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Nigeria

Les déplacés de Boko Haram souffrent de la suspension de l'aide humanitaire

Des Nigériens se déplacent vers un abri, le 25 mai 2015.

Falmata Ibrahim a quitté sa maison il y a cinq ans pour fuir les violences entre l'armée nigériane et les djihadistes de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria. Depuis, elle vit sous un abri de fortune et ne sait toujours pas comment nourrir sa famille.

Comme des centaines de milliers d'autres personnes déplacées par l'insurrection, elle dépend de l'aide internationale, et vivait notamment grâce à une donation de 50 dollars mensuels de l'ONG Action contre la Faim (ACF), dont les locaux ont été fermés il y a plus d'un mois par les autorités.

"Je ne sais pas comment je vais survivre avec mes enfants", raconte la mère de famille à l'AFP, dans un camp de déplacés de Maiduguri, la capitale de l'Etat du Borno.

A la mi-septembre, sans préavis, l'armée nigériane a fermé les locaux d'ACF, accusant l'ONG française d'avoir "aidé et encouragé les terroristes et leurs atrocités" en leur fournissant de la nourriture et des médicaments.

Tout comme pour Mercy Corps quelques jours plus tard, l'armée s'est installée devant leurs bureaux du nord-est du pays, ont encerclé les bâtiments et demandé aux employés de quitter les lieux, sans donner d'explication.

Depuis, les deux organisations ont dû suspendre tous leurs programmes d'aide.

Selon les Nations unies, près de 400.000 personnes souffrent de l'interruption de l'action de ces deux organisations, qui les laisse "sans nourriture ni autre aide essentielle depuis un mois".

Au cours d'une visite au Nigeria la semaine dernière, Mark Lowcock, secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires humanitaires, a déclaré avoir "reçu l'assurance des autorités compétentes que la suspension des activités de Mercy Corps et d'Action contre la faim sera levée dans quelques jours".

Mais ni les autorités, ni l'armée n'ont fait de commentaire et le calendrier reste flou.

Les représentants des organisations humanitaires ont déclaré à l'AFP n'avoir pas davantage d'informations.

- 'Plus aucun moyen' -

Mais pendant que l'incertitude règne, ce sont les victimes du conflit qui continuent d'en payer le prix.

Selon l'ONU, le conflit, qui ravage le nord-est du Nigeria depuis dix ans, a fait 35.000 morts, près de 2 millions de déplacés, dont 140.000 cette année, et plus de trois millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire, notamment car elles n'ont pas d'accès aux terres à cause de l'insécurité.

L'armée a récemment décidé de retirer ses soldats des bases d'opération avancées, qui étaient régulièrement attaquées, pour les regrouper dans des "super-camps", mieux protégés et censés être plus efficaces.

Toutefois les populations affirment que cette nouvelle stratégie a laissé des pans de territoires sans protection.

Les populations du nord-est sont regroupées dans des camps tentaculaires, gérés par les autorités et sécurisés par l'armée, mais elles dépendent totalement des distributions alimentaires pour leur survie.

Car en l'absence d'un quelconque soutien de la part de l'Etat nigérian, les ONG internationales et autres organisations locales sont un filet de sécurité crucial.

Fin octobre, Médecins sans Frontières a demandé un "soutien massif et constant" dans ses actions humanitaires dans les Etats de Borno, Adamawa et Yobe.

"Aujourd'hui, nous sommes dans l'incapacité d'atteindre des régions", a fait savoir MSF dans un communiqué. "Près d'un million de personnes sont dans des zones inaccessibles à cause des combats, de l'état des routes ou des interdictions de se déplacer ou de transporter des biens".

"Nous devons réaffirmer de manière urgente et collective les principes fondamentaux de l'action humanitaire et protéger le droit de tout individu ayant besoin de recevoir une assistance", proclame MSF.

"Les conditions dans lesquelles nous vivons sont déplorables", a déclaré Jakanama Ali, père de neuf enfants. "Je n'ai plus aucun moyen de fournir ce dont ma famille a besoin."

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Réintegration d'anciens combattants Boko Haram

Réintegration d'anciens combattants Boko Haram
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14 personnes enlevées, dont 2 humanitaires, dans le nord-est

Quatorze personnes, dont deux travailleurs humanitaires de la Croix-Rouge, ont été enlevées dans le nord-est du Nigeria, confronté à une sanglante insurrection djihadiste, a-t-on appris jeudi de sources sécuritaires nigérianes.

