus COVID-19 au laboratoire de recherche de l'Université de Copenhague, au Danemark, le 23 mars 2020.

Cent millions de doses supplémentaires de futurs vaccins contre le Covid-19 ont été réservées pour les pays pauvres, a annoncé mardi l'Alliance pour les vaccins (Gavi) qui collabore avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Début août, Gavi et la Fondation Bill & Melinda Gate avait déjà annoncé une collaboration avec le Serum Institute of India (SII), le plus grand fabricant mondial de vaccins en volume, pour livrer 100 millions de doses.

Les vaccins seront vendus à un prix maximal de 3 dollars par dose, avec la possibilité d'en obtenir plus.

Mis au point par les laboratoires pharmaceutiques suédo-britannique AstraZeneca et américain Novavax, ils seront ensuite fabriqués par le SII qui les reversera à la coalition contre le coronavirus lancée par l'OMS et baptisée Covax (Covid-19 Vaccine Global Access; accès mondial au vaccin contre le Covid-19).

Cette collaboration va permettre à l'institut indien d'augmenter dès à présent sa capacité de production afin que, une fois qu'un ou plusieurs vaccins auront obtenu l'approbation réglementaire et le feu vert de l'OMS, les doses puissent être distribuées dans les pays à faibles et moyens revenus pas avant le premier semestre 2021.

Dans le cadre de cette collaboration, le potentiel vaccin d'AstraZeneca sera mis à la disposition de 61 pays, tandis que celui de Novavax sera disponible pour l'ensemble des 92 pays soutenus par le mécanisme Covax.

"Aucun pays, riche ou pauvre, ne doit être laissé en queue de peloton en ce qui concerne les vaccins contre le Covid-19", a affirmé dans un communiqué le Dr Seth Berkley, directeur général de Gavi.

"A ce stade, il est important que les gouvernements, les institutions sanitaires et financières mondiales des secteurs publics et privés s'unissent pour veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte", a renchéri le directeur général du SII, Adar Poonawalla.

Le mécanisme Covax fait partie du dispositif international créé par l'ONU pour accélérer l'accès équitable aux outils de lutte contre le Covid-19, l'Accélérateur ACT. L'ONU n'a toutefois reçu que 3 milliards de dollars sur les 38 milliards demandés.

En Californie, un gadget pour détecter le Covid-19 dans l’haleine
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Dans ce cadre, AstraZeneca s'est engagé en juin à distribuer 300 millions de doses à Gavi - en plus de l'accord conclu via l'institut indien.

L'OMS s'est fixé comme objectif de disposer de 2 milliards de doses de vaccins d'ici à la fin de 2021, alors que la pandémie du nouveau coronavirus a fait plus d'un millions de morts dans le monde depuis que les premiers cas sont apparus fin décembre en Chine.

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