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Les forces antidjihadistes avancent en Syrie et en Irak

Des civils syriens ayant quitté Homs après une trêve locale arrivent à Idlib, le 10 décembre 2015. (REUTERS/Ammar Abdullah)

Les forces soutenues par les Etats-Unis en Irak et en Syrie ont avancé jeudi dans leurs offensives contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI), les analystes prévenant toutefois que la bataille pourrait être longue.

Dans la Syrie ravagée par une guerre aux fronts multiples qui a fait plus de 280.000 morts en cinq ans selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'envoyé spécial de l'ONU Staffan de Mistura a averti que de nombreux civils pris au piège des combats "risquaient de mourir de faim" si de l'aide humanitaire ne leur parvenait pas rapidement.

Dans ce pays, les combats semblent se concentrer contre l'EI dans la province de Raqa (nord-est), dont le chef-lieu éponyme est considéré comme la capitale de facto du "califat" auto-proclamé de l'EI.

Appuyés par les frappes de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, les combattants arabes et kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS) mènent depuis mardi une offensive, la plus importante jamais lancée contre l'EI en Syrie, pour chasser les djihadistes du nord de cette province qu'ils contrôlent en majeure partie.

Les FDS avancent lentement dans les champs agricoles et les villages au sud de la ville d'Aïn Issa, située à 60 km au nord de la ville de Raqa et contrôlée par les Kurdes. Elles ont affirmé dans un communiqué avoir notamment "libéré cinq villages dont ceux de Fatsa, Namroudiya et Wasta".

Selon l'OSDH, les FDS bombardent les positions de l'EI près d'Aïn Issa tandis que la coalition mène des frappes.

Au sol, des forces spéciales américaines sont présentes au côté des FDS, selon des commandants kurdes.

Un photographe de l'AFP a vu une vingtaine de soldats américains à Fatsa.

Au Pentagone, le porte-parole Peter Cook a affirmé que les militaires américains en Syrie avaient une mission de "conseil et d'assistance" auprès des FDS et pas une mission de combat.

"Ils ne mènent" pas ce combat contre le groupe Etat islamique, mais "ils soutiennent ceux qui (le) mènent", a-t-il dit. Ils "ne sont pas sur la ligne de front", a-t-il également affirmé.

- '2.000 combattants' -

Le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a souligné que les Forces démocratiques syriennes ne s'étaient pas encore emparées de positions importantes.

Selon lui, l'EI "concentre 2.000 combattants sur les lignes de front au nord de la ville de Raqa. Le groupe a préparé cette bataille depuis des mois en creusant des tunnels qu'il a bourrés d'explosifs. Il a aussi préparé des voitures piégées et ses combattants se cachent parmi les civils".

Les FDS ont souligné dès le départ que la bataille en cours serait concentrée uniquement dans le nord de la province de Raqa.

"L'objectif final est la ville de Raqa", affirme toutefois à l'AFP Mutlu Civiroglu, un analyste basé à Washington. "Il est important (pour les forces anti-EI) d'assiéger la ville et de bloquer les mouvements de l'EI".

Cet assaut avait été annoncé au lendemain du début d'une offensive d'envergure de l'autre côté de la frontière, en Irak, pour reprendre Fallouja à l'EI.

Les troupes irakiennes soutenues par des milices progouvernementales ont avancé en direction de cette ville, où les conditions de vie des 50.000 civils présents sont dramatiques selon l'ONU. Seules 800 personnes ont réussi à fuir la cité, située à 50 km à l'ouest de Bagdad.

"La nourriture est rare et les distributions très contrôlées. Les médicaments sont épuisés et de nombreuses familles sont contraintes de s'approvisionner en eau non potable", a affirmé la coordinatrice de l'ONU Lisa Grande.

- Considérations ethniques -

Des analystes mettent en garde contre des combats qui pourraient s'éterniser.

"Les défis en jeu pour affaiblir et chasser l'EI de positions fortifiées pendant longtemps sont énormes", écrit le groupe d'analyse Soufan basé à New York. La reprise de Fallouja "pose le plus grand défi militaire pour les forces irakiennes depuis deux ans".

En Syrie, la "détermination de l'EI à défendre Raqa signifie que la bataille sera une des plus féroces", ajoute le groupe. Les considérations ethniques sont également à prendre en compte, Raqa étant une ville à population arabe, tandis que les FDS sont dominées par les Kurdes qui "ne sont pas vus comme des libérateurs".

