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Les députés britanniques votent pour prendre le contrôle du Brexit

Manifestation devant le Parlement britannique, à Londres, le 15 janvier 2019.

Les députés britanniques ont voté lundi soir un amendement leur permettant d'influer sur le processus du Brexit, infligeant un humiliant camouflet au gouvernement de la Première ministre Theresa May.

Cet amendement, adopté par 329 voix contre 302, leur permet d'organiser mercredi une série de votes indicatifs sur la forme que doit prendre le Brexit. Parmi les options sur lesquelles les députés pourraient donner leur avis: maintien dans le marché unique, nouveau référendum, voire annulation de la sortie de l'UE.

Rajoutant à l'ambiance dramatique, trois secrétaires d'Etat ont annoncé leur démission dans la soirée: Richard Harrington (Industrie) sur Twitter, ainsi qu'Alistair Burt (Affaires étrangères) et Steve Brine (Santé), a indiqué à l'AFP une source gouvernementale.

Richar Harrington a reproché au gouvernement dans sa lettre de démission de jouer "à la roulette" avec "les vies et les moyens de subsistance de la grande majorité de notre peuple" du fait de son "échec à garantir un accord" de sortie.

"Cet amendement renverse l'équilibre entre nos institutions démocratiques et crée un dangereux et imprévisible précédent pour le futur", a réagi un porte-parole du ministère chargé du Brexit. Avant d'appeler le Parlement à "définir les prochaines étapes" avec "réalisme: toute option envisagée doit être réalisable dans le cadre de négociations avec l'UE", a-t-il souligné.

Ce vote et ces démissions accentuent la crise politique que traverse le pays, avec une Première ministre qui a perdu toute autorité et le contrôle du Brexit, et semble plus que jamais proche de la sortie.

Theresa May cherche en effet toujours des soutiens pour passer son accord de divorce négocié avec Bruxelles, déjà massivement rejeté par deux fois par les députés mais dont dépend une sortie ordonnée de l'Union européenne le 22 mai.

- Toujours pas de "soutien suffisant" -

Le Royaume-Uni aurait théoriquement dû quitter l'UE vendredi 29 mars à 23H00 GMT, un peu moins de trois ans après le référendum de juin 2016. Mais faute d'avoir pu rallier les députés derrière son accord de divorce péniblement négocié avec Bruxelles, Theresa May a été contrainte de demander aux dirigeants de l'UE un report de cette échéance historique, fixée désormais au 12 avril au plus tôt.

Lundi avant le vote de la soirée, elle a dû reconnaître que l'accord de Brexit n'avait toujours "pas le soutien suffisant" au Parlement pour être soumis une troisième fois au vote des députés comem elle compte encore le faire.

"En l'état actuel, il n'y a pas de soutien suffisant au Parlement pour soumettre à nouveau l'accord à un troisième vote", a-t-elle dit. "Je continue à discuter avec des collègues de la Chambre pour trouver des soutiens de façon à ce que nous puissions organiser un vote cette semaine."

Les Britanniques ne savent donc toujours pas quand et sous quelles conditions ils quitteront l'UE. La Commission européenne a elle jugé lundi qu'un divorce sans accord le 12 avril et sans période de transition était "de plus en plus vraisemblable".

"Cela créera évidemment des perturbations significatives pour les citoyens et les milieux d'affaires", a-t-elle mis en garde dans un communiqué, tout en annonçant qu'elle avait terminé ses préparatifs pour un tel scénario.

"Il faut se préparer au pire", a renchéri la secrétaire d'Etat française à l'Economie Agnès Pannier-Runacher, soulignant: "on n'a plus que quinze jours pour le faire".

- "Il est temps, Theresa" -

Lundi matin, Theresa May a discuté du Brexit avec ses ministres. "Il y a une réelle détermination à trouver un moyen permettant au Royaume-Uni de partir avec un accord et de respecter le résultat du référendum dans les meilleurs délais", s'est contenté de déclarer son porte-parole après la réunion.

