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Les Nigérians peuvent à nouveau activer leurs cartes SIM

Un fournisseur de services MTN tente d'enregistrer la carte SIM d'un client à Lagos, le 27 octobre 2015.

La vente de cartes SIM pour téléphones mobiles reprendra lundi au Nigeria, quatre mois après sa suspension pour des raisons de sécurité, a annoncé le ministère nigérian des Communications.

Le pays le plus peuplé d'Afrique avait suspendu l'ouverture de nouvelles lignes mobiles dans l'attente de l'enregistrement de leurs titulaires, afin d'en contrôler l'usage dans un pays ravagé par l'insécurité entretenue par des jihadistes dans le nord-est, des bandes criminelles dans le nord-ouest et des séparatistes dans le sud-est.

Les opérateurs de téléphonie mobile avaient reçu pour instruction de lier toute carte SIM à un numéro national d'identité afin d'en contrôler les titulaires.

"La mise en oeuvre des nouvelles dispositions commencera lundi 19 avril 2021", a affirmé le ministère dans un communiqué publié jeudi soir.

"La délivrance de nouvelles cartes SIM et la reprise d'autres activités liées recommencera à cette date, avec toutes les mesures de contrôle prévues", affirme le communiqué du ministère.

Quelque 200 millions de lignes mobiles existent au Nigeria.

En 2015, le plus gros opérateur mobile en Afrique, le sud-africain MTN, avait été sanctionné d'une amende géante de 3,2 milliards d'euros pour n'avoir pas déconnecté quelque 5,1 millions de lignes à la demande du gouvernement, inquiet de l'utilisation des lignes par des groupes jihadistes. Le montant de l'amende avait par la suite été réduit à 1,2 milliard d'euros.

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Pour vacciner en masse, le Nigeria se tourne vers les églises et les mosquées

Des fidèles musulmans font la queue en attendant de recevoir une dose du vaccin Vaxzevria Covid-19 d'Astrazeneca à la mosquée centrale de la communauté du Secrétariat, Alausa, Ikeja à Lagos, le 26 novembre 2021.

Les prières et les chants s'envolent vers les cieux dans l'église Baptiste d'Ikoyi, laissant place au pasteur qui finit son prêche d'une façon un peu particulière ce dimanche de novembre: "Faites le bon choix, faites vous vacciner".

Sur le parking de l'église située dans un quartier riche de Lagos, la capitale économique du Nigeria, des fidèles en habit du dimanche forment une longue queue dans l'attente de recevoir leur première injection de vaccin contre le Covid-19.

Redoutant un pic de contaminations durant la période de Noël, où un grand nombre de Nigérians de la diaspora reviennent au pays et avec l'apparition de premiers cas du variant Omicron, le pays le plus peuplé d'Afrique se tourne vers les chefs religieux, les églises et les mosquées pour lancer une campagne de vaccination de masse.

Depuis le début de la pandémie il y a presque deux ans, le Nigeria a quasiment échappé au coronavirus qui a ravagé les systèmes de santé en Europe et ailleurs comptabilisant officiellement moins de 215.000 cas pour un pays de 210 millions d'habitants (avec toutefois un nombre de tests réalisés très insuffisants).

Le pays n'a jusqu'ici vacciné que 3,5 millions de personnes, soit moins de 2% de la population, bien loin de l'objectif du gouvernement de vacciner 112 millions de personnes d'ici fin 2022.

Au Nigeria où la religion occupe une place prépondérante, les églises et les mosquées servent désormais une double cause, la gloire de Dieu et la vaccination.

"Les mosquées et les églises accueillent de grandes foules. C'est à la fois un moyen de réduire les risques et d'accéder à plus de personnes", déclare à l'AFP la docteure Atinuke Onayiga, présente à l'église d'Ikoyi.

Car l'implication des chefs religieux dans des campagnes de vaccination de masse au Nigeria a déjà fait ses preuves dans le passé. C'est notamment grâce à ces relais que le gouvernement avait finalement réussi en 2020 à éradiquer la polio du pays.

La méfiance envers les autorités et les vaccins est forte au Nigeria, où la mort en 1996 de 11 enfants après des essais de traitement menés par le géant pharmaceutique Pfizer contre la méningite a laissé des traces.

Le point sur le nouveau variant Omicron
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"Peur de me faire vacciner"

De l'autre côté du lagon, sur la partie continentale de Lagos, la prière du vendredi à la mosquée d'Alausa est aussi devenue jour de vaccination.

Dans la cour, une équipe de médecins et d'infirmières attendent des fidèles, devant des dizaines de chaises en plastique blanc, à la sortie de la prière.

"J'avais peur de me faire vacciner, mais comme notre imam nous l'a conseillés, et que je vois de mes yeux les autres se faire piquer sans avoir de problèmes, j'ai changé d'avis", dit Muslimat Abdurasaq, une vendeuse âgée de 45 ans, qui vient de recevoir sa première dose d'AstraZeneca.

"Je ne veux pas non plus rater une éventuelle opportunité professionnelle parce que je ne serais pas vaccinée", ajoute la femme, dont un voile violet entoure le visage.

Afin d’accélérer les vaccinations, les employés du gouvernement fédéral doivent désormais présenter une preuve de vaccination ou un test Covid avant d'entrer dans les bâtiments administratifs.

Mercredi, à l'extérieur de certains bâtiments fédéraux d'Abuja, des dizaines de travailleurs ont été refoulés en raison de l'application des nouvelles règles. Certains ont été dirigés vers des centres de vaccination.