Au plan diplomatique, l'émissaire de l'ONU en Syrie a indiqué jeudi au Conseil de sécurité qu'il n'envisageait pas de nouveaux pourparlers de paix entre le gouvernement syrien et l'opposition armée "avant deux ou trois semaines".

Selon des diplomates, M. De Mistura a expliqué que le niveau général des violences avait baissé mais que, dans de nombreux endroits, la trêve instaurée fin février entre groupes rebelles non djihadistes et le régime n'existait que sur le papier.

Avec AFP

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Le nouveau coronavirus a tué plus de 25.000 personnes en Europe

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Coronavirus en Inde: l'exode des travailleurs migrants suscite des inquiétudes

Les médecins et les agents de santé identifient sur une carte aérienne la zone à surveiller pour tenter de contrer la propagation du COVID-19 à Srinagar, au Cachemire sous contrôle indien, le19 mars 2020. ( Photo AP / Dar Yasin)

Les autorités indiennes tentaient lundi de juguler l'exode de centaines de milliers de travailleurs migrants, privés de travail en raison du confinement décidé pour lutter contre le coronavirus, qui risque de contrecarrer la lutte contre la maladie dans le deuxième pays le plus peuplé du monde.

Après le début du confinement mercredi, ces travailleurs privés d'emploi ont quitté massivement les grandes villes, en particulier Delhi, pour regagner leurs villages, marchant parfois sur de très longues distances avec très peu d'argent et de nourriture.

Cet exode a soulevé des craintes quant à la propagation du virus. Beaucoup se sont retrouvés entassés par les autorités dans des autocars ou des camps de secours.

Les autorités de la capitale indienne ont fermé dimanche soir les frontières de la région pour tenter de stopper les départs et ordonné l'installation d'abris. Lundi, les foules avaient disparu en banlieue de Delhi et les autorités ont indiqué nourrir 400.000 personnes, avec plus de 550 écoles transformées en abris. Selon le quotidien Times of India, quelque 5.000 personnes ont été installées sur un circuit automobile près de Delhi.

L'Etat de Maharashtra (centre), dont la capitale est Bombay, a mis en place 262 camps d'urgence abritant 70.399 personnes, selon les autorités locales.

L'Uttar Pradesh (Nord) a annoncé l'ouverture de 600 abris qui serviront de zone de quarantaine, a déclaré à l'AFP un responsable local, Alok Kumar.

Une vidéo, postée sur Twitter par un journaliste du Times of India et par le quotidien The Hindu, a montré des migrants revenant en autocar dans cet Etat apparemment arrosés de désinfectant par des hommes vêtus de combinaisons de protection.

Dans le Gujarat (Ouest), des heurts ont opposé dimanche soir à Surate plusieurs centaines de travailleurs migrants à la police qui les empêchaient de passer, selon des sources policières. Plus de 90 travailleurs migrants ont été arrêtés.

"Cette migration a apporté (le virus) dans de petites villes et des villages", a déclaré à l'AFP le virologiste Shahid Jameel du programme de soutien à la recherche Wellcome Trust DBT India Alliance.

Selon un dernier décompte officiel dimanche, l'Inde, pays de 1,3 milliard d'habitants, enregistre plus d'un millier de cas d'infections avec 29 décès. De nombreux experts s'interrogent sur ces chiffres, pointant le faible nombre de personnes testées.

Le confinement complique le quotidien des femmes battues

Rassemblement pour dénoncer les fémicides et la violence domestique au Havre, France, 18 septembre 2019. (Lou Benoist/AFP)

Les craintes d'une recrudescence des violences domestiques montent dans divers pays face au confinement imposé pour endiguer la propagation du coronavirus.

De Paris à Berlin, en passant par Madrid, Rome ou Bratislava, les associations tirent la sonnette d'alarme, alors que l'Europe est devenue, après la Chine, l'épicentre de la pandémie.

"Pour beaucoup, la maison n'est déjà pas un lieu sûr", indique la fédération allemande des centres de conseils et d'appels d'urgence pour les femmes. Mais le stress lié à l'isolement social actuel exacerbe les tensions et augmente "la menace de violences domestiques et sexuelles pour les femmes et enfants", prévient-elle.

Les risques ne se limitent pas aux foyers en difficulté. Au delà du huis clos familial forcé, les inquiétudes liées aux pertes d'emplois ou difficultés financières provoquées par la crise sont propices à l'éclatement des conflits.

"Cela monte en pression dans les foyers", déclare ainsi Florence Claudepierre, responsable de la fédération de parents d'élèves FCPE dans le Haut Rhin, région frappée de plein fouet par l'épidémie en France. Elle évoque des témoignages de "parents qui craquent, qui n'en peuvent plus" dans des familles normalement sans problème.

