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Les forces irakiennes se préparent à donner l'assaut à Fallouja

La scène de l'attentat, dans le sud de Badgad, en Irak, le 6 mars 2016. Des douzaines de personnes ont perdu la vie dans cette attaque revendiquée par le groupe EI.

Les forces d'élite irakiennes s'apprêtaient dimanche à entrer dans Fallouja pour en chasser le groupe jihadiste Etat islamique (EI), cible d'une autre offensive majeure en Syrie voisine, avec des craintes pour le sort de civils bloqués par les combats dans les deux pays.

L'État islamique faisait face à un assaut des forces kurdes irakiennes soutenues par l'aviation de la coalition internationale, qui lui ont repris des secteurs à l'est de la ville septentrionale de Mossoul, principal bastion jihadiste en Irak.

Plus au sud, dans la province occidentale d'Al-Anbar, les forces irakiennes resserraient l'étau autour de la cité de Fallouja située à 50 km à l'ouest de Bagdad et contrôlée par l'EI, au septième jour de leur offensive, selon des commandants.

Les forces d'élite du service de contre-terrorisme (CTS), la police d'Al-Anbar et les combattants de tribus locales sont déployés aux abords de la ville et "attendent l'heure H pour donner l'assaut", a indiqué un officier du commandement des opérations conjointes.

La veille, le commandant en chef de l'opération à Fallouja, Abdelwahab al-Saadi, a affirmé que ces forces allaient y entrer "dans les prochaines heures".

Appuyées elles aussi par le soutien aérien de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, les forces d'élite ont dirigé les assauts sur plusieurs villes d'Irak reprises aux jihadistes ces deux dernières années.

Leur implication marque une nouvelle phase dans l'offensive contre Fallouja, première ville à tomber aux mains de l'EI en janvier 2014 avant même l'offensive jihadiste fulgurante lancée cinq mois plus tard. Celle-ci avait permis au groupe extrémiste de s'emparer de vastes régions d'Irak, dont Mossoul, la deuxième ville du pays toujours sous son contrôle.

"Effrayés et affamés"

Une reprise de Fallouja représente, avec celle de Mossoul et de Raqa en Syrie, le grand objectif de la coalition internationale antijihadistes.

Avant un éventuel assaut sur la ville même de Mossoul, les forces kurdes irakiennes ont lancé dimanche avant l'aube une offensive à une trentaine de km à l'est de la ville, un assaut qui s'inscrit dans la série d'"opérations destinées à augmenter la pression sur l'EI", selon un communiqué militaire kurde.

Alors que l'ONU et les ONG s'inquiètent pour le sort des civils pris au piège de combats, quelque 50.000 habitants se trouvent coincés à Fallouja, manquant de nourriture, d'eau potable et de médicaments.

Des centaines de personnes ont pu sortir des banlieues de la ville "épuisés, effrayés et affamés", mais des milliers d'autres demeurent bloquées "coupées de toute aide et de toute protection", selon le Conseil norvégien pour les réfugiés.

Même en étant sur la défensive, les jihadistes ont réussi à lancer samedi un assaut pour prendre la ville de Hit, à 80 km plus au nord-ouest de Fallouja, selon des sources de sécurité, qui ont fait état de combats aux alentours de cette cité.

Ce même scénario s'est répété de l'autre côté de la frontière, en Syrie, où l'EI, cible d'une offensive majeure des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominée par les Kurdes, dans la province de Raqa (nord), a lancé un assaut contre les rebelles dans celle voisine d'Alep.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), plus de 6.000 Syriens dont des femmes et des enfants ont fui en 24 heures des villages tombés aux mains de l'EI et situés entre la ville de Marea, quasiment assiégée, et celle d'Azaz, à 20 km plus au nord, selon l'OSDH.

Hôpitaux évacués à Alep

Alors que l'EI progresse et cherche à prendre les localités de Marea et Azaz, le seul hôpital de Marea a été déserté par la majorité du personnel médical, alors que patients et médecins ont été évacués d'un hôpital d'Azaz proche des combats, selon des employés.

"Les nouveaux camps (pour les déplacés) sont surpeuplés et les conditions de vie y sont précaires", a dit Yehya, un responsable infirmier.

Autour de la région d'Azaz, frontalière de la Turquie, quelque 165.000 déplacés sont également menacés par l'offensive jihadiste qui a coûté la vie depuis vendredi à 29 civils, de même qu'à 47 jihadistes et 61 rebelles, a précisé l'OSDH.

Les civils sont également en danger plus à l'est, dans la province de Raqa, où l'EI est la cible d'une offensive des FDS appuyées par la coalition internationale.

Au sixième jour de l'offensive, les FDS ont pris quelques villages dans la province en majorité contrôlée par l'EI mais n'ont pas enregistré d'avancée majeure, selon l'OSDH.

Depuis 2011, le conflit en Syrie dans lequel sont impliqués de nombreux acteurs tant régionaux qu'internationaux, a fait plus de 280.000 morts et jeté sur les routes des millions de personnes.

Avec AFP

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Le cours du jus d'orange monte grâce au coronavirus

Dans un supermarché Nakumatt, à Nairobi, Kenya, le 18 juillet 2014. (Photo: REUTERS/Thomas Mukoya)

Le cours du jus d'orange connaît une forte hausse cette semaine, sous l'effet d'une demande importante des consommateurs espérant qu'un peu de vitamine C les aidera à combattre le nouveau coronavirus.

