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Les écolières libérées par Boko Haram retrouvent leurs parents

Des écolières nigérianes de Dapchi libérées, avant de rencontrer le président à la villa présidentielle d'Abuja, le 23 mars 2018.

Une centaine d'écolières enlevées le 19 février par le groupe islamiste Boko Haram à Dapchi, dans le nord-est du Nigeria, et libérées cette semaine, ont été ramenées dimanche à leurs familles.

Vêtues de longs hijabs traditionnels, les 105 jeunes filles sont arrivées vers à bord de cinq bus escortés par l'armée nigériane à Dapchi, dans l'Etat de Yobe, où elles ont pu retrouver leurs parents, après avoir passé trois jours auprès des autorités à Abuja, la capitale fédérale.

>> Lire aussi : Dapchi toujours dans l'attente du retour de la dernière écolière enlevée au Nigeria

Le groupe avait atterri dans la matinée à Maiduguri, capitale de l'Etat voisin du Borno, avant de prendre la route en direction de leur ville natale.

Elles ont été aussitôt conduites à l'internat pour jeunes filles - le lieu de leur enlèvement - où les attendaient leurs familles pour une cérémonie officielle en présence de plusieurs hauts responsables politiques nigérians, dont des sénateurs.

"Nous sommes maintenant avec elles dans le hall de l'école", a déclaré Kachalla Bukar, père de l'une d'elles et porte-parole de l'association des parents des filles enlevées.

"L'annonceur appelle le nom d'une fille et celui de ses parents, chaque fille est officiellement remise à son parent et il lui est demandé de signer un registre (...) indiquant qu'il prend en charge de sa fille", a ajouté M. Bukar.

Les 105 filles étaient présentes lors de la cérémonie de retrouvailles, a-t-il précisé.

"L'annonceur appelle le nom d'une fille et celui de ses parents, chaque fille est officiellement remise à son parent et il lui est demandé de signer un registre (...) indiquant qu'il prend en charge de sa fille", a ajouté M. Bukar.

Au total, 105 des 111 étudiantes enlevées le 19 février dernier dans leur pensionnat à Dapchi, dans l'Etat voisin de Yobe, avaient été libérées mercredi par leurs ravisseurs qui les ont "déposées sur la route", selon le gouvernement.

Elles ont été "déposées sur la route" à l'entrée de Dapchi, selon le gouvernement, soulevant de nombreuses interrogations sur les dessous des négociations menées avec le groupe jihadiste.

Une chrétienne, Leah Sharibu, est toujours entre les mains des insurgés, ayant refusé de se convertir à l'islam, selon les témoignages de ses camarades. La police fédérale a indiqué dans la matinée n'avoir "aucune information à ce stade" malgré de nombreuses rumeurs sur sa supposée libération imminente durant le week-end.

Cinq autres jeunes filles seraient mortes au moment de la prise d'otages dans les camions qui les transportaient vers leur lieu de détention, ont raconté les ex-captives. Elles sont toujours officiellement "portées disparues".

'Dialogue constructif'

Le ministre de l'Information Lai Mohamed, a répété dimanche lors d'une conférence de presse à Lagos qu'aucun paiement de rançon ni échange de prisonniers n'a eu lieu en amont de leur libération, rendue possible grâce à des "négociations" menées avec les insurgés.

"Tout ce qu'ils exigeaient était un cessez-le-feu qui leur ouvrirait un couloir sécuritaire pour déposer les filles", cessez-le-feu qui a été décrété le 19 mars pour une durée d'une semaine, a affirmé M. Mohamed.

Selon des témoins, les captives étaient gardées sur des îles du lac Tchad, zone contrôlée par la faction reconnue par le groupe Etat islamique à qui Boko Haram a prêté allégeance en 2015.

Le groupe jihadiste mène depuis 2009 une insurrection sanglante dans le nord-est du Nigeria qui a fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés.

Cet enlèvement de masse a ravivé le douloureux souvenir du kidnapping de Chibok, en avril 2014, où plus de 200 lycéennes avaient été enlevées, déclenchant une vague d'émotion mondiale.

Depuis, une centaine d'entre elles se sont échappées ou ont été libérées aux termes de négociations avec le gouvernement et d'échange avec des prisonniers. Mais une centaine d'entre elles restent introuvables.

A l'époque, Muhammadu Buhari, dans l'opposition, avait vivement critiqué l'inaction du président Goodluck Jonathan. L'ancien général avait alors promis de mettre fin au conflit, il a été élu un an plus tard, en 2015.

L'armée ne cesse de répéter que le groupe jihadiste est "techniquement vaincu", mais l'évènement tragique de Dapchi a mis en lumière les graves failles sécuritaires qui continuent à mettre le nord-est du pays à genoux.

