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Les enfants perdus de Beni en RDC


Charline Katsuva, fondatrice de l'orphelinat "Maman Marie" entourée d'enfants à Beni, RDC, 17 octobre 2018. (VOA/Charly Kasereka)

VOA Afrique est allée à la rencontre de ces enfants à l'orphelinat "Maman Marie", au quartier Boiken, à environ 5 kilomètres du centre-ville de Beni.

Charline Katsuva, 65 ans, a eu l’idée d’héberger des enfants après la mort de son garçon et en étant affectée par la souffrance de nombreux enfants restés seuls suite au décès de leur maman.

En octobre 2014, Mme Katsuva a créé son orphelinat après le premier massacre des civils dans son quartier à Beni.

Reportage de Charly Kasereka, envoyé spécial à Beni pour VOA Afrique
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Aujourd'hui, le plus âgé de sa maison a 19 ans et la cadette n'a que deux ans, la petite Charline à qui elle a donné son prénom. L'enfant a perdu ses deux parents quand de présumés rebelles ADF (Forces démocratiques alliées), venus de l'Ouganda, ont attaqué un hôpital à Eringeti, une ville en bordure de la jungle, dans l'est de la RDC.

Comme la petite Charline, tous les enfants de l'orphelinat ont perdu toute trace de leurs familles. "Beaucoup d'entre eux sont venus juste après le début des massacres chez nous à Beni. Aujourd’hui, j’héberge 26 enfants", confie Charline.

Les enfants de l'orphelinat "Maman Marie" à Beni, en RDC, 17 octobre 2018. (VOA/Charly Kasereka)
Les enfants de l'orphelinat "Maman Marie" à Beni, en RDC, 17 octobre 2018. (VOA/Charly Kasereka)

Certains enfants ont vu comment leurs parents ont été tués et s’en sont sortis miraculeusement, comme Prince, 12 ans, vivant à l'orphelinat depuis deux ans.

"Ils ont tué mon père et ils ont amené ma mère avec eux", se souvient douloureusement le petit Prince. "Ce soir-là, je me suis caché. J'ai pris la fuite et le lendemain, j'ai été amené ici. On m’a lavé et donné des habits. Et depuis, je vis ici", témoigne-t-il.

Cette demeure que Mme Katsuva loue est devenue un refuge et une maison d’accueil pour plusieurs enfants dont les parents sont morts dans les massacres répétés de Beni, qui se perpétuent depuis 2014.

L'espace est insuffisant. A la tombée de la nuit, des nattes et des morceaux de matelas sont étalés dans un petit local où les meubles doivent être superposés.

Les enfants regardent la télévision à l'orphelinat "Maman Marie" de Beni, en RDC, 17 octobre 2018. (VOA/Charly Kasereka)
Les enfants regardent la télévision à l'orphelinat "Maman Marie" de Beni, en RDC, 17 octobre 2018. (VOA/Charly Kasereka)

Lors du repas, Mme Katsuva doit veiller à ce que tout le monde puisse manger, avec au menu du riz aux haricots, comme souvent.

Seule et sans soutien, Mme Katsuva brave d’énormes difficultés; surtout celle de la nourriture et du loyer pour la petite maison qu’elle loue au quartier Boiken, souvent attaqué par les rebelles ADF.

"Pour dormir, nous étalons au sol des morceaux de matelas, des bâches et des sacs dans cette nouvelle maison. Je demande surtout à la Première dame Olive Lembe (l'épouse du président Joseph Kabila) de me venir en aide", explique-t-elle.

L’orphelinat Maman Marie n’a jamais eu des documents légaux qui coûtent chers, selon Mme Katsuva. Sa fondatrice fait souvent l'objet de tracasseries des services de sécurité ou de la propriétaire. Cette dernière la menace d’expulsion suite à l’insolvabilité du loyer.

Charly Kasereka, envoyé spécial à Beni

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