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Les célébrations de Nouvel An 2017 endeuillées par un attentat en Turquie


La police enquête sur les lieux de l'attentat, près de la boîte de nuit à Istanbul, le 1er janvier 2017.

Une "attaque terroriste" contre une discothèque à Istanbul a fait 39 morts, dont au moins 15 étrangers, endeuillant d'emblée une entrée dans l'année 2017 placée sous haute sécurité dans de nombreux pays après un millésime 2016 ensanglanté par les attentats.

L'attentat tant redouté a eu lieu dans une emblématique boîte de nuit stambouliote, le Reina, où au moins un assaillant déguisé en père Noël a tiré sur les personnes venues fêter le Nouvel an.

Dimanche matin, l'auteur présumé de l'attaque, qui a fait 65 blessés, était toujours recherché.

D'après une chaîne de télévision locale, certaines des 700 à 800 personnes qui se trouvaient dans la boîte de nuit ont plongé dans le Bosphore pour échapper aux tirs.

Après les multiples attentats et le coup d'Etat manqué l'été dernier, la Turquie avait pris d'importantes mesures de sécurité pour la soirée, avec des contrôles de police musclés et des policiers eux aussi déguisés en père Noël au sein des foules.

Avant ces morts d'Istanbul, le monde avait entamé sa bascule vers 2017 par un feu d'artifice géant à Sydney. Puis le Nouvel An a été célébré à travers l'Asie, le Proche-Orient, l'Afrique, l'Europe et l'Amérique.

En 2016, à Nice (France, 86 morts) et Berlin (12 morts), des rassemblements avaient été pris pour cible par des camions béliers, dans un scénario particulièrement redouté pour cette Saint-Sylvestre.

Bagdad, Ouagadougou, Istanbul, Orlando, Bruxelles... La liste est longue des autres villes frappées par les attaques aveugles en 2016.

Merkel: appel à la 'compassion'

Sydney a été la première métropole à lancer le compte à rebours dans une douceur estivale: à minuit (13h00 GMT), plus de 1,5 million de spectateurs ont découvert une féérie pyrotechnique au-dessus de l'emblématique baie et de son opéra.

A Tokyo, des ballons ont été lâchés par milliers alors qu'à Séoul, un demi-million de Coréens ont manifesté, bougies à la main, pour réclamer le départ immédiat de la présidente destituée Park Geun-Hye.

A Rome, le pape François a plaidé, lors des vêpres, en faveur des jeunes: "Si nous voulons viser un avenir qui soit digne d'eux, nous ne pourrons l'atteindre qu'en pariant sur une vraie inclusion", notamment par le "travail".

Sur tous les continents, la sécurité était au coeur des préoccupations.

A New York, près d'un million de personnes ont assisté à la traditionnelle "tombée de la boule" sur Times Square.

C'est le maire démocrate de +Big Apple+, Bill de Blasio, accompagné du secrétaire général des Nations unies sortant, Ban Ki-moon, qui ont appuyé sur le bouton précipitant la chute de la boule, un des grands rites du Nouvel An qui attire chaque année des touristes du monde entier.

La police new-yorkaise avait renforcé les mesures de sécurité: quelque 7.000 policiers et des dizaines de camions-poubelle avaient été déployés à des endroits "stratégiques" pour empêcher tout véhicule de se lancer sur la foule.

A Berlin, blocs de béton et véhicules blindés avaient aussi été placés aux abords de la Porte de Brandebourg, au-dessus de laquelle un feu d'artifice a été tiré, alors que Angela Merkel a appelé les Allemands à la "compassion" et la "cohésion" face aux "assassins remplis de haine".

Deux Nouvel An à Chypre

A Paris, après un Nouvel An 2016 endeuillé par les attentats du 13 novembre 2015, un demi-million de personnes sont venues sur les Champs-Elysées, pour un feu d'artifice et un spectacle son et lumières.

"Nous n'en avons pas terminé avec le fléau du terrorisme", avait déclaré plus tôt le président François Hollande lors de ses voeux.

A Moscou, la Place Rouge avait été fermée au grand public et son accès limité à 6.000 invités. Les "difficultés" de 2016 "nous ont permis de nous rassembler", a estimé le président Vladimir Poutine dans ses voeux.

A Nicosie, capitale de l'île méditerranéenne de Chypre divisée depuis 1974, plusieurs dizaines de personnes ont profité du décalage horaire entre les parties nord et sud pour célébrer deux fois le passage à 2017. "Une sorte de protestation pacifique", a expliqué Michalis Tsiknakis, un de ses organisateurs.

En Tunisie, unique pays rescapé du Printemps arabe d'il y a six ans, le président Béji Caïd Essebsi s'est efforcé lui de délivrer des voeux "optimistes". "2017 sera l'année du décollage", a-t-il assuré.

27 morts à Bagdad

A Rio, plus de deux millions de personnes ont assisté au traditionnel feu d'artifice, sur la plage de Copacabana. Crise oblige, le spectacle a été raccourci cette année.

L'Amérique est le dernier continent à basculer dans cette nouvelle année qui s'annonce pleine d'inconnues, avec notamment l'arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, qui a souhaité sur Twitter une bonne année "à tous, même à (ses) nombreux ennemis".

Incertitude aussi sur l'issue du conflit en Syrie dont l'onde de choc se propage depuis près de six ans au-delà du Proche-Orient et où un cessez-le-feu partiel vient d'entrer en vigueur.

"Les deux dernières années, je ne suis pas sorti pour la nouvelle année. Cette fois ci, je vais faire la fête", a lancé Abdel Wahab Qabbani, un étudiant d'Alep âgé de 20 ans, déterminé à aborder 2017 avec optimisme.

Du côté de l'Irak, la capitale, Bagdad, a été elle frappée par un double attentat suicide, qui a fait au moins 27 morts.

Mais les Irakiens voulaient pourtant célébrer la nouvelle année. "Cette nuit est à la fête... Tout le monde peut faire ce qu'il veut et tout le monde s'en moque. Nous avons besoin d'une nuit comme celle ci, l'Irak en a besoin", a confié Fadhel al-Araji, un Irakien de 21 ans.

Avec AFP

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