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Les entreprises françaises ne doivent pas tout attendre de l'Etat en Afrique selon l'Institut Montaigne

  • VOA Afrique

Le siège social de Total à Libreville au Gabon, le janvier 2017. (VOA/Timothee Donangmaye)

Les entreprises française doivent se libérer "d'une charge politique et historique" qui pénalise leur développement en Afrique et "prendre des risques" sans tout attendre de l'Etat.

"Nous attendons toujours beaucoup de la puissance publique, comme si toute stratégie économique en Afrique ne pouvait être pensée indépendamment de l'intervention parallèle de l'Etat", constate le rapport de l'Institut Montaigne dans une étude intitulée "Prêts pour l'Afrique de demain ?".

"Plus que les financements et les démarches diplomatiques, ce sont les biens et services proposés, la compétitivité, les partenariats audacieux avec les futurs champions africains et la prise de risque qui feront demain les succès des entreprises françaises sur le continent", ajoute-t-il.

L'institut s'est basé sur près d'une cinquantaine d'entretiens avec des acteurs économiques et est arrivé à la conclusion que "l'Afrique n'attend pas la France".

"La concurrence internationale est de plus en plus âpre", estiment les auteurs qui voient comment la Chine, le Maroc, l'Inde ou encore la Turquie "ont des stratégies pour l'Afrique qui ne se contentent pas de mots".

"Cette compétition est intégrée par les pays africains qui savent en tirer profit et refusent désormais toute exclusivité à leurs partenaires historiques dans leurs relations commerciales ou politiques, tout comme ils refusent aujourd'hui, dans une certaine mesure, le tête à tête avec la Chine", soulignent-ils.

Le rapport appelle donc à "bâtir une stratégie de long terme pour le développement économique du continent, notamment en matière de financement, d'investissement et de capital humain".

Il recommande aussi de libérer les entreprises "d'une charge historique et politique qui handicape leur développement sur le continent" et à assumer le passé "tel qu'il est, mais à accepter en même temps de se libérer des inhibitions qu'il a pu créer".

"Nous devons prendre acte que les générations actuelles ou à venir de décideurs politiques et économiques, africains et français, n'ont pas, pour l'essentiel, connu la colonisation ou les indépendances", affirment les auteurs.

Avec AFP

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