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Tchad

La déclaration de l'état d'urgence dans une province tchadienne suscite des craintes

Le président du Tchad, Idriss Deby, lors de la 33e session ordinaire du sommet de l'Union africaine, à Addis-Abeba, le 10 février 2020. (Photo: MICHAEL TEWELDE / AFP)

Au Tchad, le gouvernement a institué l’état d’urgence dans les départements de Fouli et de Kaya dans la province du Lac et les a déclarés "zones de guerre".

Les populations sont sommées de quitter immédiatement les villages situés sur les îles du Lac Tchad. Déclarés "zones de guerre", les départements de Fouli et Kaya, dans la province du Lac, viennent d’être placés sous l’état d’urgence pour une période allant jusqu'au 16 avril.

La décision fait suite à l’attaque récente par Boko Haram d'une position de l’armée tchadienne à Bohoma, une localité de la province. Près de 100 soldats tchadiens ont été tués.

Pendant ce régime d’exception, il sera interdit de circuler. Les autorités pourront organiser des perquisitions dans les domiciles et instaurer un couvre-feu de 22h à 6h du matin. Les autorités pourront également contrôler la presse et les publications.

Une situation qui inquiète les organisations de la société civile.

Crainte de débordements

Max Loalngar, président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH), craint un excès de zèle des agents de sécurité. Il dit avoir en mémoire les exactions qui ont été commises à l’est du pays dans un contexte similaire.

Max Loalnagr président de la LTDH à droite et Mahamat Ibedou de la CTDDH à droite, au Tchad, le 30 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Max Loalnagr président de la LTDH à droite et Mahamat Ibedou de la CTDDH à droite, au Tchad, le 30 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

"Les mesures qui ont été prises restreignent les libertés publiques", dénonce le président de la LTDH.
"Nous attirons l’attention du gouvernement sur des éventuelles dérives qui seraient contre-productives", avertit-il.

Préoccupé du sort des civils, il s'interroge si les mesures prises dans ce contexte ne vont pas aggraver une situation déjà difficile.

"Quand on se rend compte que les populations ont été appelées à partir de leurs maisons sans délai, c’est un peu exagéré. Il n’y a aucune mesure de sécurité, mais ils iront où?", déplore Max Loalngar.

Pour Abdéramane Djasnavaye, le président de l’Alliance tchadienne pour la démocratie et le développement (ATD), membre de la majorité présidentielle, le gouvernement a raison de prendre ces mesures pour accorder une marge de manoeuvre à l’armée nationale.

Abdéramane Djasnabaye, président de l'ATD, au Tchad, le 30 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Abdéramane Djasnabaye, président de l'ATD, au Tchad, le 30 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

"Les droits de l’homme doivent reculer face à la sécurité", tranche le président de l’ATD, avant de préciser que "quand il n’y a pas la sécurité, il n’y a pas aussi les droits de l’homme, donc la priorité est donnée d’abord à la sécurité pour régler le problème".

Le coronavirus, une autre inquiétude

Max Loalngar exprime d’autres inquiétudes liées au risque de contamination de covid-19.

"Cette zone fait frontière avec pratiquement trois pays: le Cameroun, le Nigeria et le Niger où des cas de covid-19​ ont été signalés", rappelle-t-il. "Il est à craindre que ces populations aient été en contact avec les populations riveraines et donc si elles doivent migrer à l’intérieur du territoire, le risque de contamination est à grande", prévient l'activiste.

Selon des sources proches de la Cellule de veille et de sécurité sanitaire, des mesures sont prises pour éviter toute contamination si un cas arrive à être confirmé.

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Les rebelles tchadiens "n’ont pas encore désarmé"

Le général Mahamat Idriss Deby, chef du Conseil militaire de transition (CMT) du Tchad, délivrant un message au palais présidentiel de N'Djamena, le 27 avril 2021.

Le chef de la junte qui a pris le pouvoir au Tchad après la mort du président Idriss Déby Itno a déclaré mardi que les rebelles qui ont lancé une offensive en avril "n’ont pas encore désarmé", selon le site de la présidence.

Le 20 avril, au lendemain de sa réélection à la tête du Tchad, l'armée annonçait que le président Déby, qui dirigeait le pays d'une main de fer depuis 30 ans, avait été tué au front contre des rebelles du Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT), qui avaient lancé une offensive en provenance de Libye le 11 avril.

Dès l'annonce de son décès, une junte de 15 généraux proclamait un de ses fils, Mahamat Idriss Déby Itno - général quatre étoiles à 37 ans - président de la République à la tête d'un Conseil militaire de transition (CMT), dissolvait l'Assemblée nationale et le gouvernement et abrogeait la Constitution.

"Je voudrais noter que les ennemis du Tchad n’ont pas encore désarmé. Ils s’activent au quotidien pour déstabiliser nos institutions et retarder notre marche vers le progrès et l’émergence", a déclaré mardi Mahamat Idriss Déby devant des leaders religieux à l'occasion de la fête de l'Aïd.

"C’est tous ensemble que nous devons montrer aux ennemis de la patrie que nous sommes jaloux de l’indépendance et de la souveraineté de notre pays", a poursuivi le chef de la junte.

Les autorités tchadiennes avaient affirmé début mai que les rebelles étaient en "débandade".

Mahamat Déby avait accusé les rebelles tchadiens d'être des mercenaires en Libye et d'être "entraînés par des forces étrangères".

