Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

Les combats en Syrie compliquent les efforts internationaux pour une trêve

Le quartier al-Sakhour d'Alep, en Syrie, après des frappes aériennes le 29 avril 2016.

Le refus du régime et des rebelles à Alep et près de Damas de faire taire les armes malgré les pressions des grandes puissances, illustrait mercredi la difficulté de promouvoir un nouveau cessez-le-feu dans la Syrie en guerre.

A la demande de la France et de la Grande-Bretagne, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir à partir de 18H00 GMT pour tenter de trouver les moyens de rétablir la trêve dans Alep qui "brûle" selon les termes de l'ambassadeur britannique aux Nations unies.

Entre temps à Berlin, le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a eu des entretiens avec le coordinateur de l'opposition syrienne Riad Hijab, puis avec l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura et son homologue français Jean-Marc Ayrault.

"Ce qui se passe à Alep (nord) est une tragédie qui nécessite une mobilisation encore plus forte", a dit M. Ayrault qui avec ses partenaires occidentaux appuient les rebelles face au régime du président Bachar al-Assad soutenu lui par la Russie.

Sans une trêve à Alep, 400.000 personnes pourraient fuir vers la Turquie, averti M. de Mistura, alors que la moitié de la population du pays a déjà été poussée à la fuite.

Depuis la reprise le 22 avril des hostilités dans la deuxième ville du pays, en violation d'une trêve entrée en vigueur le 27 février à l'initiative de Washington et Moscou, 284 personnes, dont 57 enfants et 38 femmes, ont péri dans les violences, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les affrontements dans la ville divisée en secteurs rebelles et secteurs pro régime, ont repris de plus belle mardi après qu'une coalition de groupes rebelles, "Fatah Halab" ("la conquête d'Alep") a lancé une offensive sur les quartiers pro régime.

Ces combats étaient "les plus violents à Alep depuis plus d'un an", selon l'OSDH. Ils se sont poursuivis dans la nuit avant une accalmie mercredi dans la journée, selon un correspondant de l'AFP sur place. Mais les habitants n'escomptaient pas un long répit.

'La faute à Al-Nosra'

"Je ne pense pas que les frappes vont s'arrêter", a déclaré Mahmoud Sendeh, un militant de 26 ans habitant un secteur rebelle, alors que la ville d'Alep est devenue le principal champ de bataille de cette guerre qui a fait plus de 270.000 morts depuis 2011.

Le régime a affirmé avoir lancé le 22 avril l'offensive principalement aérienne contre la partie rebelle d'Alep en riposte à des attaques des combattants du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, présents selon lui dans ce secteur.

Cette offensive a fait voler en éclats la trêve qui exclut néanmoins les groupes jihadistes -Front Al-Nosra et Etat islamique- qui eux continuent d'être la cible de frappes du régime syrien, de la Russie et de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

Cette guerre très complexe, déclenchée en mars 2011 par la répression brutale de manifestations pro démocratie, a permis la montée en puissance de ces groupes djihadistes et poussé à l'intervention militaire des puissances étrangères.

"Les parties russe et américaine ont essayé d'introduire une cessation des hostilités dans et autour d'Alep", mais cela "a été empêché par le Front Al-Nosra", a affirmé un porte-parole militaire russe, Igor Konashenkov, à la base aérienne de Hmeimim (ouest) où sont stationnées des forces russes.

"(...) Nous devons tout faire pour que le cessez-le-feu entre en vigueur", a dit le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Outre les destructions et le carnage, l'aide humanitaire ne parvient pas aux quartiers rebelles d'Alep, a indiqué l'ONU en accusant le régime de refuser de laisser passer les convois.

'La population saigne'

"(...) Nous avons besoin d'une fin des bombardements et des combats. C'est une catastrophe. Les docteurs et infirmières se font tuer pendant que la population saigne", a déclaré le président du groupe de travail de l'ONU sur l'aide humanitaire Jan Egeland. "Fuir n'a jamais été aussi difficile que maintenant".

Ailleurs dans le pays, au moins 22 frappes du régime ont visé la Ghouta orientale, le bastion rebelle à l'est de Damas, et les combats ont repris entre soldats et rebelles dès l'expiration dans la nuit d'un cessez-le-feu provisoire, selon l'OSDH.

Face à cette escalade et au blocage du processus de négociations lancé à Genève, les différents acteurs du conflit tentent de sauver la situation.

Outre les réunions à New York et Berlin, M. Ayrault a convié lundi à Paris ses homologues saoudien, qatari, émirati et turc -issus de pays soutenant la rébellion-, et a appelé à une réunion "d'urgence" du "groupe de soutien au processus de paix en Syrie".

