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Les femmes arbitres de la FIFA confrontées au sexisme

"Retourne dans ta cuisine", lâche le joueur sanctionné à Melany Bermejo, arbitre péruvienne confrontée au sexisme, comme ses collègues latino-américaines.

Elles ne sont qu'une poignée dans le monde... Sur les 720 femmes arbitres recensées par la Fifa, peu franchissent la frontière du foot masculin. Un monde machiste, une réalité encore plus prégnante en Amérique latine.

Si les femmes sont habituées à diriger des grands matches dans les compétitions féminines, elles sont en revanche le plus souvent cantonnées aux catégories inférieures chez les hommes. Aucune femme n'a d'ailleurs franchi les portes d'une Coupe du monde. Et quand elles parviennent en première division, elles se retrouvent généralement juges de ligne ou "quatrième arbitre". L'Amérique latine n'échappe pas à la règle.

Il y a toutefois quelques exceptions dans ce continent du football-roi, comme les Vénézuéliennes Emikar Caldera et Yersinia Correa, ou encore l'Uruguayenne Claudia Umpierrez, qui a débuté en février comme arbitre de première division masculine.

Parvenir au Top niveau n’est que l'étape ultime d'une longue course d'obstacles que doivent franchir les femmes arbitres, la première étant de passer les mêmes tests d'aptitude physique que leurs collègues masculins.

- 'Va faire la vaisselle ' -

"Le test international (conçu) pour les hommes est très exigeant et je le dis car je l'ai vécu directement", raconte à l'AFP Melany Bermejo, 37 ans, arbitre depuis dix ans et professeur d'éducation physique dans une école de Lima.

Loreto Toloza, arbitre assistante de 32 ans qui exerce au Chili, est du même avis: "Le football masculin est plus rapide" que le féminin, donc pour y arbitrer, la barre à franchir est plus haute.

Au Mexique, la première à arbitrer un match de première division a été Virginia Tovar, en 2004. "Va faire la vaisselle", lui avait alors lancé la star locale du ballon rond Cuauhtémoc Blanco.

Depuis les tribunes aussi, les attaques fusent. Ironiquement, ce sont les femmes du public qui se montrent les plus agressives, raconte Lixy Enriquez, arbitre assistante mexicaine de 42 ans.

Enfant, l'Argentine Salome Di Iorio, déjà mordue de ballon rond, s'entendait souvent dire: "Qu'est-ce que tu peux savoir du football si tu es une fille?". Lassée, elle a décidé de suivre une formation d'arbitre.

Depuis qu'elle exerce, elle a connu les crachats ou les joueurs qui demandent, quand elle note les changements, de marquer aussi son numéro de téléphone.

Il y a également la crainte des agressions. "Un joueur m'a sauté dessus pour une décision qui ne lui plaisait pas", confie la Nicaraguayenne Tatiana Guzman, 28 ans. "Il faut être prête à courir!", lâche-t-elle ironiquement.

- Mentalités à changer -

En Argentine, un cas célèbre est celui de Florencia Romano, dont la mère voulait qu'elle devienne mannequin et qui a préféré être arbitre. En 1996 elle s'était mise en grève de la faim pour exiger d'être considérée comme arbitre professionnelle.

A l'époque, le président du football argentin, Julio Grondona, avait affirmé qu'il était absurde qu'une femme soit arbitre.

Encore aujourd'hui, les mentalités peinent à changer sur la pelouse. "Certains joueurs ne veulent pas et ne s'adaptent pas" à l'idée qu'une femme les arbitre, proférant insultes et remarques machistes, note Johanna Vega, arbitre péruvienne.

"Moi j'entre sur le terrain de façon très sérieuse, il faut presque être psychologue pendant le match" face à un environnement parfois hostile.

Il faudra aussi gagner une autre bataille, face à certains médias. En mars, un commentateur sportif avait estimé que l'arbitre péruvienne Yelier Flores ferait mieux de "vendre des courges". Il a été renvoyé.

Avec AFP

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Le cours du jus d'orange monte grâce au coronavirus

Dans un supermarché Nakumatt, à Nairobi, Kenya, le 18 juillet 2014. (Photo: REUTERS/Thomas Mukoya)

Le cours du jus d'orange connaît une forte hausse cette semaine, sous l'effet d'une demande importante des consommateurs espérant qu'un peu de vitamine C les aidera à combattre le nouveau coronavirus.

La livre de jus d'orange a gagné plus de 20% en cinq jours pour atteindre jeudi 122,55 cents sur le marché new-yorkais, un niveau qu'elle avait atteint l'an dernier à la même époque mais sous lequel elle évoluait depuis.

Le jus d'orange est bien "l'un des plus gros gagnants sur les marchés" en ce moment, assure à l'AFP Stephen Innes, de AxiCorp, en raison de ses "propriétés immuno-stimulantes" qui ont mis un coup d'accélérateur à la demande.

