Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Guinée

Les militaires dans les rues de la capitale guinéenne

Un officier lors d'une manifestation de masse à Conakry, le 23 octobre 2020. (archives)

Des tirs nourris d'armes automatiques retentissaient dimanche matin dans le centre de Conakry, capitale de la Guinée, et de nombreux soldats étaient visibles dans les rues, ont rapporté plusieurs témoins à l'AFP.

Aucune explication n'était disponible dans un premier temps sur les raisons de cet accès de tension sur la presqu'île de Kaloum, centre de Conakry, où siègent la présidence, les institutions et les bureaux d'affaires.

"Les tirs sont aussi entendus autour du camp Mokambo, quartier général de la garde présidentielle. Koulum est bouclé. Pour le moment, on ne connaît pas les causes ni les auteurs", a confirmé un correspondant de la VOA depuis Conakry.

Les autorités sont restées jusqu'alors silencieuses sur une situation très confuse.

Des habitants joints au téléphone à Kaloum ont fait état de tirs soutenus. S'exprimant sous le couvert de l'anonymat pour leur sécurité, ils ont dit avoit vu de nombreux soldats intimant aux résidents de rentrer chez eux et de ne pas en sortir.

L'accès à la presqu'île de Kaloum est restreint du fait de sa géographie. Les forces de sécurité peuvent aisément la bloquer.

Depuis des mois, ce pays d'Afrique de l'Ouest parmi les plus pauvres du monde malgré des ressources minières et hydrologiques considérables est en proie à de profondes crises politique et économique, aggravées par la pandémie de Covid-19.

La candidature du président Alpha Condé à un troisième mandat le 18 octobre 2020 a provoqué avant et après l'élection des mois de tensions qui ont causé des dizaines de morts dans un pays coutumier des confrontations politiques sanglantes. L'élection a été précédée et suivie par l'arrestation de dizaines d'opposants.

M. Condé, 83 ans aujourd'hui, a été définitivement proclamé président pour un troisième mandat le 7 novembre, malgré les recours de son principal challenger, Cellou Dalein Diallo, et de trois autres candidats qui dénonçaient des "bourrages d'urnes" et des irrégularités de toutes sortes.

Des défenseurs des droits humains fustigent une dérive autoritaire observée au cours des dernières années de la présidence Condé et remettant en cause les acquis du début.

M. Condé, ancien opposant historique, emprisonné et même condamné à mort, était devenu en 2010 le premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires.

Les militaires s'étaient emparés du pouvoir par la force en 2008 après la mort du président Lansana Conté.

M. Condé a rejoint aux yeux de ses adversaires et de maints défenseurs de la démocratie les rangs des dirigeants africains se maintenant au pouvoir au-delà du terme prévu, de plus en plus souvent en usant d'arguments légaux.

Il avait fait adopter en mars 2020, malgré une contestation déjà vive, une nouvelle Constitution pour, disait-il, "moderniser (les) institutions" et, par exemple, accorder une plus grande place aux femmes et aux jeunes.

L'opposition dénonçait un "coup d'Etat" constitutionnel. La contestation a été à plusieurs reprises durement réprimées.

M. Condé se targue d'avoir fait avancer les droits humains et d'avoir redressé un pays qu'il dit avoir trouvé en ruines.

Il se défendait en octobre 2020 sur Radio France Internationale et France 24 de vouloir instaurer une "présidence à vie". La nouvelle Constitution lui permet théoriquement de se représenter dans six ans, une éventualité sur laquelle il s'est gardé de se prononcer.

Toutes les actualités

La junte guinéenne écarte une quarantaine de généraux

La junte guinéenne écarte une quarantaine de généraux
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:04 0:00

La Cour de justice de la Cédéao suspend la Guinée et le Mali

Les chefs militaires maliens saluent l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan à son arrivée à l'aéroport de Bamako avant une rencontre entre les chefs militaires maliens et une délégation de la CEDEAO qu'il dirige le 22 août 2020.

La Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a suspendu toutes les procédures concernant le Mali et la Guinée, deux pays membres dirigés par des militaires.

Dans un document en date du 30 septembre consulté par l'AFP, le greffier de la Cour de justice de la Cédéao (16 pays), Tony Anene-Maidoh, explique cette décision par l'article 78 du règlement intérieur de la Cour qui dispose que "la procédure peut être suspendue dans tous les cas, par le président sauf pour les renvois préjudiciels".

"Aucun acte de procédure ne sera enregistré par le greffe dans toutes les affaires provenant de ces deux pays", précise le greffier en chef.