"C'est un drame terrible qui se produit là-bas avec des victimes où le régime de Damas porte l'entière responsabilité de ce qui se passe (...)", a dit M. Ayrault à Berlin.

Pour son homologue allemand, "soit nous remettons en piste les efforts de paix (...) soit nous risquons une rechute dans l'explosion de la violence et la poursuite de la guerre civile".

Visée à sa frontière syrienne par des tirs de roquettes meurtriers attribués à l'EI, la Turquie, elle s'est dite prête, à envoyer des troupes en Syrie "si nécessaire". "Nous sommes prêts à prendre toutes les mesures pour nous protéger", a dit son Premier ministre Ahmet Davutoglu.

Avec AFP

Toutes les actualités

L'impact du confinement sur les enfants alarme parents et psychologues

L'impact du confinement sur les enfants alarme parents et psychologues
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:46 0:00

Covid-19: "le pire est à venir" dans les pays en conflit, avertit le chef de l'ONU

António Guterres, le secrétaire général de l'ONU, à Addis Abeba le 8 février 2020.

"Le pire est à venir" dans les pays en conflit, a averti vendredi le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres en relançant son appel à des cessez-le-feu partout dans le monde pour aider à endiguer la progression du Covid-19.

"Il y a une chance pour la paix, mais nous en sommes loin. Le besoin est urgent. La tempête du Covid-19 arrive maintenant sur tous les théâtres de conflit", a-t-il ajouté en présentant un rapport sur les avancées obtenues depuis son appel lancé le 23 mars.

"Le virus a montré à quel point il peut traverser rapidement les frontières, dévaster des pays et bouleverser des vies. Le pire est encore à venir", a souligné le chef de l'ONU.

Selon lui, un "nombre substantiel de parties à des conflits" ont exprimé leur accord à un arrêt des hostilités, notamment au "Cameroun, en Centrafrique, en Colombie, en Libye, en Birmanie, aux Philippines, au Soudan du Sud, au Soudan, en Syrie, en Ukraine et au Yémen".

"Mais un immense fossé demeure entre les déclarations et les actes - transformer les mots en paix sur le terrain et dans la vie des gens", a-t-il déploré, évoquant même des situations "où des conflits se sont intensifiés".

En se félicitant du soutien à son appel de quelque 70 Etats, d'ONG, de représentants de la société civile et de dirigeants religieux, dont le pape François, et d'une pétition ayant réuni plus d'un million de signatures, Antonio Guterres a jugé que des "efforts diplomatiques solides" étaient encore nécessaires.

L'Union européenne "appuie fermement" cet appel, et exhorte "tous ceux qui sont impliqués dans des conflits armés partout dans le monde à s'engager dans des efforts pour trouver une solution politique", a réagi vendredi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

"Pour faire taire les armes, nous devons élever les voix pour la paix", a encore déclaré Antonio Guterres, sans mentionner le Conseil de sécurité de l'ONU, qui reste empêtré dans des divisions entre les Etats-Unis et la Chine, selon des diplomates.

Depuis le début de la crise, le Conseil n'a pas tenu une seule réunion consacrée au Covid-19, ni produit une déclaration ou résolution commune.

L'Assemblée générale de l'ONU a été jeudi la première enceinte de l'organisation à sortir du silence en adoptant par consensus une résolution appelant à une "coopération internationale" et au "multilatéralisme" pour affronter de manière unie la pandémie et non plus dans la dispersion.

"Dans ces circonstances particulièrement difficiles, je lance un appel spécial à tous les pays ayant de l'influence sur des parties en guerre afin qu'elles fassent tout ce qui est possible pour que les cessez-le-feu deviennent réalité", a aussi dit Antonio Guterres.

Il n'a pas cité de pays en particulier, mais plusieurs Etats se livrent, parfois depuis des années, des conflits par procuration, en Syrie, en Libye ou au Yémen.

"J'appelle tous ceux qui peuvent faire une différence à faire cette différence: exhorter et faire pression sur les combattants dans le monde pour qu'ils lâchent leurs armes", a-t-il insisté.

Melania Trump passe un coup de fil à Brigitte Macron

Les premières dames américaine et française Melania Trump et Brigitte Macron sur les marches du Palais de l’Elysée à Paris, le 10 novembre 2018, lors des commémorations du centenaire marquant la fin de la Première Guerre mondiale. (AP Photo/Jacquelyn Martin)

La Première dame des Etats-Unis Melania Trump a exprimé vendredi, lors d'un échange téléphonique avec Brigitte Macron, la solidarité de son pays avec la France.