"Cette réaction (des cours) n'est pas rare lors des épidémies de grippe, les consommateurs étant en demande de boissons plus saines", abonde François Sonneville, analyste chez Rabobank interrogé par l'AFP.

"La question de savoir si le jus d'orange est sain fait l'objet de nombreux débats (...) en raison de sa teneur naturellement élevée en sucre, mais il a été démontré que la vitamine C renforce le système immunitaire", a-t-il ajouté.

Ce rebond des cours est accentué par les contraintes qui pèsent par ailleurs sur l'offre.

"Comme les avions sont pour la plupart cloués au sol, il devient difficile d'acheminer les oranges et la pulpe", complète M. Innes.

"De même, les consignes de distanciation sociale et les confinements compliquent la récolte" des fruits, a-t-il ajouté.

Avec les deux tiers de la production mondiale, selon des données compilées par Rabobank, le Brésil est de loin le premier producteur de jus d'orange sur la planète.

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Coronavirus : le pape préside en solitaire une prière planétaire

Le pape François peu avant son traditionnel discours "Urbi et Orbi", le 25 décembre 2019. (AFP PHOTO /VATICAN MEDIA)

C'est une première : seul sur le gigantesque parvis désert de la basilique Saint-Pierre, le pape François préside vendredi une prière mondiale contre la pandémie pour un public virtuel, conclue par une inhabituelle bénédiction "Urbi et orbi".

A 17h00 GMT, le chef du 1,3 milliard de catholiques de la planète leur a demandé de se joindre à lui durant une heure, via internet, la radio ou la télévision.

Même le réalisateur italien Paolo Sorrentino, auteur de deux séries très provocatrices campées au Vatican avec des hommes en blanc iconoclastes, n'avait pas imaginé une place Saint-Pierre totalement vide.

Vendredi, l'Argentin Jorge Bergoglio s'exprimera lors d'une "méditation", assis sur un fauteuil installé sur un parvis interdit d'accès par la police italienne.

Le portail internet du Saint-Siège ("Vatican News") a mis en place des retransmissions en direct en huit langues, dont le chinois ou l'arabe, y ajoutant un canal avec la langue des signes, une nouveauté.

"A la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse", avait expliqué dimanche dernier le pape François.

"Restons unis. Faisons sentir notre proximité avec les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité avec les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires", avait-il dit, en mentionnant aussi "les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles" et "les policiers, soldats, qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route".

Un "Urbi et Orbi" inédit

En temps normal, la bénédiction "Urbi et Orbi" (A Rome et au monde) se fait depuis la célèbre loggia du palais apostolique, uniquement à Noël et Pâques, les deux temps forts du calendrier chrétien, ou encore à l'occasion de l'élection d'un nouveau pape.

La bénédiction est normalement précédée d'un tour d'horizon des conflits armés de la planète. Mais vendredi, le pape se concentrera sur un adversaire, le nouveau coronavirus qui a infecté plus d'un demi-million de personnes dans le monde dont plus de 23.000 sont décédées.

Les croyants auront aussi la possibilité d'obtenir "l'indulgence plénière", ou pardon des péchés, qui peut être accordée de façon collective aux personnes menacées par les guerres ou les épidémies.

A la mi-mars, le pape s'était rendu en pèlerinage surprise dans deux églises de Rome, filmé à pied dans la principale artère d'une Rome aux allures de ville fantôme.

A l'une de ces églises, il a emprunté un "crucifix miraculeux" qui aurait sauvé la capitale italienne de la grande peste au XVIe siècle, exhibé lors de processions et qui a été placé vendredi devant la basilique Saint-Pierre.

"Au temps de la peste au Moyen-Age, l'Eglise était la seule présente sur la scène publique à travers les processions de prêtres qui devaient produire des miracles", rappelle le vaticaniste italien Marco Politi.

Or l'Eglise s'avère grandement éclipsée et marginalisée dans la communication de crise sanitaire de pays de plus en plus sécularisés, donnant la parole aux médecins et aux élus.

"Le pape a senti qu'il devait faire quelque chose", souligne Marco Politi. "Il est allé dans les rues de Rome, l'Eglise oeuvre en coulisses pour apporter notamment de la nourriture aux pauvres, mais le pape veut reprendre une part de la scène et de l'imaginaire collectif", analyse-t-il.

A l'heure d'un strict confinement en Italie, les services de l'Eglise catholique universelle sont au ralenti et la plupart des prélats dirigeant des dicastères (ministères) travaillent dans leurs appartements.

Sur la santé du pape, qui a souffert d'un rhume avec toux en mars et serait entouré d'un strict cordon sanitaire, le Saint-Siège reste des plus discrets. Même si un prélat italien travaillant à la Secrétairerie d'Etat (gouvernement) et vivant dans sa résidence a été testé positif mercredi au coronavirus, selon des médias italiens.

Un religieux travaillant également à la Secrétairerie d'Etat vient aussi d'être contaminé, rapporte vendredi le quotidien Il Messagero, selon qui les tests faits à date sur le pape ont tous été négatifs.

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