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Burundi

Les Congolais installés à Bujumbura réagissent aux résultats

Felix Tshisekedi, chef du principal parti d'opposition en RDC, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), déclaré vainqueur de l'élection présidentielle, fait signe à ses partisans à Kinshasa, le 10 janvier 2019.

L'élection de l'opposant Félix Tshisekedi à la présidence de la République démocratique du Congo a fait réagir les Congolais au-delà des frontières du pays, notamment au Burundi où de nombreux Congolais se sont installés.

Au micro de notre correspondant à Bujumbura, les Congolais qui habitent au Burundi se sont exprimés sur le ressenti après l'annonce des résultats de la présidentielle en RDC.

"C’est une autre façon pour lui de régner dans le Congo", estime un interlocuteur. "La Cenco vient de dire que les résultats sont vraiment faux et moi aussi, je suis de même avis qu’eux".

Pour cet électeur, l'opposant Fayulu avait davantage de sympathisants que Félix Tshisekedi : "Des foules que Fayulu avait fait à Kisangani, j’étais là, mais quand Félix est venu, il n y avait personne. Et toutes les mamans étaient derrière Fayulu".

"Je vois ca comme une nomination", explique ce militant de l'UDPS. "C’est la continuité de Kabila. Nous ne sommes pas d’accord avec ce qu'il se passe maintenant au Congo".

Ce Congolais est "déçu" car "on a suivi avec tout le monde ce qui s’est passé au Congo, même à Uvira, Bukavu, c’est le nom de Fayulu qui est passe". "Comme Tchisekedi est toujours dans la corruption, il a pris l’argent de Kabila", estime-t-il.

"Nous nous sommes contents", estime un autre Congolais. "Nous serons toujours très contents d’avoir le nouveau président qui est Martin Fayulu. Ce n’est pas Etienne Tchisekedi comme notre président. Il est le président provisoirement. Mais il n’est pas encore président".

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Une permanence du principal parti d'opposition burundais incendiée

Le chef de l'opposition burundaise, Agathon Rwasa, arrive, lors du référendum, à un bureau de vote à Ciri, dans le nord du Burundi, le 17 mai 2018.

Une permanence du Congrès national pour la liberté (CNL), principal parti d'opposition burundais dirigé par Agathon Rwasa, a été incendiée dans la nuit de vendredi à samedi dans la commune de Nyabiraba (ouest) par des inconnus, à la veille de son inauguration.

Vendredi, "vers minuit, le commissaire communal de la police est arrivé à notre permanence et a arrêté les 15 personnes qui veillaient sur notre permanence, puis les a mises au cachot", a expliqué à l'AFP un responsable provincial du parti sous couvert de l’anonymat.

Peu après, "les habitants de la commune ont entendu de nombreux coups de feu autour de notre permanence, qui a été détruite puis incendiée", a-t-il poursuivi. Le local aurait dû être inauguré samedi par le chef du parti, Agathon Rwasa.

Selon des témoignages recueillis par SOS Médias Burundi, un site d'information en ligne de journalistes indépendants, des hommes en tenue de policier étaient présents au moment de la destruction et de l'incendie de la permanence.

L'incendie a été confirmé à l'AFP dimanche par Ferdinand Simbananiye, l'administrateur de la commune de Nyabiraba, située à une vingtaine de kilomètres à l’est de Bujumbura. L'administrateur assure qu'une "enquête est en cours pour identifier les auteurs de ce délit".

Mercredi, la même permanence avait été partiellement incendiée par un groupe d'Imbonerakure, des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, selon le parti CNL et des témoins sur place.

L'administrateur communal, qui est aussi membre du parti au pouvoir, a qualifié de "montage" un enregistrement sonore où on l'entend menacer le propriétaire de cette maison en disant qu'elle sera "détruite" s'il la loue au parti CNL.

Cet enregistrement a été authentifié par des habitants de Nyabiraba, une commune de la province de Bujumbura rural, fief historique d'Agathon Rwasa.

Mercredi, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a dénoncé "les abus généralisés" dont sont victimes les opposants au Burundi à une année des élections générales de 2020, dans un nouveau rapport qui détaille des cas d'opposants (essentiellement des membres du CNL) arrêtés arbitrairement, battus ou tués.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences et la répression qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, selon les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

Libération de membres de l'Église adventiste

Les juges de la Cour constitutionnelle, à Bujumbura, Burundi, 31 mai 2018. (Facebook/iBurundi)

L'Eglise adventiste du 7e jour a annoncé la libération vendredi de deux dirigeants et de 21 membres de sa branche au Burundi, arrêtés début mai pour s'être opposés à une décision gouvernementale de leur imposer un leader, dans un communiqué parvenu samedi à l'AFP.

