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Les indépendantistes jugés pour la sécession de Catalogne vont connaître leur sort

Un fourgon cellulaire de la Garde civile espagnole transportant des hommes politiques et activistes catalans, au départ de la prison de Brians II, à Barcelone, le 1er février 2019.

La sentence peut tomber dès lundi. La Cour suprême d'Espagne doit rendre sa décision dans le procès sans précédent de douze dirigeants indépendantistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017.

Avec les premières coupures de route par des militants dimanche, la tension a continué à monter dans la région où des renforts policiers ont été envoyés avant les manifestations convoquées par les indépendantistes de tous bords.

Les accusés, pour la plupart anciens membres du gouvernement régional de cette riche région autonome du nord-est de l'Espagne, ont été jugés de février à juin pour leur implication dans une des pires crises depuis la mort du dictateur Francisco Franco.

Tout indique que la cour retiendra contre eux le chef d'accusation de sédition, passible de peines moins graves que celui de rébellion, qui est un crime contre la constitution.

Mais devant les fuites qui se sont multipliées dans la presse sur la décision des juges, le président du tribunal Manuel Marchena a rappelé qu'aucune décision n'était finale avant d'être signée. La signature est attendue lundi ou au plus tard mardi.

L'ancien vice-président du gouvernement régional, Oriol Junqueras, en détention provisoire comme huit autres accusés, est la principale figure du procès en l'absence du président Carles Puigdemont, qui a fui en Belgique pour éviter les poursuites.

Il risque jusqu'à 25 ans de prison s'il est condamné pour rébellion comme l'a demandé le ministère public. Mais les avocats de l'Etat --qui agissent selon les instructions du gouvernement, à la différence du parquet qui est indépendant dans ses réquisitions-- ont réclamé contre lui 12 ans de prison pour sédition et détournement de fonds publics.

- Désobéissance civile -

Le gouvernement voudrait que l'arrêt de la Cour permette de tourner la page et de revenir à un dialogue politique pour apaiser cette région que le séparatisme maintient en ébullition depuis près de dix ans.

Mais les indépendantistes, toujours aux commandes, veulent au contraire mobiliser une nouvelle fois leurs partisans. Le président catalan Quim Torra lui-même a appelé à la "désobéissance civile".

Au soir de la décision, des manifestations se tiendront dans toute la Catalogne, ont annoncé l'Assemblée nationale catalane (ANC) et Omnium cultural, les deux associations qui ont organisé depuis des années des manifestations de masse pour l'indépendance.

Puis des cortèges partiront de cinq villes de la région pour converger à Barcelone vendredi prochain, jour de grève générale. Les Comités de défense de la République, qui se signalent par leur opérations musclées, ont déjà brièvement occupé dimanche la principale gare de Barcelone puis coupé le trafic sur une grande avenue de la ville.

Des renforts de policiers anti-émeutes ont été discrètement envoyés en Catalogne.

L'organisation patronale catalane a demandé que les réactions forcément "chargées d'émotion" à la sentence de la Cour "n'affectent pas l'activité économique et la cohésion sociale".

Tous ont encore en tête les journées enfiévrées qui ont précédé le référendum d'autodétermination du 1er octobre 2017, marqué par des violences des policiers chargés d'appliquer son interdiction par la justice, et l'éphémère déclaration d'indépendance du 27 octobre.

- En pleine campagne électorale -

L'arrêt de la Cour replacera une fois de plus la question catalane au centre du débat politique alors que la campagne pour les élections anticipées du 10 novembre bat son plein.

Arrivé au pouvoir en juin 2018 avec l'appui au parlement des indépendantistes catalans, le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez avait ébauché avec eux un dialogue qui s'était rompu en février, au début du procès.

Le gouvernement espère après la sentence "commencer à régler le conflit politiquement".

Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), le parti d'Oriol Junqueras, a fait savoir que pour dialoguer il faudrait d'abord adopter une loi d'amnistie.

Mais sous pression de la droite, qui l'accuse de manquer de fermeté face aux indépendantistes, M. Sanchez les a aussi avertis qu'il n'hésiterait pas à prendre des mesures extraordinaires pour faire respecter la loi en Catalogne.

Avec AFP

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Les serviettes hygiéniques bientôt gratuites en Ecosse, une première

La première ministre écossaise Nicola Sturgeon au Parlement à Édimbourg, le 17 septembre 2020 (Reuters)

Les députés écossais ont voté mardi en faveur d'un accès gratuit aux protections périodiques afin de lutter contre la précarité menstruelle, une première dans le monde.

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a fait part de sa "fierté d'avoir voté pour cette loi révolutionnaire, qui fait de l'Écosse le premier pays au monde à fournir des protections périodiques gratuites à toutes celles qui en ont besoin".

Les 121 membres du parlement local d'Holyrood ont tous approuvé ce texte qui vise à introduire dans la loi le droit d'accéder gratuitement à des serviettes hygiéniques.

Les écoles, lycées et universités devront mettre à disposition gratuitement une gamme de protections périodiques dans leurs toilettes. Le gouvernement écossais pourra aussi obliger des organismes publics à fournir gratuitement ces produits.