L'épouse de Donald Trump a transmis à l'épouse d'Emmanuel Macron ses condoléances "pour ceux qui ont perdu la vie en raison du coronavirus en France", a indiqué la Maison Blanche dans un compte-rendu de l'appel.

"Elle a également réaffirmé que les Etats-Unis étaient aux côtés des Français et s'est dite optimiste sur la capacité (des deux pays) à surmonter ensemble cette période difficile", ajoute le texte.

Les deux femmes, qui se sont rencontrées à de nombreuses reprises, ont prévu de rester en contact au cours "des jours et des semaines" à venir.

Combien de temps le virus peut-il survivre sur des surfaces et des objets ?

Combien de temps le virus peut-il survivre sur des surfaces et des objets ?
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:15 0:00

Un commandant américain limogé après avoir alerté sur le Covid-19 à bord d'un porte-avions nucléaire

Le USS Theodore Roosevelt à l'entrée du port de Da Nang, au Vietnam, le 5 mars 2020. (Photo: Reuters)

Le commandant du porte-avions nucléaire américain USS Theodore Roosevelt, qui avait lancé un appel aux accents dramatiques pour faire évacuer son navire contaminé par le coronavirus, a été démis de ses fonctions, a annoncé jeudi le secrétaire à l'US Navy, Thomas Modly.

"Nous ne sommes pas en guerre. Il n'y a aucune raison que des marins meurent", avait écrit le capitaine de vaisseau Brett Crozier dans une lettre à sa hiérarchie publiée mardi par le San Francisco Chronicle.

"Nous ne sommes peut-être pas en guerre dans le sens traditionnel du mot, mais nous ne sommes pas non plus complètement en paix", a noté M. Modly au cours d'une conférence de presse. "Et nous demandons à nos commandants de faire preuve de jugement, de maturité, de leadership et de calme sous la pression."

Or le commandant Crozier a "fait preuve d'un très mauvais jugement en période de crise", a-t-il jugé.

Il sera remplacé par son prédécesseur immédiat, le vice-amiral Carlos Sardiello, qui lui avait transmis le commandement du Theodore Roosevelt en novembre dernier et qui connait donc parfaitement le navire.

"Le commandant Crozier a laissé la complexité du défi posé par l'épidémie de Covid à bord prendre le dessus sur son professionnalisme, au moment où le plus urgent était d'agir avec professionnalisme", a estimé M. Modly.

"Je ne doute absolument pas que le commandant Crozier ait fait ce qu'il croyait nécessaire pour le bien-être de son équipage", a-t-il poursuivi.

Mais cette lettre et l'écho qu'elle a recueilli ont "alarmé inutilement les familles de nos marins", a-t-il regretté. Elle a aussi "semé le doute sur les capacités et la sécurité opérationnelles du navire, ce qui aurait pu encourager nos adversaires à en profiter".

"C'est pour ces raisons que j'ai perdu confiance dans sa capacité à continuer à commander ce navire de guerre alors qu'il combat ce virus pour remettre l'équipage sur pied", a-t-il conclu.

Le secrétaire à l'US Navy a souligné que ce n'était pas le fait que le commandant du porte-avion ait lancé une alerte qui méritait son limogeage, mais le fait qu'il ait envoyé un e-mail aussi alarmiste au commandement régional avec une trentaine de personnes en copie.

C'est ce qui a apparemment permis que la lettre soit parvenue au San Francisco Chronicle, a-t-il ajouté sans accuser directement le commandant de l'avoir fait fuiter lui-même.

L'US Navy a commencé à évacuer les trois quarts de l'équipage du Theodore Roosevelt, un porte-avions nucléaire immobilisé à Guam depuis le 28 mars.

Les marins malades ou testés positifs seront placés en quarantaine sur la grande base navale américaine de Guam, qui abrite plusieurs milliers de marins et leurs familles, et ceux qui ne sont pas atteints par le coronavirus dans des hôtels de l'île, pour donner plus d'espace au millier de marins restant à bord et leur permettre de respecter une certaine distanciation sociale.

Le nombre de marins testés positif au Covid-19 est désormais de 114 et "il y en aura probablement des centaines", a indiqué M. Modly, soulignant qu'aucun des marins n'était gravement malade.

Le coronavirus représente un dilemme pour l'armée américaine, qui est fortement mobilisée aux Etats-Unis, où elle participe aux efforts du gouvernement fédéral pour lutter contre l'épidémie, mais qui veut rester opérationnelle pour continuer à démontrer la puissance militaire des Etats-unis à l'étranger.

Voir plus

XS
SM
MD
LG