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Les féministes camerounaises dénoncent les violences sexuelles

Des responsables d’associations lors d’un atelier sur les violences sexuelles contre les enfants dans le 2ème arrondissement à Yaoundé, le 1er mars 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Au Cameroun, les associations féministes se mobilisent pour dénoncer les viols et abus sexuels sur les filles et femmes. A l’occasion, des témoignages sont enregistrés  sur les cas recensés au quotidien dans les familles, les quartiers, établissements scolaires et milieux professionnels.

Selon les statistiques du gouvernement camerounais, un demi million de camerounaises sont concernées par les viols et abus sexuels.

"Le bourreau peut être le frère ainé, ça peut être un oncle", c’est ainsi que Victorine Sehi Geguidé, présente l’une des faces cachées des viols et abus sexuels sur les filles et femmes au Cameroun.

Ce jour, Victorine dirige un atelier d’échanges sur les victimes des violences sexuelles dans le 2e arrondissement de Yaoundé.

A l’occasion, la parole se libère. Et les femmes responsables d’associations témoignent sur l’ampleur du phénomène.

"Nous avons eu une jeune fille qui a été violée par son oncle paternel. Elle a eu un bébé de lui, mais nous avons eu vent de ce cas, nous l’avons suivi. Nous avons eu un grand frein au niveau de la famille, qui a estimé que le linge sale devait se laver au sein de la famille. Avec la peur, la honte du qu’en dira-t-on, ils ont déplacé la fille pour qu’on n'ait plus de ses traces", a confié à VOA Afrique, Jeanne Ntolo, de "l’association femmes autonomes de la briqueterie", un quartier populaire de la capitale.

A Douala, échanges entre la presse et l’equipe de production du documentaire sur les viols et abus sexuels des filles et femmes au Cameroun, le 1er mars 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
A Douala, échanges entre la presse et l’equipe de production du documentaire sur les viols et abus sexuels des filles et femmes au Cameroun, le 1er mars 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

​Les jeunes filles scolarisées font aussi partie des victimes de viols et d'abus sexuels, mais optent très souvent pour le silence.

"Nous avons un stagiaire qui a repéré un cas d’une élève fille, qui est victime d'abus sexuel, de harcèlement...elle vit avec sa mère qui est mariée à un autre homme, et cet homme la harcèle sexuellement. Nous avons ce cas actuellement, nous sommes encore sur le dossier", a expliqué à l’assistance Fadimatou Nana, conseillère d’orientation principale au lycée technique de Yaoundé.

Il ressort d’une récente étude de santé publique que sur une population de 37.719 filles et femmes camerounaises, 5,2% ont été victimes de viols, et près d'un quart d'entres elles avaient moins de 10 ans au moment du viol.

"C’est le voisin qui abuse, c’est le père qui abuse, c’est le camarade de classe qui abuse, c’est l’inconnu aussi qui abuse des petites filles. On recense tous ces cas chaque année et beaucoup plus dans le cadre du projet en cours en partenariat avec l’UNICEF sur les violences faites aux mineurs", souligne Clarisse Otele, une assistante sociale qui travaille pour l’association de lutte contre les violences faites aux femmes.

Elise Pierrette Mpoung Meno, co- fondatrice de l’association de lutte des violences faites aux femmes à Yaoundé, le 1er mars 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Elise Pierrette Mpoung Meno, co- fondatrice de l’association de lutte des violences faites aux femmes à Yaoundé, le 1er mars 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Co- fondatrice de l’association de lutte contre les violences faites aux femmes, Elise Pierrette Mpoung Meno estime que les résultats de leur combat sont encore mitigés au Cameroun.

"Il y a de plus en plus de familles qui portent plainte parce que leur fille a été victime d’un viol. Les jugements sont rendus et nous pensons qu'il y a une évolution".

Mais, ajoute, Pierrette Mpoung Meno, "on n’a pas eu de lois spécifiques contre les violences faites aux femmes. On a travaillé sur le code de la famille, mais on n’a toujours pas vu ce code validé".