La livre de jus d'orange a gagné plus de 20% en cinq jours pour atteindre jeudi 122,55 cents sur le marché new-yorkais, un niveau qu'elle avait atteint l'an dernier à la même époque mais sous lequel elle évoluait depuis.

Le jus d'orange est bien "l'un des plus gros gagnants sur les marchés" en ce moment, assure à l'AFP Stephen Innes, de AxiCorp, en raison de ses "propriétés immuno-stimulantes" qui ont mis un coup d'accélérateur à la demande.

"Cette réaction (des cours) n'est pas rare lors des épidémies de grippe, les consommateurs étant en demande de boissons plus saines", abonde François Sonneville, analyste chez Rabobank interrogé par l'AFP.

"La question de savoir si le jus d'orange est sain fait l'objet de nombreux débats (...) en raison de sa teneur naturellement élevée en sucre, mais il a été démontré que la vitamine C renforce le système immunitaire", a-t-il ajouté.

Ce rebond des cours est accentué par les contraintes qui pèsent par ailleurs sur l'offre.

"Comme les avions sont pour la plupart cloués au sol, il devient difficile d'acheminer les oranges et la pulpe", complète M. Innes.

"De même, les consignes de distanciation sociale et les confinements compliquent la récolte" des fruits, a-t-il ajouté.

Avec les deux tiers de la production mondiale, selon des données compilées par Rabobank, le Brésil est de loin le premier producteur de jus d'orange sur la planète.

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Coronavirus : le pape préside en solitaire une prière planétaire

Le pape François peu avant son traditionnel discours "Urbi et Orbi", le 25 décembre 2019. (AFP PHOTO /VATICAN MEDIA)

C'est une première : seul sur le gigantesque parvis désert de la basilique Saint-Pierre, le pape François préside vendredi une prière mondiale contre la pandémie pour un public virtuel, conclue par une inhabituelle bénédiction "Urbi et orbi".

A 17h00 GMT, le chef du 1,3 milliard de catholiques de la planète leur a demandé de se joindre à lui durant une heure, via internet, la radio ou la télévision.

Même le réalisateur italien Paolo Sorrentino, auteur de deux séries très provocatrices campées au Vatican avec des hommes en blanc iconoclastes, n'avait pas imaginé une place Saint-Pierre totalement vide.

Vendredi, l'Argentin Jorge Bergoglio s'exprimera lors d'une "méditation", assis sur un fauteuil installé sur un parvis interdit d'accès par la police italienne.

Le portail internet du Saint-Siège ("Vatican News") a mis en place des retransmissions en direct en huit langues, dont le chinois ou l'arabe, y ajoutant un canal avec la langue des signes, une nouveauté.

"A la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse", avait expliqué dimanche dernier le pape François.

"Restons unis. Faisons sentir notre proximité avec les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité avec les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires", avait-il dit, en mentionnant aussi "les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles" et "les policiers, soldats, qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route".

Un "Urbi et Orbi" inédit

En temps normal, la bénédiction "Urbi et Orbi" (A Rome et au monde) se fait depuis la célèbre loggia du palais apostolique, uniquement à Noël et Pâques, les deux temps forts du calendrier chrétien, ou encore à l'occasion de l'élection d'un nouveau pape.

La bénédiction est normalement précédée d'un tour d'horizon des conflits armés de la planète. Mais vendredi, le pape se concentrera sur un adversaire, le nouveau coronavirus qui a infecté plus d'un demi-million de personnes dans le monde dont plus de 23.000 sont décédées.

Les croyants auront aussi la possibilité d'obtenir "l'indulgence plénière", ou pardon des péchés, qui peut être accordée de façon collective aux personnes menacées par les guerres ou les épidémies.

A la mi-mars, le pape s'était rendu en pèlerinage surprise dans deux églises de Rome, filmé à pied dans la principale artère d'une Rome aux allures de ville fantôme.

A l'une de ces églises, il a emprunté un "crucifix miraculeux" qui aurait sauvé la capitale italienne de la grande peste au XVIe siècle, exhibé lors de processions et qui a été placé vendredi devant la basilique Saint-Pierre.

"Au temps de la peste au Moyen-Age, l'Eglise était la seule présente sur la scène publique à travers les processions de prêtres qui devaient produire des miracles", rappelle le vaticaniste italien Marco Politi.

Or l'Eglise s'avère grandement éclipsée et marginalisée dans la communication de crise sanitaire de pays de plus en plus sécularisés, donnant la parole aux médecins et aux élus.

"Le pape a senti qu'il devait faire quelque chose", souligne Marco Politi. "Il est allé dans les rues de Rome, l'Eglise oeuvre en coulisses pour apporter notamment de la nourriture aux pauvres, mais le pape veut reprendre une part de la scène et de l'imaginaire collectif", analyse-t-il.

A l'heure d'un strict confinement en Italie, les services de l'Eglise catholique universelle sont au ralenti et la plupart des prélats dirigeant des dicastères (ministères) travaillent dans leurs appartements.

Sur la santé du pape, qui a souffert d'un rhume avec toux en mars et serait entouré d'un strict cordon sanitaire, le Saint-Siège reste des plus discrets. Même si un prélat italien travaillant à la Secrétairerie d'Etat (gouvernement) et vivant dans sa résidence a été testé positif mercredi au coronavirus, selon des médias italiens.

Un religieux travaillant également à la Secrétairerie d'Etat vient aussi d'être contaminé, rapporte vendredi le quotidien Il Messagero, selon qui les tests faits à date sur le pape ont tous été négatifs.

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