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Déceptions à Bangui après l'absence d'inculpation de soldats français accusés de viol


La base militaire française Sangaris, à Bangui, le 31 octobre 2016.

En RCA, c’est la consternation au lendemain de l’annonce de la justice française au sujet de l’enquête sur des cas de viols présumés sur mineures dont sont accusés des soldats de Sangaris. La justice française a déclaré n’avoir pas trouvé de preuves.

Les investigations des juges d'instruction français sur des accusations de viols perpétrés sur des mineurs n’ont abouti à aucune inculpation. L'enquête menée concernait les accusations portées à partir de 2014 contre des soldats de la force Sangaris.

L’annonce de la justice française a suscité de nombreuses réactions dans la capitale centrafricaine. Pour les Centrafricains, la France n’a pas joué franc-jeu dans cette affaire.

La société civile centrafricaine affirme ne pas partager ce point de vue sur l’absence d'éléments de preuves.

L’avocat Barthélémy Mathias Morouba, président de l'Observatoire Centrafricain des droits de l'homme, propose que les victimes soient entendues de nouveau. "Nous estimons que nous avons des victimes à Bangui qui attendent que la justice soit rendue", explique-t-il.

Pour Apollinaire Mbessa, député de Dédé Mokouba, ce ne sont pas les preuves qui manquent. "Ce sujet ne peut pas être nié, c'est une réalité", insiste-il.

Les autorités centrafricaines se réservent encore de tout commentaire. Présentée comme un "succès" par le ministère français de la défense, l’opération Sangaris a quitté la Centrafrique, fin octobre 2016, en laissant derrière elle plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles, y compris sur des mineur(e)s.

Depuis mai 2015, trois juges d'instruction étaient saisis d'une enquête pour viols sur mineurs de moins de 15 ans par personne abusant de l'autorité conférée par leurs fonctions et complicité de ces viols.

Des soldats de la force française Sangaris, déployée en Centrafrique de décembre 2013 à octobre 2016 pour restaurer la sécurité dans un pays en proie au chaos et aux violences intercommunautaires, étaient accusés d'avoir abusé sexuellement, entre décembre 2013 et juin 2014, d'enfants centrafricains dans le camp de déplacés de M'Poko, près de l'aéroport de Bangui, en échange de nourriture ou de petites sommes d'argent.

Freeman Sipila, correspondant à Bangui

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