Il fallait donc agir rapidement pour le président Buhari pour ramener les jeunes filles de Dapchi à leurs familles, et se démarquer de son prédécesseur.

Leur libération est "un geste de bonne volonté suite aux efforts incessants déployés par le gouvernement pour trouver des solutions durables au conflit", a martelé le ministre Lai Mohamed.

"Nous sommes disposés à poursuivre un dialogue constructif qui ne concerne pas seulement la libération d'otages, mais vise un engagement plus large" comme d'éventuels cessez-le-feu et l'ouverture de corridors humanitaires pour protéger les civils, a-t-il ajouté.

Boko Haram, dont le nom signifie en langue haoussa "l'éducation occidentale est péché", a régulièrement ciblé les écoles laïques. Selon l'agence des Nations unies pour l'enfance, l'Unicef, plus de 2.296 enseignants ont été tués et environ 1.400 écoles ont été détruites dans le nord-est du pays.

Avec AFP

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Référendum en Egypte: la révision constitutionnelle controversée renforçant Sissi approuvée

Un poster géant du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, en Égypte, le 25 mars 2018.

La révision constitutionnelle controversée permettant la prolongation de la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi, et renforçant les pouvoirs de l'ex-maréchal, a été approuvée par référendum à 88,83%, a annoncé mardi l'Autorité nationale des élections.

Le président de cet organisme, Lachine Ibrahim, a précisé lors d'une conférence de presse au Caire que 11,17% des électeurs "se sont prononcés contre" cette réforme et que "le taux de participation (...) a atteint 44,33%".

Les Egyptiens ont voté du samedi 20 au lundi 22 pour ou contre la modification de plusieurs articles de la Constitution de 2014, qui limitait notamment la présidence à deux mandats consécutifs de quatre ans.

Le scrutin de trois jours s'est déroulé "dans un climat démocratique stimulé par la liberté", a insisté M. Ibrahim. Mais le référendum a été organisé en un temps record, quatre jours après un vote au parlement, et sans véritable débat de fond dans les médias sur les enjeux de la réforme.

"Le référendum s'est déroulé dans un environnement tellement injuste et non libre que ses résultats ne peuvent prétendre à une quelconque légitimité", a dénoncé Michael Page, directeur adjoint de l'ONG Human Rights Watch pour l'Afrique du nord et le Moyen-Orient.

Le président Sissi a rendu hommage sur Twitter à ses concitoyens "qui ont ébloui le monde par leur conscience nationale des défis auxquels est confrontée notre chère Egypte".

L'ex-maréchal, aujourd'hui âgé de 64 ans, a été élu président en 2014 avec 96,9% des voix, un an après avoir renversé avec l'armée, à la faveur d'un mouvement populaire, le président islamiste Mohamed Morsi. Il a été réélu en 2018 à 97,08%.

La révision constitutionnelle permet de faire passer le deuxième mandat de M. Sissi de quatre à six ans, portant son terme à 2024. L'ex-maréchal pourra se représenter à un troisième mandat, de six ans, lors de l'élection de 2024.

Environ 27 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes sur les plus 61 millions enregistrés dans le pays le plus peuplé du monde arabe, selon M. Ibrahim.

- "Dangereux précédent" -

Au-delà du mandat présidentiel, la révision constitutionnelle permet le contrôle du chef de l'Etat sur le système judiciaire, avec un pouvoir de nomination des chefs de juridictions. La réforme octroie également un pouvoir politique à l'armée, pilier du régime de M. Sissi.

"Ces amendements constitutionnels renforcent l'exécutif et l'armée au détriment d'un système judiciaire et législatif affaibli", a expliqué à l'AFP Mai El-Sadany, responsable des questions juridiques au groupe de réflexion The Tahrir Institute for Middle East Policy (Timep), basé à Washington.

Selon elle, la réforme "mine la séparation des pouvoirs, porte atteinte à l'Etat de droit et réduit au silence les espaces pour la dissidence indépendante".

Pour Moustafa Kamel al-Sayed, professeur de sciences politiques à l'Université américaine du Caire, les amendements créent un "dangereux précédent".

"Le pouvoir sera concentré entre les mains d'un seul homme (le président). Il sera très difficile de revenir en arrière car qui abandonnera autant de pouvoir?", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les partisans de la révision constitutionnelle défendent de leurs côtés sa nécessité pour la stabilité du pays, dans un pays en crise économique et voisin de plusieurs pays troublés, en Afrique et Moyen-Orient, comme le Soudan et la Libye.

Avec AFP

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

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