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La société civile gabonaise s'active pour préserver les marais


Des mangroves dans la zone du Cap Esterias au nord de Libreville, Gabon, le 20 novembre 2020.

Au Gabon, les ONG dénoncent un massacre écologique et environnemental dont les conséquences sont à craindre si rien n’est fait, notamment du fait que les sols de ces marais sont des puits de carbone très efficaces, selon les spécialistes.

"Notre pays adhère pourtant à l’urgence de préserver 30% des terres et 30% des océans à l’horizon 2030", s’indigne Paul Kopedina Itanguino, le président de l’ONG Action citoyenne pour le développement local, est à l’origine de la campagne de dénonciation du massacre des mangroves du Cap Esterias, au nord de Libreville.

"Il y a de cela 15 ans toute cette zone était couverte de mangroves. Aujourd’hui c’est le désert", soutient-il devant l’ampleur des dégâts.

Un véritable désastre "écologique" qui pèse sur toute une économie locale du fait de l’occupation anarchique des terres par les gros bonnets.

Barrière naturelle contre l’élévation du niveau de la mer, réservoir immense en matière de biodiversité, “supermarché” naturel pour certaines populations, la mangrove de Libreville est en danger. Aujourd’hui, de nombreuses associations mettent en œuvre des projets pour la protéger.

Paul Kopedina Itenguino, président de l’ONG ACDL Cap Estérias au nord de Libreville, Gabon, le 20 novembre 2020. (VOA/Ismaël Obiang Nze)
Paul Kopedina Itenguino, président de l’ONG ACDL Cap Estérias au nord de Libreville, Gabon, le 20 novembre 2020. (VOA/Ismaël Obiang Nze)

C’est le cas de l’ONG Pumerea dont les membres multiplient d’efforts afin de préserver ou replanter les forêts de mangrove, qui couvrent un peu plus de 2000 hectares de surface de terres gabonaises.

Cette zone dite Okala, toujours au nord de Libreville, est une expérience réussie pour Landry Lignabou et ses hommes.

Leur mobilisation pour la sauvegarde de cet écosystème n’a rien du hasard. Elle est la réponse à la disparition de forêts de palétuviers qui s’est accélérée à partir des années quatre-vingt pour des raisons essentiellement économiques.

"Nous mettons l’accent sur le reboisement. Mais le constat est que les mangroves sont polluées par les déchets plastiques et la mauvaise gestion des ordures ménagères", déclare Landry Lignabou, président de l’ONG Pumerea. "Nous ne voulons jeter la pierre sur personne. Ce que nous voulons, c’est une synergie d’action autour de ce projet qui est d’intérêt communautaire", ajoute-t-il.

Avec le développement de la ville, le littoral est devenu victime d’une urbanisation parfois massive, bien souvent au détriment de la mangrove. L’activité humaine empiète donc de plus en plus sur la mer pour la construction de villas.

Nicaise Rabenkogo étudie le phénomène depuis une vingtaine d’années. Le spécialiste sciences marines fait régulièrement la ronde des zones tampons pour une collecte de données devant servir aux analyses scientifiques. Ce qu’il voit ici l’inquiète car, dit il, la survie des espèces aquatiques est menacée par la pollution de l’eau.

"La ville doit mettre en place un système de ramassage de déchets plastiques et d’ordures ménagères de sorte que ces polluants-là ne dégradent pas le travail qui est déjà fait par l’agence des parcs nationaux", selon Nicaise Rabenkogo, chef de département des sciences marines à l’Institut des recherches en sciences humaines de l’Université Omar Bongo.

Le ministère gabonais des eaux et forêts a pris un arrêté en juillet dernier pour donner obligation aux porteurs de projets dans les zones de mangroves de réaliser une étude d’impact sur site.

La mangrove gabonaise disparait au profit de projets immobiliers
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