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Les émissions politiques interdites au Kasaï-Oriental en RDC


Quelques habitants de la ville marchent sur l’une des principales artères de Mbuji Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï Oriental, 30 juillet 2006.

Toute émission à caractère politique est interdite jusqu'à nouvel ordre au Kasaï-Oriental, bastion d'opposition dans le centre de la République démocratique du Congo, indiquent sources concordantes. Cette décision des autorités de la province, a été annoncée à quelques jours de la fin du mandat du président Joseph Kabila.

La décision a été prise par le conseil provincial de sécurité (regroupant le gouverneur de la province du Kasaï-Oriental et les chefs locaux des différents services de sécurité), a déclaré à l'AFP le directeur d'un média local, sous le couvert de l'anonymat.

"On a interdit les émissions à caractère politique sur tous les médias", a ajouté ce responsable.

Les autorités justifient cette mesure par "le manque de professionnalisme" des animateurs des débats politiques, a ajouté un autre responsable de média pour qui les autorités ont plutôt "peur des dates qui approchent", allusion à l'échéance du 20 décembre qui marque la fin du mandat de M. Kabila.

Interrogé sur cette mesure, le ministre des Médias congolais, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement, a déclaré à l'AFP : "C'est une mesure prise au niveau de la province, cela ne nous concerne pas au niveau du gouvernement central."

Douze stations de radio et cinq chaînes de télévision émettant dans la province sont concernées.

L'ONG congolaise de défense de la presse Journaliste en danger (JED) a condamné dans un communiqué la "censure" imposée par les autorités locales et exigé "la reprise immédiate [des] émissions" visées par l'interdiction.

Région enclavée du centre du pays, le Kasaï-Oriental est la province d'origine d'Étienne Tshisekedi, opposant historique en RDC. Lors de la présidentielle de 2011, M. Tshisekedi y avait remporté plus de 70% des voix.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter. La présidentielle n'ayant pas été tenue à temps, le chef de l'État compte se maintenir au pouvoir au-delà du 20 décembre en vertu d'un arrêt controversé de la Cour constitutionnelle.

La coalition d'opposition réunie autour de M. Tshisekedi menace d'appeler à des manifestations dans tout le pays à partir de lundi jusqu'à ce que M. Kabila quitte le pouvoir.

L'appel à manifester du vieil opposant, qui a fêté mercredi ses 84 ans, est pour l'heure suspendu aux négociations politiques en cours à Kinshasa sous l'égide de l'Église catholique.

Ces pourparlers visent à trouver un compromis permettant d'organiser une transition politique jusqu'à l'élection du successeur de M. Kabila. Les négociations semblaient être dans l'impasse jeudi alors qu'elles sont censées s'achever vendredi.

Avec AFP

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