La députée travailliste Monica Lennon est à l'origine de la proposition de loi. Sa campagne avait été soutenue par une large coalition de syndicats, d'organisations féministes et d'associations caritatives.

"C'est un jour de fierté pour l'Ecosse et un signal au monde qu'il est possible de mettre en place un accès universel gratuit aux protections périodiques", a-t-elle souligné.

France: vives réactions après le démantèlement violent par la police d'un campement de migrants

Des gendarmes français évacuent les migrants de leur camp de fortune près de l'autoroute A1 à Saint-Denis près de Paris, France, le 17 novembre 2020.

Des responsables au sein de la gauche en France mais aussi de syndicats et d'associations d'aide aux migrants ont dénoncé vivement mardi le démantèlement violent par la police lundi soir à Paris d'un campement de migrants, en majorité afghans et en errance, fustigeant une "dérive liberticide".

Plusieurs centaines de migrants et leurs soutiens, qui avaient installé lundi soir des tentes, Place de la République à Paris, pour réclamer des places d'hébergement d'urgence, ont été dispersés lundi soir sans ménagement par les forces de l'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après avoir évacué ce campement informel en arrachant les tentes à des migrants qui se trouvaient parfois encore à l'intérieur, les forces de l'ordre ont ensuite usé de gaz lacrymogènes et de grenades de désencerclement dans les rues du centre de Paris pour disperser les groupes de migrants et de militants associatifs.

"On est là pour montrer qu'on n'a nulle part où aller. On ne veut pas vivre comme des animaux, on est juste venus demander l'asile", a notamment confié lundi soir à l'AFP Murtaza, un Afghan de 20 ans.

Des familles ouvrent leurs portes aux migrants isolés
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"C'est trop violent, on veut juste un toit", a ajouté Shahbuddin, Afghan de 34 ans, en sanglotant après avoir été sorti de sa tente.

La violence du démantèlement de ce campement, où figuraient essentiellement des hommes afghans qui réclamaient un hébergement d'urgence après un précédent démantèlement en banlieue parisienne la semaine dernière, a suscité une vague d'indignation dans le milieu associatif et politique en France, jusque dans les rangs de la majorité.

Dans la nuit, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a évoqué, sur Twitter, des images "choquantes" et demandé "un rapport circonstancié" au préfet de police de Paris, Didier Lallement.

En fin de matinée mardi, les ministres françaises de la Citoyenneté Marlène Schiappa et du Logement Emmanuelle Wargon ont demandé une prise en charge "sans délai" pour les centaines de migrants de nouveau dans l'errance après ce démantèlement.

"Les deux ministres mobilisent les administrations de l'Etat afin que des solutions de prise en charge soient trouvées sans délai pour les personnes en situation de détresse", ont-elles écrit, dans un communiqué commun.

Auparavant, gauche et écologistes ont dénoncé des "images insupportables" et une "dérive liberticide" après le démantèlement lundi soir du campement.

"Les images sont extrêmement choquantes, on a vu des violences vis-à-vis de réfugiés en situation extrêmement difficile", a critiqué l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot sur la radio Europe 1, y voyant l'illustration d'une "dérive liberticide qui est dangereuse".

"Scandaleux"

"J'ai trouvé cela scandaleux, hallucinant, les gens occupent pacifiquement une place avec des tentes, ils ne font de mal à personne, tout simplement parce qu'ils ont un problème de logement, il n'y a pas de solution de relogement et il y a une intervention qui est totalement disproportionnée", a déclaré sur la chaîne France 2, le leader du syndicat CFDT Laurent Berger.

Pour Philippe Martinez, chef du syndicat CGT, "c'est une façon de faire scandaleuse" qui "pose la question de l'accueil des migrants" qui "sont déplacés, chassés". "Quand on les traite comme ça, c'est digne d'un pays qui n'est pas la France", a estimé M. Martinez sur la radio RMC.

Après l'évacuation la semaine dernière d'un camp insalubre géant de migrants près de Paris, plus de 3.000 personnes avaient bénéficié d'une mise à l'abri. Mais selon les associations, entre 500 et un millier d'exilés ont été "laissées sur le carreau" après cette évacuation.

Dans plusieurs vidéos postées depuis lundi soir sur les réseaux sociaux par des militants associatifs et des journalistes, on voit les forces de l'ordre escorter des groupes de migrants jusqu'aux portes nord de Paris, où des distributions alimentaires ont été organisées en pleine nuit.

"Après la violente expulsion (...) les personnes exilées ont erré dans les rues, repoussées par la police jusqu'à Aubervilliers et Saint-Denis", a notamment écrit l'association Utopia56.

Sur la vidéo postée avec ce texte, on voit des grappes de jeunes hommes marcher dans la nuit en tirant un caddie à roulette, portant des affaires dans des baluchons ou des sacs à dos.

La police française démantèle un camp de migrants à Calais

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Fête clandestine en plein 13e arrondissement de Paris

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Coronavirus: "La fatigue pandémique" fait craindre les autorités sanitaires

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