En Chine, berceau de l'épidémie qui sort doucement d'une stricte quarantaine de plusieurs semaines, l'association des Droits de la femme Weiping a fait état d'un triplement des violences rapportées par des femmes.

En Espagne, pays du Vieux continent le plus touché par le virus après l'Italie, une mère de deux enfants de 35 ans a été tuée par son partenaire il y a une semaine. Ailleurs, de nombreux centres d'urgence ont fait état d'une baisse des appels à l'aide, ce qui n'est pas jugé comme un bon signe.

Pour les enfants, adolescents, ou femmes victimes de violences, psychologique ou physiques, à la maison, la situation actuelle signifie "être constamment livrés" au responsable de ces actes, souligne la fédération allemande.

Ecoles, clubs sportifs, centres de jeunesse ont tous portes closes, autant de "mesures importantes" pour freiner la rapide propagation du virus et éviter des hôpitaux débordés, admet Rainer Rettinger, qui dirige une association allemande de protection de l'enfance. Mais "qui voit et entend aujourd'hui les enfants maltraités?", s'inquiète-t-il.

"Désormais, la violence, elle aussi, est confinée. C'est ce qui nous fait peur", abonde à Paris la présidente de la Voix de l'Enfant Martine Brousse.

Alors que les gouvernements dépensent des centaines de milliards d'euros pour l'économie et la santé, ils "ne devraient jamais perdre de vue la nécessité de garantir l'égalité et les droits humains fondamentaux", a récemment pointé Béatrice Fresko-Rolfo, rapporteure générale sur la violence à l’égard des femmes de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

"Actuellement, les associations font face à une double difficulté: apporter à distance l'aide adéquate aux victimes, alors que les travailleurs sociaux sont eux aussi contraints au télétravail, et les mettre en sécurité si besoin alors que les places sont rares dans les refuges.

"Des femmes ont appelé, et dit qu'il y avait des violences à la maison. Elles demandent: où est-ce que je peux aller?" rapporte Canan Gullu, de la fédération des associations de femmes en Turquie.

Si en Allemagne, la ministre de la Famille, Franziska Giffey, a appelé les communes à organiser si besoin des accueils alternatifs, l'Autriche voisine prévoit une garantie de place dans les maisons de femmes ou l'exclusion du membre violent des familles en quarantaine.

Dans des pays où le confinement est très strict, comme l'Italie, les victimes sont exemptées des formalités en vigueur, comme les déclarations d'honneur à remplir, si elles veulent se rendre dans des centres anti-violence.

"La situation actuelle est sans précédent", résume Adriana Havasova, psychologue à Bratislava, espérant que le confinement se limite à deux ou trois semaines. S'il venait à durer deux ou trois mois, "je ne peux pas imaginer à quel point les violences domestiques pourraient augmenter", prévient-elle.

Le Venezuela reçoit le soutien de la Chine pour lutter contre le coronavirus

Des travailleurs en combinaisons de protection désinfectent les rues pendant la quarantaine nationale en réponse à la propagation de la maladie à coronavirus, Caracas, Venezuela, 22 mars 2020. (Reuters/Manaure Quintero)

Cinquante-cinq tonnes d'aide, dont des respirateurs et 5 millions de masques, sont arrivées samedi à Caracas par avion depuis la Chine.

Parmi les 55 tonnes de matériel et de médicaments arrivés à l'aéroport de Maiquetia se trouvent notamment 500.000 "tests de diagnostic rapide", indique la vice-présidente Delcy Rodriguez, qui s'est rendue à l'aéroport avec l'ambassadeur de Chine, Li Baorong.

Le chargement comprend également des respirateurs artificiels, cinq millions de masques, 70.000 thermomètres à infrarouge et de la chloroquine.

L'ambassadeur Li Baorong a affirmé que la Chine était "prête" à envoyer des spécialistes au Venezuela. Le président Nicolas Maduro a dit à maintes reprises s'inspirer de la République populaire pour lutter contre la maladie.

M. Maduro a ordonné la suspension de tous les vols internationnaux il y a deux semaines et le pays est en confinement depuis le 17 mars. Seules les sorties pour aller acheter à manger et chez le médecin sont autorisées.

Deux morts et 113 cas de coronavirus ont été confirmés, mais le chef de file de l'opposition Juan Guaido accuse le gouvernement d'avancer un chiffre en deçà de la réalité.

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