L’une des photos d’affiche du documentaire intitulé « les prisonnières du silence », sur les viols et abus sexuels sur les filles et femmes au cameroun, le 1er mars 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
L’une des photos d’affiche du documentaire intitulé « les prisonnières du silence », sur les viols et abus sexuels sur les filles et femmes au cameroun, le 1er mars 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Dans un film documentaire intitulé "Les prisonnières du silence", projeté en avant-première le 2 mars dernier à Douala, trois jeunes Camerounaises ont témoigné sur les viols et abus sexuels dont elles ont été victimes.

La productrice, Laetitia Tonye Loé, une jeune camerounaise, a elle-même été victime d’abus sexuel.

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Difficulté d'approvisionnement local en gaz

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Deuil national vendredi pour 17 soldats tués par Boko Haram

Des soldats de la 21e Brigade d'infanterie motorisée patrouillent dans les rues de Buea, région du Sud-Ouest du Cameroun, le 26 avril 2018.

Yaoundé, Cameroun | AFP | mardi 18/06/2019 - 12:24 UTC+2 | 317 mots Le Cameroun observera vendredi une journée de deuil national décrétée par la président Paul Biya pour saluer la mémoire de 17 soldats tués récemment dans le nord du pays, dans une attaque de jihadistes de Boko Haram.

"Un deuil national est déclaré pour la journée du vendredi 21 juin en mémoire des 17 militaires morts en mission commandée dans une attaque perfide du groupe terroriste Boko Haram contre (un) poste avancé de Darak (extrême-nord), dans la nuit du dimanche 9 juin au lundi 10 juin", a écrit M. Biya dans un décret signé lundi.

"Les drapeaux seront mis en berne sur toute l'étendue du territoire national et dans les représentations diplomatiques et consulaires du Cameroun à l'étranger ", a-t-il ajouté.

Dans la nuit du 9 au 10 juin, "plus de 300 combattants (de) Boko Haram, lourdement armés, ont attaqué la localité de Darak ", avait affirmé le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo dans un communiqué daté du 12 juin. Selon lui, 16 militaires et 8 civils ont trouvé la mort lors de cette attaque. Selon la même source, "64 jihadistes" ont été tués durant la "riposte" de l'armée.

Des sources sécuritaires de la région avaient, pour leur part, fait état de 37 morts, dont 21 militaires et 16 civils.

Bien qu'affaibli, le groupe Boko Haram reste très actif dans la région de l'extrême-nord du Cameroun, frontalière du Nigeria. Dans l'ouest, le Cameroun est confronté à un violent conflit armé opposant forces armées et séparatistes anglophones.

Dans les quatre pays du lac Tchad (Nigeria, Tchad, Cameroun, Niger), Boko Haram commet des attentats meurtriers, des attaques contre les forces de l'ordre et des enlèvements de civils.

Plus de 27.000 personnes sont mortes depuis le début du soulèvement de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria en 2009, et 1,8 million d'autres ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

Questions autour de la disponibilité du gaz domestique après l’incendie de la Sonara camerounaise

Une délégation conduite par les ministres du commerce, de l’eau et de l’énergie sur le site de la Sonara après l’incendie à Yaoundé, au Cameroun, le 17 juin 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Le Cameroun peut-il continuer d’approvisionner son marché local en gaz domestique ? Et peut-il maintenir les prix des hydrocarbures après l’incendie partielle dans la nuit du 31 mai dernier de la Sonara, la société nationale de raffinage ?

Il n’y aura pas de pénurie de gaz domestique au Cameroun après la destruction par les flammes de quatre des treize unités de raffinage de la Sonara. Ces assurances ont été données par le président du groupement des producteurs de pétrole Jean Perial Nyodog.

"Les mesures sont prises pour que l’approvisionnement continue de se faire comme il se fait depuis de nombreuses années à travers des importations qui couvre le déficit de la production locale. Le gaz domestique continuera à être distribué comme par le passé", a-t-il déclaré.

Près de 80% du gaz domestique vendu au Cameroun est importé. En 2019, la Sonara a prévu de produire 35.000 tonnes métriques de gaz domestique pour le marché local. Des ambitions qui ne seront plus atteintes car la réhabilitation de ses infrastructures de stockage va prendre au moins un an, selon le ministre de l’eau et de l’énergie.