"Je ne suis pas malade. Je ne vais pas faire de test", souffle un fonctionnaire, Ifeanyi Nwazo. "Ils veulent nous forcer à prendre une injection. Pourquoi ?"

Scepticisme

"L'absence de vaccination constituera un terrain fertile pour le développement de mutations du virus, ce qui menacera à son tour les progrès déjà enregistrés", a déclaré le responsable national des incidents au Nigeria, Mukhtar Muhammed.

Le Nigeria a reçu environ 30 millions de doses, et 60 millions d'autres sont en route.

Selon le directeur national de l'Unicef, Peter Hawkins, 2,5 millions de doses d'AstraZeneca doivent être utilisées avant décembre tandis que d'autres vaccins ont une durée de conservation plus longue, ce qui complique la livraison sur le terrain.

A la mosquée d'Alausa, les dizaines de chaises devant les infirmières ont été prises d'assaut. Mais pour certains fidèles comme Mustapha Adetay, des inquiétudes demeurent.

"Je doute encore pour être sincère, certains disent qu'il a des effets négatifs sur la santé", a déclaré l'ingénieur, âgé de 53 ans, en sortant de la mosquée.

"Si j'étais convaincu, je demanderais à toute ma famille de le prendre. Mais je ne le suis pas vraiment. Je vais y réfléchir".

Trois cas du variant Omicron détectés au Nigeria

Une femme subit un test de dépistage du COVID-19 à Abuja, au Nigeria, le 29 novembre 2021.

Le Nigeria a confirmé mercredi ses premiers cas de la variante Omicron du COVID-19 chez des voyageurs, a-t-on appris de source officielle.

Selon le NCDC, le bureau de gestion des grandes endémies du Nigeria, le variant a été détecté chez "trois personnes ayant des antécédents de voyage en Afrique du Sud".

Une annonce qui intervient alors que le président sud-africain Cyril Ramaphosa est en tournée en Afrique de l'Ouest, où il devrait visiter quatre pays.

Restrictions

Plusieurs nations ont imposé des restrictions de voyage aux pays d'Afrique australe, tandis que Hong Kong et le Canada ont interdit aux voyageurs non résidents de se rendre au Nigeria. La Corée du Sud a déclaré avoir détecté la variante Omicron chez des voyageurs entièrement vaccinés arrivés la semaine dernière du Nigeria.

Des données provenant d'autres pays indiquent que la variante circulait avant d'être officiellement identifiée en Afrique australe et qu'elle a depuis été détectée dans plus d'une douzaine de pays. Les travaux visant à établir si elle est plus infectieuse, mortelle ou si elle échappe aux vaccins prendront des semaines.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa en tournée en Afrique de l'Ouest

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa avec son homologue ivoirien Alassane Ouattara (à dr.) à son arrivée à l'aéroport Felix Houphouet Boigny d'Abidjan, le 1er décembre 2021.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a entamé une tournée en Afrique de l'Ouest qui devrait le conduire dans quatre pays, selon une déclaration de la présidence sud-africaine.

Mercredi, M. Ramaphosa, au pouvoir depuis 2018, a été accueilli par le président ivoirien Alassane Ouattara. Cette "visite d’État de 72 heures" est la première d'un leader sud-africain depuis 1992 en Côte d'Ivoire, selon la présidence ivoirienne.

La veille, le président sud-africain était à Abuja, au Nigeria, où il a rencontré son homologue Muhammadu Buhari.

M. Ramaphosa, 69 ans, quittera Abidjan vendredi. Il devrait aussi se rendre au Ghana et au Sénégal.

"Des pirates" tuent trois agents d'une compagnie pétrolière au Nigeria

Une fille marche sur un gazoduc traversant la communauté d'Okrika, près de la ville de Port Harcourt, centre pétrolier du Nigeria, le 4 décembre 2012.

Deux employés d'une branche locale du groupe italien ENI et un agent de sécurité ont été tués dans une attaque dans le delta du Niger (sud-est), le coeur de l'exploitation pétrolière du Nigeria, ont annoncé lundi un responsable sécuritaire et ENI.

Selon Ogbere Solomon, porte-parole local du Corps nigérian de défense et de sécurité civile (NSCDC), des hommes armés ont tué dimanche deux employés de la Nigerian Agip Oil Company, la branche locale du groupe italien ENI, et un fonctionnaire du NSCDC.

"Nos officiers sont tombés dans une embuscade et ont été attaqués par des pirates alors qu'ils protégeaient des travailleurs pétroliers d'Agip à Okoroma", a-t-il déclaré.

Dans un communiqué, ENI a déclaré que ses contractants travaillaient sur un projet de restauration de la mangrove quand ils ont été attaqués par un groupe armé. Trois personnes ont été tuées et deux blessées, ajoute le groupe.

Le delta du Niger est depuis des années le théâtre de graves troubles, avec des groupes armés qui percent les oléoducs pour piller du brut, provoquant des désastres écologiques, et multiplient les enlèvements contre rançons.

Ces attaques avaient considérablement diminué après une amnistie en 2009, qui a permis de rétablir un semblant de calme, mais les tensions ont refait surface en 2016 avec de nouvelles attaques alors que les communautés locales intentaient des procès aux compagnies pétrolières étrangères pour être dédommagées.

Anthony Blinken au siège de la Cédéao à Abuja

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