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Hausse des mariages d'enfants au Canada


Une mariée attend le début d'une cérémonie de mariage de masse à Mumbai, en Inde, le 27 janvier 2016.

Des milliers de filles au Canada ont été mariées avant l'âge de 18 ans, ont déclaré lundi des chercheurs, avertissant qu'une augmentation des mariages précoces informels pourrait rendre cette pratique plus difficile à prévenir et remettre en question le leadership mondial du pays.

Plus de 3 600 certificats de mariage ont été délivrés à des jeunes filles de moins de 18 ans au Canada entre 2000 et 2018, selon une étude de l'université McGill, à Montréal.

Pourtant, ce chiffre n'est que la partie émergée de l'iceberg, car de plus en plus de mariages d'enfants ces dernières années ont été des unions libres, des arrangements informels qui accordent moins de droits, selon l'étude.

Au moins 2 300 unions de fait, définies légalement comme des relations dans lesquelles un couple vit ensemble depuis au moins un an, concernaient des enfants de moins de 18 ans en 2016, selon l'étude.

Les résultats contrastent avec le positionnement du Canada en tant que leader mondial dans la campagne soutenue par les Nations unies pour mettre fin au mariage des enfants dans le monde d'ici 2030, a déclaré Alissa Koski, co-auteur de l'étude.

"Nos résultats montrent que le Canada a son propre travail à faire pour atteindre son engagement envers les objectifs de développement durable des Nations unies (sur l'élimination du mariage des enfants)", a déclaré la professeure d'université.

"Tout en plaidant pour la fin du mariage des enfants ailleurs, la pratique reste légale et persiste à travers le Canada", a déclaré Alissa Koski.

Le bureau de la ministre canadienne de la femme et de l'égalité des sexes n'était pas immédiatement disponible pour commenter.

Le pays a engagé au moins 62,5 millions de dollars pour lutter contre le mariage des enfants dans le monde entier de 2011 à 2016 et a dirigé ou soutenu plusieurs résolutions des Nations unies sur la question ces dernières années, selon Girls Not Brides, un groupe qui combat les mariages précoces à l’échelle mondiale.

Les filles qui se marient jeunes sont souvent retirées de l'école et sont plus exposées au risque de viol conjugal, de violence domestique et de complications de grossesse, ont déclaré les militants. La loi canadienne autorise les enfants à se marier à partir de 16 ans avec le consentement des parents ou sur décision de la justice.

Selon l'étude, environ 95 % des mariages d'enfants au Canada étaient informels en 2016, contre moins de la moitié en 2006.

Ce changement pourrait être une réponse à la désapprobation croissante du public à l'égard des enfants qui se marient, selon les auteurs, qui ont déclaré que les unions informelles pourraient être plus néfastes que le mariage formel car elles offrent moins de protection sociale, juridique et économique.

Au Québec, les personnes vivant en union libre n'ont pas droit à une pension alimentaire ou à des biens si l'union prend fin, ont déclaré les auteurs.

"Cela soulève des questions sur la meilleure façon d'aborder la question", ont déclaré les auteurs dans un communiqué. "La prévention des unions libres entre enfants nécessitera des approches différentes et innovantes qui s'attaqueront aux motivations profondes de cette pratique".

Dans le monde, on estime à 12 millions le nombre de filles mariées chaque année avant l'âge de 18 ans, soit près d'une fille toutes les trois secondes.

Les experts des Nations unies ont prédit que la pandémie COVID-19 pourrait entraîner 13 millions de mariages d'enfants supplémentaires au cours de la prochaine décennie.

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