Le Togo a tenté en juin une médiation entre N'Djamena et différents groupes rebelles, en vain jusqu'à présent. "En plus du FACT, il y avait deux autres groupes armés représentés mais il n'y a pas eu de suite depuis", a assuré à l'AFP un responsable rebelle qui a participé à ces "rencontres" et a requis l'anonymat.

Calme et ordre au Tchad trois mois après la mort d'Idriss Déby

Le général quatre étoiles et chef de la Garde républicaine au Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, 37 ans, fils du président tchadien Idriss Deby Itno est vu dans un bureau de vote à N'djaména, le 11 avril 2021.

Le 20 avril, au lendemain de sa réélection à la tête du Tchad, l'armée annonçait que le président Idriss Déby Itno, qui dirigeait le pays depuis 30 ans, avait été tué au front contre des rebelles. Trois mois après, le calme et l'ordre règnent dans ce pays sahélien crucial dans la guerre contre les jihadistes.

Dès l'annonce de son décès, une junte de 15 généraux proclamait un de ses fils, Mahamat Idriss Déby Itno - général quatre étoiles à 37 ans - Président de la République à la tête d'un Conseil militaire de transition (CMT), dissolvait l'Assemblée nationale et le gouvernement et abrogeait la Constitution.

Bien que le CMT eut promis des élections "libres et transparentes" à l'issue d'une "transition" de 18 mois, renouvelable, l'incertitude et l'inquiétude planaient alors sur un pays confronté à diverses rébellions mais dont l'armée est un des piliers de la guerre contre les jihadistes dans le Sahel, au côté de la France.

Inquiétudes vite balayées: la communauté internationale adoubait rapidement Mahamat Déby et le CMT, la France en tête, et l'Union africaine (UA) ne sanctionnait pas ce que l'opposition dénonçait comme un "coup d’État" militaire.

L'armée tchadienne annonce la fin des opérations contre les rebelles
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Inconciliables

Mais le "dialogue national" promis, censé inclure l'opposition même la plus critique, n'a pas encore démarré malgré la nomination début mai d'un gouvernement dirigé par Albert Pahimi Padacké, dernier Premier ministre de feu Idriss Déby.

Un Conseil national de transition (CNT) de 93 membres, qui devaient être "nommés" rapidement selon le CMT pour assumer le pouvoir législatif et rédiger une nouvelle Constitution, se fait toujours attendre. Mahamat Déby et les 14 autres généraux continuent d'exercer l'essentiel des pouvoirs et l'opposition la plus critique ne parvient pas à mobiliser la rue, ou n'ose pas. Pas plus que sous le maréchal Idriss Déby.

Ce dernier a été tué, selon le CMT, lors de combats dans le nord entre l'armée et les rebelles du Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (Fact), qui avaient lancé une offensive le 11 avril, jour de la présidentielle, mais qui ont été rapidement repoussés selon N'Djamena et des sources militaires dans la région.

Sur le plan militaire, c'est le calme. Mahamat Déby accuse les rebelles tchadiens d'être des mercenaires en Libye et d'être "entraînés par des forces étrangères". Le Togo a bien tenté dès juin une médiation entre N'Djamena et différents groupes rebelles, en vain jusqu'à présent. "En plus du FACT, il y avait deux autres groupes armés représentés mais il n'y a pas eu de suite depuis", assure à l'AFP un responsable rebelle qui a participé à ces "rencontres" et requiert l'anonymat.

De toute façon, les groupes ont posé comme préalable "la libération des prisonniers et le fait que nous ne reconnaissions par les nouvelles autorités", ajoute-t-il. Les positions du pouvoir et de la rébellion semblent pour l'heure inconciliables.

Sur le plan politique, l'UA a bien exigé que la transition ne dépasse pas 18 mois avant des élections - et la France le demande également - mais dans une interview en juin au magazine Jeune Afrique, Mahamat Déby, tout en affirmant que "le CMT n'a pas vocation à confisquer le pouvoir", n'a pas exclu une prolongation si les conditions ne sont pas réunies pour des scrutins: "la première est que nous, Tchadiens, soyons capables de nous entendre" et "la seconde est que nos partenaires nous aident à financer le dialogue et les élections".

Ce qu'Emmanuel Macron a dit à N'Djamena
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"Chantage"

Le président français Emmanuel Macron a été le seul chef d’État occidental à s'être rendu aux obsèques du maréchal Déby et à s'afficher alors au côté de Mahamat, qu'il a ensuite reçu à Paris le 5 juillet pour lui "réitérer son soutien à la transition" et promettre "une nouvelle aide budgétaire" à son ancienne colonie.

"Le Tchad a vraiment besoin d'argent, et sur le modèle d'Idriss Déby, le CMT sait utiliser le fait que le pays déploie des forces à l'étranger pour faire du chantage à la France", estime Jérôme Tubiana, chercheur français spécialiste du Tchad, qui pointe aussi la responsabilité de l'Union africaine. "L'UA aurait pu être un moyen de pression sur les nouvelles autorités, mais elle a décidé de fermer les yeux", estime M. Tubiana dans un entretien avec l'AFP.

La réception de Mahamat Déby à l'Elysée a eu lieu trois jours avant un sommet entre la France et les pays du G5-Sahel, coalition anti-jihadiste dont l'armée tchadienne est le fer de lance, au cours duquel Paris a réitéré sa décision de retirer progressivement ses troupes de la région dans le cadre de son opération Barkhane en espérant une montée en première ligne des armées des pays sahéliens.

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