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Centrafrique

Les ex-chefs de milice en Centrafrique Ngaïssona et Yekatom comparaîtront ensemble devant la CPI

L'ex-chef de milice centrafricain Alfred Yekatom devant la CPI, le 23 novembre 2018.

La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé mercredi qu'elle joignait les affaires contre deux ex-chefs de milice en Centrafrique, Alfred Yekatom et Patrice-Edouard Ngaïssona, figure de proue des autorités du football africain. "L

"Le 20 février 2019, la Chambre préliminaire a décidé de joindre les affaires du procureur contre Alfred Yekatom et celle contre Patrice-Edouard Ngaïssona", a déclaré la Cour dans un communiqué.

M. Ngaïssona, président de la Fédération centrafricaine de football, est soupçonné d'avoir commis ou aidé à commettre des crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans l'ouest de la République centrafricaine entre septembre 2013 et décembre 2014.

M. Yekatom, député centrafricain et ex-chef de milice antibalaka, a été remis à la Cour pour sa responsabilité pénale présumée dans des crimes de guerre et crimes contre l'humanité qui auraient été commis dans la même zone entre décembre 2013 et décembre 2014.

La CPI estime que des procédures communes à l'encontre des deux hommes contribueront à "accroître l'équité et la rapidité de la procédure", en évitant notamment le "double emploi des preuves" et des "dépenses inutiles".

M. Ngaïssona a été interpellé en France en décembre à la suite d'un mandat d'arrêt délivré par la CPI, qui siège à La Haye. Il est apparu le 25 janvier pour la première fois devant la Cour, deux jours après son extradition.

Il a été précédé par Alfred Yekatom, dont la première comparution devant les juges de la CPI remonte à novembre, une petite semaine après son transfèrement historique vers La Haye, le premier depuis l'ouverture de l'enquête sur la Centrafrique en septembre 2014.

La Centrafrique, que se partagent une quinzaine de groupes armés, est embourbée dans un conflit meurtrier depuis six ans qui a déplacé plus d'un quart de ses 4,5 millions d'habitants.

La CPI a programmé l'audience de confirmation des charges retenues contre les deux hommes au 18 juin. Si celles-ci sont confirmées, ils seront renvoyés devant une Chambre de première instance, qui sera chargée du procès.

La CPI, fondée en 2002 pour juger les pires atrocités commises à travers le monde, avait déjà joint les affaires contre l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, l'ex-chef du mouvement des Jeunes Patriotes.

Les deux hommes ont été acquittés en janvier, reconnus non coupable de crimes contre l'humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales en Côte d'Ivoire.

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Des ateliers de dessin pour enfants traumatisés

Défricher par le feu pour ériger de nouvelles tentes dans le nouveau camp de personnes déplacées à Kaga Bandoro, le 19 octobre 2016.

Le bruissement des crayons de couleur s'échappe de pages blanches dans un camp de déplacés à Kaga Bandoro, dans le nord de la Centrafrique. Penchés sur leurs tables, des enfants dessinent leur quotidien. Des hommes armés, des chars. Et du rouge. Beaucoup de rouge.

Dans une tente de fortune, lunettes sur le nez et les pieds dans la poussière, Mamie Nouria Meniko, psychologue congolaise de 43 ans, analyse les dessins des enfants du camp de déplacés de Lazaré, où s'entassent des familles de la région qui ont fui les exactions de groupes armés.

"Le problème, c'est l'exposition quotidienne à la violence", explique cette femme, responsable du programme du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) mis en place pour identifier et traiter des enfants atteints de troubles du stress post-traumatique.

"Le dessin, dit-elle, aide à exprimer ce que l'enfant a dans sa tête. Il raconte ce qu'il ne peut pas dire de vive voix. Parfois, certains commencent à peine à dessiner qu'ils se mettent à pleurer".

Les ateliers de dessin représentent un travail d'ampleur à Kaga Bandoro - localité à 330 km au nord de Bangui - qui a connu cinq années de conflit sans véritable répit.

Située dans une zone stratégique, carrefour de transhumance, la ville était depuis 2014 contrôlée uniquement par des groupes armés.

Après cinq ans d'absence, les Forces armées centrafricaines sont revenues dans cette zone à la mi-mai, après la signature d'un accord de paix entre le gouvernement et quatorze groupes armés en février. En restant pour le moment confinées dans leur base.

A Kaga Bandoro, les ateliers de dessin ont permis d'identifier 233 enfants, âgés entre 5 et 15 ans, souffrant de troubles de stress post-traumatique.

- "Enlever les images de ma tête" -

Assise sur une natte, la psychologue congolaise s'adresse à un groupe de 6 enfants : "La nuit dernière, qui a fait un cauchemar"? Trois mains se lèvent.

Sa petite soeur sur les genoux, Florine (prénom modifié), 10 ans, confie son mauvais rêve.

"Ma mère et mon père sont venus me chercher pour m'emmener avec eux mais je leur ai dit que je ne voulais pas venir", dit-elle. Ses deux parents ont été tués par la rébellion de la Seleka en 2013.

Pour tenter d'aider ces enfants traumatisés à vaincre leurs angoisses, la psychologue enseigne des techniques de respiration et de relaxation.

"Quand ça ne va pas, je fais ces exercices et je pense à un bon plat que je pourrais manger", explique Florine.

A sa droite, Hervé (prénom également modifié), 12 ans, fait lui aussi partie de ces enfants identifiés comme étant traumatisés.

Il en est à sa troisième séance. Sur ses dessins, toujours la même chose : des pick-up montés de mitrailleuses 12,7, un cadavre dans une rivière. Une main dans un puits. Une maison en feu avec son père à l'intérieur.

"Je dois dessiner à chaque fois pour enlever les images de ma tête et pouvoir dormir", dit-il.

- "Je ne comprenais pas" -

Pour la mère d'Hervé, ces ateliers sont bénéfiques: "Avant il criait chaque nuit, cette semaine il ne s'est réveillé que 5 fois". Veuve depuis les attaques de la Seleka de 2013, elle explique que les ateliers ont resserré les liens familiaux.

"Quand il n'écoutait pas et qu'il faisait des bêtises, je le frappais. Je ne comprenais pas. Maintenant je sais pourquoi il faisait ça, alors on s'écoute", confie cette maman.

Problèmes d'attention, comportements agressifs, les symptômes du traumatisme sont difficiles à comprendre pour l'entourage des enfants. La psychologue tente de sensibiliser les parents pour permettre de renouer les liens.

Selon le professeur centrafricain, Jean-Chrysostome Gody, médecin chef de l'hôpital pédiatrique de Bangui, les troubles mentaux liés au stress post-traumatique, pourtant tabous, sont fréquents dans un pays en conflit depuis 2003.

"C'est un vrai problème de santé publique", selon le professeur Gody. "Les traumas non soignés peuvent apporter des dépressions, voire de la violence. Cela alimente le cercle vicieux".

Le chemin est encore long pour que les cauchemars d'Hervé disparaissent totalement.

A la fin d'une séance éprouvante, la psychologue congolaise soupire. "On ne peut rien effacer. Le but est de leur apprendre à vivre avec le trauma".

Hervé joue avec ses amis, profitant de l'accalmie qui règne à Kaga Bandoro, même si la périphérie de la ville est toujours la cible de violences quotidiennes.

Avec AFP

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