Le tabloïd The Sun, quotidien le plus lu du pays, claironnait en une lundi: "Il est temps, Theresa", estimant qu'elle devait démissionner pour donner à son accord une chance d'être approuvé.

Anticipant un possible rejet du traité de retrait, les dirigeants de l'UE ont donné à Mme May le choix: soit l'accord est voté et le Royaume-uni effectue une sortie ordonnée de l'UE, avec un court report fixé au 22 mai. Soit l'accord est rejeté et Londres aura jusqu'au 12 avril pour présenter une alternative et demander un nouveau report qui impliquerait la tenue d'élections européennes fin mai dans le pays. Sinon, ce serait une sortie sans accord.

Avec AFP

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Giscard et l'affaire des "diamants de Bokassa"

Le président français Valery Giscard d'Estaing et le président de la République centrafricaine Jean-Bedel Bokassa assistent à une cérémonie à Bangui, lors de la visite officielle du président français, le 5 mars 1975.

L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, décédé mercredi, s'était retrouvé en 1979 au centre de l'affaire dite des "diamants de Bokassa", suscitant une polémique embarrassante avant la présidentielle de 1981 qu'il allait perdre.

Le 10 octobre 1979, l'hebdomadaire français Le Canard enchaîné révèle que Valéry Giscard d'Estaing (VGE), a reçu en 1973, alors qu'il était ministre des Finances, une plaquette de trente carats de diamants offerte par le président centrafricain Jean Bedel Bokassa

La semaine suivante, Le Canard affirme que la valeur de la plaquette est de 1 million de francs et précise que d'autres diamants lui ont été offerts à l'occasion des ses déplacements à Bangui entre 1970 et 1975.

Le 27 novembre, le président Giscard d'Estaing oppose un "démenti catégorique et méprisant" aux allégations concernant la valeur des cadeaux qu'il aurait reçus. "Il faut, dit-il, laisser les choses basses mourir de leur propre poison".

L'hebdomadaire satirique relance l'affaire un an plus tard, le 16 septembre 1980, en publiant un entretien téléphonique avec l'ancien "empereur" centrafricain Jean Bedel Bokassa, déposé de son trône le 20 septembre 1979.

Il affirme "avoir remis à quatre reprises des diamants au couple présidentiel". "Vous ne pouvez pas imaginer ce que j'ai remis à cette famille-là", ajoute Bokassa.

Le 10 mars 1981, VGE déclare à la télévision qu'il "n'y a aucun mystère dans l'affaire des diamants" et que "le produit de ces cadeaux a été versé à des œuvres humanitaires centrafricaines". Il précise que les diamants ont été vendus "au profit de la Croix rouge centrafricaine, d'une maternité, d'une pouponnière et d'une mission".

Selon l'hebdomadaire Le Point du 22 mars 1981, qui a consulté la comptabilité des cadeaux officiels à l'Élysée, les diamants ont été vendus pour une somme de 114.977 francs remise à des œuvres de bienfaisance centrafricaines.

Dans une interview au Washington Post du 8 mai 1981, l'empereur déchu réaffirme avoir offert des diamants à VGE, en présence de témoins, à quatre occasions en huit ans.

Contrairement aux indications du président français, pour qui les diamants reçus n'étaient que de petites pierres, Bokassa affirme lui avoir offert des diamants de 10 à 20 carats. Il soutient également avoir offert à la famille Giscard d'Estaing, dont deux cousins, plus de diamants qu'à n'importe qui d'autre. "Je les ai gâtés", déclare-t-il, ajoutant : "ils sont pourris".

Bokassa reconnaît accorder cette interview, à la veille du second tour de l'élection présidentielle, dans le but d'empêcher la réélection du président centriste VGE. "Je règle mes comptes avec ceux qui ont provoqué ma chute", termine-t-il. Le 10 mai, le socialiste François Mitterrand remporte l'élection présidentielle en France.

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