Le groupe de voyageurs a été intercepté par des insurgés du groupe Etat Islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) sur une route de l'Etat du Borno mercredi soir, selon ces sources.

"Les terroristes de l'ISWAP ont établi un point de contrôle le long de l'axe Maiduguri-Damaturu hier (mercredi) vers 20h30 et ont emmené 14 personnes qui les ont confondues avec des militaires en patrouille", a affirmé à l'AFP une source sécuritaire. "Ils arrêtaient les automobilistes qui se dépêchaient de rejoindre Maiduguri" à la nuit tombée. "Parmi les victimes enlevées figurent un sergent de l'armée et sa famille qui revenaient d'un voyage. Deux membres du personnel de la Croix-Rouge ont également été emmenés, ainsi que six habitants partis cueillir des sauterelles en brousse - une friandise locale".

Une seconde source sécuritaire a confirmé l'enlèvement, affirmant que les djihadistes avaient "trompé les automobilistes en montant un faux barrage sur la route près de Jakana".

"Un militaire et sa famille figurent parmi les otages. Deux employés de la Croix-Rouge également", a ajouté cette seconde source.

Dans un communiqué, l'ISWAP a revendiqué "avoir fait 14 prisonniers, dont deux employés de la Croix-Rouge, à un faux point de contrôle installé par ses combattants" dans le Borno, selon le site de surveillance Site Intelligence. Le groupe djihadiste a affirmé avoir "capturé" six soldats nigérians et huit civils chrétiens, dont deux employés de la Croix-Rouge.

L'identité des deux humanitaires restait floue jeudi.

Selon un représentant du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Nigeria joint au téléphone, l'organisation n'était pas en mesure de confirmer s'il s'agissait d'employés de la Croix-Rouge nationale ou du CICR. Des vérifications étaient en cours jeudi.

L'ISWAP est une faction dissidente du groupe djihadiste Boko Haram, qui a commis de nombreuses attaques et attentats contre des civils.

L'insurrection a fait plus de 35.000 morts et deux millions de déplacés dans le nord-est du Nigeria, et s'est étendue aux pays voisins.

L’art pour guérir les maux

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Nigeria- le bidonville flottant de Makoko trouve sa place sur les cartes

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Litige gazier : le Nigeria dépose 200 millions de dollars pour retarder la saisie de 9 milliards d'actifs

Le président nigérian Muhammadu Buhari

Le gouvernement nigérian a indiqué vendredi qu'il avait fait un dépôt de garantie de 200 millions de dollars auprès d'un tribunal britannique, alors qu'il a fait appel de la saisie d'actifs pour un montant de 9 milliards de dollars, dans une affaire de litige gazier.

Le Nigeria est au coeur d'un litige avec la société Process and Industrial Developments Limited (P&ID), une petite entreprise fondée par deux partenaires commerciaux irlandais et enregistrée aux îles Vierges britanniques, au sujet d'un contrat conclu en 2010.

Le contrat prévoyait que le Nigeria verse 300 millions de dollars à P&ID pour débuter la construction d'une usine de traitement de gaz à la pointe de la technologie dans le sud-est du Nigeria, pour produire de l'électricité mais le projet n'a jamais vu le jour.

La société a poursuivi le gouvernement nigérian, l'accusant d'avoir violé l'accord en ne fournissant ni le gaz ni les gazoducs promis.

Une cour commerciale de justice britannique a condamné le Nigeria en août à une saisie de 9,6 milliards de dollars d'actifs en faveur de Process and Industrial Developments Limited, un montant qui représente le cinquième des réserves en devise du pays.

Le Nigeria, géant anglophone de 200 millions d'habitants, riche en hydrocarbures, a fait appel en septembre, à la condition de verser dans les 60 jours une garantie de dépôt d'un montant de 200 millions de dollars.

Le procureur général nigérian Abubakar Malamia a, dans un premier temps, rejeté ces conditions de garantie de dépôt.

Mais son bureau a confirmé vendredi que le gouvernement avait déposé cette "garantie bancaire" de 200 millions qui ne peut être retirée par le tribunal que s'il perdait en appel.

P&ID a confirmé le dépôt de la garantie, dans un communiqué.

L'agence de lutte contre la corruption du Nigeria avait lancé une enquête sur le contrat de P&ID, dénonçant des "activités frauduleuses et criminelles développées pour tirer profit d'un pays en développement".

P&ID avait insisté pour sa part que Lagos cherchait à dénoncer ce contrat pour contourner le jugement du tribunal britannique.

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