A la suite du putsch du 18 août 2020, la Cédéao avait pris des sanctions essentiellement économiques et suspendu le Mali de l'organisation. Ces sanctions avaient été levées à la suite de l'engagement des militaires dirigés par le colonel Assimi Goïta sur la voie d'une transition de 18 mois maximum.

Mais depuis, le colonel Goïta a mené en mai un nouveau coup de force en déposant le président de transition Bah Ndaw et son Premier ministre Moctar Ouane. La communauté internationale exprime des inquiétudes croissantes sur le respect des échéances.

Lors d'un sommet le 16 septembre à Accra, l'organisation régionale a exigé des militaires maliens le "respect strict du calendrier de la transition" vers le rétablissement d'un pouvoir civil.

Se disant "très préoccupée par la lenteur dans la préparation des élections" prévues fin février, elle a affirmé que leur tenue dans les délais était "non négociable".

En Guinée, la Cédéao se retrouve dans une situation comparable à celle qu'elle a connue au Mali. Comme au Mali, les militaires guinéens qui ont pris le pouvoir le 5 septembre ont dissous le gouvernement et les institutions et aboli la Constitution.

Lors de leur sommet de septembre, les dirigeants d'Afrique de l'Ouest ont annoncé des sanctions ciblées contre les auteurs du coup d'Etat en Guinée et appelé à des élections au plus tard dans six mois, réclamant une transition "très courte".

La Cédéao a également décidé de geler les avoirs financiers des nouveaux dirigeants du pays et des membres de leurs familles, et de leur imposer des interdictions de voyager.

Mohamed Béavogui, un Premier ministre pragmatique

Mohamed Béavogui, un Premier ministre pragmatique
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:01 0:00

Portrait de Mohamed Béavogui, nouveau Premier ministre guinéen

Portrait de Mohamed Béavogui, nouveau Premier ministre guinéen
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:07 0:00

Nommé Premier ministre, Béavogui promet tout son soutien au colonel Doumbouya

Le président de la transition, le Colonel Mamadi Doumbouya, a signé le décret de nomination de Mohamed Béavogui au poste de Premier Ministre de la Transition à Conakry, le 6 octobre 2021. (Twitter/Présidence Guinée)

Le nouveau Premier ministre guinéen de transition Mohamed Béavogui a indiqué jeudi que son futur gouvernement accomplirait les tâches assignées par la junte et son chef, le colonel Mamady Doumbouya.

Dans un entretien accordé à la radio Fim Fm au lendemain de sa désignation, Mohamed Béavogui a déclaré que les objectifs de son futur gouvernement seraient ceux de la "charte" de la transition, sorte d'acte fondamental rédigé par les militaires qui ont renversé le 5 septembre le chef de l'Etat Alpha Condé, et ceux énoncés par le colonel Doumbouya.

"Soyez certains que les grands axes qui ont été définis dans le discours programme du 2 octobre seront les 'délivrables' principaux du gouvernement", a affirmé M. Béavogui en faisant référence à un discours prononcé par le colonel Doumbouya au soir de son investiture comme président de transition le 1er octobre.

Lecture du décret de nomination de Mohamed Béavogui
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:36 0:00

"Je voudrais vraiment appeler notre gouvernement futur un gouvernement de 'délivrables', qui seront clairs, précis", a-t-il ajouté en employant le jargon d'entreprise pour parler des objectifs à atteindre.

La junte a assuré qu'elle rendrait le pouvoir aux civils après des élections à la fin d'une période de transition. Durant cette période transitoire d'une durée inconnue, elle a dit vouloir procéder à une "refondation de l'Etat", rédiger une nouvelle Constitution, lutter contre la corruption, réformer le système électoral, organiser des élections et réconcilier des Guinéens divisés.

Le colonel Doumbouya a désigné mercredi Mohamed Béavogui, un technocrate expert du développement avec des décennies d'expérience dans le secteur privé et international, comme Premier ministre d'un gouvernement dont la tâche sera d'exécuter "la politique de la Nation définie par le président de la transition" selon les termes de la "charte".

En Mohamed Béavogui, le colonel Doumbouya a choisi un homme relativement peu connu du grand public, éloigné d'une classe politique décriée pour son clientélisme et sa corruption.

"Nous avons une communauté de vues sur ce que doit être ce pays", a ajouté M. Béavogui en parlant du colonel Doumbouya, "je suis entièrement engagé, je suis prêt et je lui apporterai tout mon soutien".

Voir plus

XS
SM
MD
LG