Le délai ne semble pas faire paniquer le directeur général de la caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures, Oki Johnson Ndo : "Une bonne nouvelle pour nos ménages,il y aura suffisamment de gaz au prix homologué".

La bouteille de gaz domestique de 12,5 kg, la plus utilisée dans les ménages coûte 6.500 CFA. Les distributeurs sont contraints de respecterce prix, rappelle Jean Perrial Nyodog, du groupement des producteurs de pétrole.

"Ils n’ont aucun besoin de jouer à la spéculation,de faire monter les prix, il y aura un approvisionnement régulier, ils doivent jouer leur rôle de partenaires de marketeurs et faire leur travail dans le strict respect des prix fixés".

Un camion de gaz domestique en pleine livraison à Yaoundé, au Cameroun, le 17 juin 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Un camion de gaz domestique en pleine livraison à Yaoundé, au Cameroun, le 17 juin 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Les associations des consommateurs sont aussi mis à contribution pour éviter toute situation préjudiciable.

Delors Magellan Kamgaing Kamseu, président de la ligue camerounaise des consommateurs : "Nous invitons les consommateurs à la vigilance et à signaler aux autorités tout cas suspect de spéculation parce qu’on laissera pas que certains marketeurs véreux s’enrichissent sur le dos des consommateurs alors que l’on a reçu toutes les assurances du gouvernement".

Le ministère du Commerce pour sa part, rassure que les capacités de stockage actuelles en gaz domestique et les commandes en cours de livraison peuvent satisfaire les besoins des consommateurs.

Certains y croient et d’autres pas. "Je me sens un peu rassurée par cette décision du gouvernement, j’espère que les choses seront maintenues telles quelles et que d’ici la fin de l’année, nous n’aurons pas à faire à un changement de fréquence comme c’est souvent le cas avec le gouvernement".

La demande nationale en gaz domestique en 2018 a dépassé 3 millions de bouteilles.

Quatre policiers tués dans l'explosion d'un mine dans le Cameroun anglophone

Les forces de police camerounaises patrouillent à un carrefour routier à Douala le 21 octobre 2017.

Quatre policiers camerounais ont été tués samedi dans l'explosion d'une mine au passage de leur voiture à Otu, localité située dans le sud-ouest du Cameroun, l'une des deux régions anglophones, théâtre d'un conflit armé.

"Dans la matinée du samedi, 15 juin 2019, un véhicule appartenant à la police nationale a été victime d'un attentat à engin explosif improvisé, placé par les terroristes sécessionnistes", a déclaré le ministre de la Communication du Cameroun, René Emmanuel Sadi, dans un communiqué.

"Le bilan de cet attentat fait état de quatre fonctionnaires du Corps de la Sûreté nationale décédés et six autres blessés", a ajouté le ministre.

L’explosion est survenue sur la route entre Eyumojock et Otu dans le département de la Manyu, situé dans l'une des deux régions anglophones du pays, le Sud-Ouest.

"Il y a au moins quatre gardiens de la paix qui sont morts et plusieurs autres blessés dans cet incident", a confirmé à l’AFP une source proche des services de sécurité.

Les policiers récemment enrôlés au sein du corps de la police, selon des sources policières, étaient à bord d’un pick-up et en mission pour approvisionner leurs collègues dans la région.

Les séparatistes anglophones du Cameroun, pays à majorité francophone, militent pour la création d'un Etat indépendant dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, ces régions sont le théâtre d'un conflit armé qui n'a cessé de prendre de l'ampleur.

Des combats opposent régulièrement l'armée, déployée en nombre, à des groupes épars de séparatistes armés qui, cachés dans la forêt équatoriale, attaquent gendarmeries et écoles et multiplient les enlèvements.

Selon l'ONU, depuis le début du conflit la crise a déjà forcé plus de 530.000 personnes à fuir leur domicile. En vingt mois, le conflit a fait 1.850 morts, selon le centre d'analyse International Crisis Group (ICG).

Les larves de charançon, sources de protéines à Yaoundé

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