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Les défis du développement de l'agriculture au Nigeria

John Buhari-Waziri, coordonnateur général dirige les opérations de la start-up Thrive Agric (VOA/ Gilbert Tamba).

Au Nigeria le développement de l’agriculture reste un défi à relever pour les autorités fédérales. Thrive Agric est une startup qui aide les agriculteurs à bénéficier d'une meilleure technologie pour améliorer leurs rendements.

Plus de 80% des agriculteurs du Nigéria sont des petits exploitants. Ces paysans jouent un rôle prédominant à la contribution au produit intérieur brut (PIB) du pays. Ils représentent la main d’œuvre qui produit 98% des aliments consommés dans le pays.

Mais le développement de l'agriculture se heurte à plusieurs problèmes au Nigeria : le faible accès au crédit, le manque d’infrastructures et de semences de qualité et le peu d’irrigation et de mécanisation. Le régime foncier se révèle aujourd'hui obsolète car il limite l’accès à la terre à 1,8 hectare agricole. Cette situation contraint à l’exode rural de nombreux petits exploitants agricoles qui préfèrent abandonner l'agriculture pour se lancer dans le business de moto taxi ou Okada dans les quartiers aux alentours d’Abuja la capitale fédérale.

Ayouba Samaila, conducteur de moto taxi (VOA / Gilbert Tamba)
Ayouba Samaila, conducteur de moto taxi (VOA / Gilbert Tamba)

Malheureusement le gouvernement ne fait rien pour ces petits agriculteurs comme Ayouba Samaila qui témoigne : "nous n’avions plus d’argent pour acheter de l’engrais donc c’est la raison pour laquelle nous sommes venus à Abuja pour gagner de l’argent. Les engrais coutent très chers et nous n’avons pas de quoi les payer. Si vous cultivez le maïs ou le gingembre, vos cultures risquent de se gâter à cause du manque d’engrais."

Thrive Agric est une startup du secteur de l'agro-technologie au Nigeria, et elle a été l'une des 12 startups sélectionnées par Google. L'objectif de Thrive Agric est d'aider les petits exploitants agricoles à améliorer leurs technologies en vue d’un rendement important.

Uka Eje, co-fondateur de Thrive Agric (VOA / Gilbert Tamba)
Uka Eje, co-fondateur de Thrive Agric (VOA / Gilbert Tamba)

Eje Uka est le co-fondateur de Thrive Agric, pour lui, les cultivateurs ont trois problèmes essentiels : le manque de liquidités, l'absence de systèmes de financement et un très faible rendement agricole.





A ce jour, ce sont plus de 1900 petits exploitants agricoles qui bénéficient de l’assistance de Thrive Agric au Nigeria. John Buhari-Waziri est le coordonnateur général de la start up, il confie qu'il travaille avec Thrive Agric pour acquérir de l’expérience après avoir travaillé pour le gouvernement.

Lancée en 2016, la start up a commencé ses activités au Nigeria. Mais Thrive Agric veut se développer sur le continent pour toucher plus 500 millions de petits exploitants agricoles en Afrique.

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La microfinance nigériane frappée de plein fouet par la pandémie

Siège de la Banque centrale du Nigeria à Abuja, le 22 novembre 2020.

Au Nigeria, l’un des secteurs les plus frappés par la crise est le secteur de la microfinance malgré les mesures prises par le gouvernement fédéral pour aider les petites et moyennes entreprises.

Odo Diego Okenyodo, un entrepreneur nigérian, a été obligé de se tourner vers les institutions de microfinance pour développer son entreprise. Ceux qui lui sont redevables depuis quelques mois pour des services déjà rendus n’arrivent pas à honorer leurs engagements.

"En ce moment, nous sommes obligés de faire un bon auprès des microfinances. Nous voulons agrandir l’entreprise, construire un studio et recruter plus de personnel. Il nous faut emprunter de l’argent. Le gouvernement a un système de crédit en place mais nous n’avions pas eu accès à cela malgré nos efforts", témoigne Odo Diego Okenyodo​

Chez certaines structures de microfinance, les choses ne tournent également pas bien, mais elles ont mis en place des alternatives pour soutenir leurs clients en cette période de crise sanitaire. C'est le cas chez Benjamin Chukwuka, qui dirige une agence de microfinance.

"Ce que nous faisons c’est d’encourager nos clients d’économiser", souligne-t-il. "Et tout ce qu’ils pourront économiser sera utilisé. Certains reviennent pour leur argent en espèce. Pour d'autres, nous utilisons leur argent pour acheter des articles. Deuxièmement, certains clients auxquels nous avions prêté de l’argent durant cette période ont eu des problèmes et leurs affaires ont été fermées. Le remboursement devient ainsi un problème".

Pour les institutions de microfinance, le défi est immense. Compte tenu de la nature de leurs portefeuilles et des activités de leurs clients, les institutions de microfinance et le secteur de l’inclusion financière en général sont affectés par la crise sanitaire, à en croire l'économiste nigérian Odillim Envegbara.

"La majorité des institutions de microfinance sont en crise. Ce qui veut dire qu’elles ne peuvent pas emprunter de l’argent et donc les gens ne viennent pas aussi déposer de l’argent dans les agences. Et cela a eu un impact négatif sur la microfinance", explique-t-il.

La Banque centrale du Nigeria avait décaissé un montant de plus de 50 milliards de Naira (environ 130 millions de dollars) pour des crédits ciblés destinés aux ménages et aux petites et moyennes entreprises touchés par la pandémie.

Problème, seuls 9% des ménages nigérians ont obtenu des prêts auprès de banques et d'institutions de microfinance, depuis mars selon le Bureau national des statistiques.

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