"Nous avons reçu des nouvelles très encourageantes et sommes heureux d'indiquer que tous les détenus adventistes au Burundi ont été relâchés", a annoncé le bureau de Ted Wilson, président de l'Église adventiste, dans un communiqué daté de Silver Spring aux États-Unis, et parvenu à l'AFP samedi.

"Nous remercions le gouvernement du Burundi pour son rôle, et plus particulièrement l'un des membres du Parlement, Honorable Justin Niyobuhungiro, pour avoir facilité les libérations", poursuit le texte.

Un pasteur de l'église a expliqué sous couvert de l'anonymat qu'un troisième pasteur arrêté mercredi avait lui aussi été remis en liberté.

"Les pasteurs et les autres ont été relâchés hier (vendredi) peu après 18H00, après avoir été entendus par un magistrat du parquet général de la République (...) il a reçu un ordre venu d'en haut de les relâcher", selon la même source, une information confirmée par une source judiciaire.

L'Église adventiste du 7e jour avait dénoncé mercredi le "harcèlement" dont elle fait l'objet de la part du gouvernement du Burundi depuis six mois et l'arrestation du pasteur Lamec Barishinga et d'un de ses adjoints, Lambert Nitunga, accusés de "rébellion".

Les deux prélats avaient été arrêtés parce que Lamec Barishinga, nommé en novembre 2018 comme président de la branche burundaise de cette église, a refusé de céder sa place à son prédécesseur, le pasteur Joseph Ndikubwayo, réputé proche du pouvoir, et que le ministre burundais de l'Intérieur voulait maintenir en fonction.

Dans son communiqué vendredi, l'église dit espérer "une amélioration de cette situation délicate" et appelle ses fidèles à continuer de prier pour qu'une solution soit trouvée.

L'Église adventiste compte quelque 150.000 membres au Burundi et est l'une des plus anciennes du pays.

La justice burundaise saisie les biens d’une trentaine d'opposants et activistes en exil

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La situation de la presse toujours préoccupante selon l’UJB

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Un commissaire de la Céni appelle "à barrer la route" aux médias indépendants

Des journalistes célèbrent la Journée mondiale de la liberté de la presse à Bujumbura au Burundi, le 3 mai 2015. avec du ruban adhésif sur la bouche se rassemblent à l'occasion de

Un commissaire de la Commission électorale nationale indépendante du Burundi (Céni) a appelé mardi à "barrer la route" aux médias indépendants avant les élections de 2020, les accusant d'avoir conduit le pays au "chaos" au cours du processus électoral de 2015,

"Vous avez été témoins des événements de 2015; ce sont surtout les médias indépendants qui avaient reçu de l'étranger la mission de semer le chaos" dans le pays, a accusé Jean Anastase Hicuburundi, commissaire chargé des Opérations électorales et du contentieux au sein de la Céni.

Il a tenu ces propos mardi au cours d'une "réunion d'échange" avec les partis politiques agréés, la société civile et les confessions religieuses, en présence de nombreux journalistes à Bujumbura.

"Ce sont eux qui ont fait qu'on a eu un mouvement de frondeurs au sein du (parti au pouvoir) CNDD-FDD, l'insurrection populaire, les réfugiés et d'autres maux qui ont paralysé le pays", a-t-il énuméré au cours de cette réunion à Bujumbura, selon SOS Médias Burundi, l'un des rares médias indépendants encore présent au Burundi.

Tous ces propos ont été confirmés à l'AFP par deux personnalités présentes sur place.

"Ils ont tout fait pour mettre le pays à genoux", a insisté le membre de la Céni, issu du parti au pouvoir au Burundi.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences et la répression qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

M. Hicuburundi a accusé ces médias d'avoir repris leur oeuvre de déstabilisation à une année des élections générales prévues en 2020.

"Aujourd'hui c'est de l'arrestation des membres du (parti d'opposition) Congrès national pour la liberté dont on parle, demain ils parleront d'autres complots en rapport avec les droits de l'homme", a-t-il dénoncé, demandant "au CNC (Conseil national de la communication, organisme public) de barrer la route à ces médias qui ne veulent pas suivre le schéma tracé par le gouvernement".

Les médias indépendants du Burundi étaient parmi les plus florissants de la région jusqu'à la crise de 2015, où plusieurs radios et télévisions ont été détruites et une centaine de journalistes contraints à l'exil.

Le Burundi occupe la 159e place sur 180 dans le dernier classement RSF de la liberté de la presse.

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