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Tchad

Les autorités tchadiennes accordent une amnistie à plus de 250 ex-rebelles et exilés

Mise en liberté des prisonniers graciés au Tchad, le 1er décembre 2021.

Le gouvernement de transition a annoncé l'amnestie générale à 257 prisonniers après un conseil des ministres présidé par Mahamat Idriss Deby. Cette amnistie devra permettre d’organiser un dialogue national inclusif.

Cette décision concerne 257 personnes condamnées pour des faits d’acte de terrorisme, de complicité, de recrutement et d’enrôlement des mineurs dans les groupes armés et 39 autres condamnés pour des faits d’atteintes à l’intégrité de l’État et de délits d’opinion.

Pour Abdéramane Koullamalah, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, cette décision s’inscrit dans la logique de l’appel lancé, par le chef de l’État, à l’endroit des groupes politico-militaires pour participer à la construction d’un Tchad nouveau.

"En application de cet engagement et afin de parachever les conditions d’une réconciliation sincère et intégrale des filles et fils du Tchad, il est apparu indispensable de faire table rase des vestiges hérités des périodes sombres de notre pays en accordant une amnistie générale à ceux qui, pour une raison ou une autre, avaient choisi la voie de l’exil et/ou de la violence pour exprimer leurs divergences politiques", a déclaré le porte-parole du gouvernement.

Abdéramane Koullamalah ministre de la communication porte-parole du gouvernement, le 1er décembre 2021. (VOA/André Kodmadjingar)
Abdéramane Koullamalah ministre de la communication porte-parole du gouvernement, le 1er décembre 2021. (VOA/André Kodmadjingar)

Béral Mbaikoubou, conseiller de la République, salue cette décision qui pour lui est un pas de franchi vers le dialogue. Il craint toutefois que ce geste serve de mauvais exemple à ceux qui veulent faire de la guerre une culture de rente.

"On ne peut pas se permettre de prendre des armes comme première solution à nos problèmes en comptant sur l’impunité qui finit toujours par s’arranger lors de ce genre de discussions", a souligné Béral Mbaikoubou.

Pour l’opposant Dr Nasra Djimasngar, secrétaire général du parti Un Nouveau Jour, c’est un geste d’apaisement mais qui ne règle pas le problème du fond.

Il estime que le pardon doit être accordé par ceux qui ont subi les affres de la guerre dans leur chair.

"Amnistier veut dire pardonner et s’ils ont le pardon par rapport à tout ce qu’ils ont commis, mais le dialogue n’a pas de sens. N’oubliez pas que le problème du Tchad n’est basé que sur la prise du pouvoir par les armes à travers les rébellions et cette question sera au centre des débats", a déclaré Dr Nasra Djimasngar.

Mahamat Dingadimbaye coordonnateur de la CASIDHO, le 1er décembre 2021. (VOA/André Kodmadjingar)
Mahamat Dingadimbaye coordonnateur de la CASIDHO, le 1er décembre 2021. (VOA/André Kodmadjingar)

Bor Gogoto, un autre conseiller de la République, ne partage pas cet avis.

"Après le décès du maréchal, les Tchadiens ont décidé d’aller au dialogue pour se dire un certain nombres de vérités, de se pardonner pour aller sur de nouvelles bases. Et si déjà on libère ces gens, c’est salutaire", insiste-t-il.

Mahamat Dingadimbaye, coordonnateur d’une ONG tchadienne, prend acte de la décision qui est l’une des conditions des personnalités politiques et militaires et des exilés politiques pour leur participation au dialogue national inclusif.

Il invite les politico-militaires et aux exilés politiques de prendre la balle au rebond et de rentrer pour participer à de dialogue.

A ce jour, aucune date n’est retenue pour cette messe politique alors que dans la feuille de route élaborée par le gouvernement de transition il est prévu l'organisation de ce dialogue entre novembre et décembre de l’année en cours.

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Les autorités tchadiennes de transition annulent un décret contesté

Au Tchad, les autorités de transition annulent un décret contesté, le 12 janvier 2022. (VOA/André Kodmadjingar)

Le président militaire de la transition Mahamat Idriss Déby a annulé un acte qu’il a lui-même signé le 31 décembre 2021, nommant plusieurs personnalités a des postes de commandement. Le décret qui vient d’être annulé a été critiqué par les énarques, qui se sentent lésés dans leur droit.

D’abord se sont les énarques, intégrés et mis à la disposition du ministère de l’Administration du territoire, qui étaient les premiers à sortir de leur silence.

"Quand il y a un projet de nomination au ministère de l’Administration du territoire, les hommes politiques envoient les noms de leurs militants pour demander des postes au détriment des énarques formés dans une école de renom comme l’ENA, École nationale d’administration", ont-ils affirmé en dénonçant dans l’anonymat.

"Nous disons non, unanimement non, nos droits sont bafoués, il faudrait que ces gens-là changent, qu’ils cessent avec ces pratiques malsaines", a décrié un de ces énarques, qui ajoute qu'ils avaient écrit au ministre de l’administration du territoire à plusieurs reprises et qu'une liste de personnes qualifiées qui lui avait été remise n'a pas été prise en considération.

Le mécontentement des énarques semble être entendu par les autorités de transition. Neuf jours après la publication de ce décret contesté, le président du Conseil militaire de transition recule. Il a annulé purement et simplement son acte.

Une décision sage, selon les juristes, qui estiment que ce décret n'aurait même pas dû être pris puisque le poste des sous-préfet a été supprimé en 2018.

"En principe, dans un pays normal, le Premier ministre aurait démissionné, ou on devait le faire démissionner. Parce que c’est très grave de faire signer un décret sans objet. C’est dommage pour une administration qui est tellement légère", a déclaré Dr Sitack Yombatina Beni, enseignant chercheur à l’ENA.

Dr Sitack Yombatina Beni enseignant-chercheur à l'École nationale d'administration du Tchad, le 12 janvier 2022.
Dr Sitack Yombatina Beni enseignant-chercheur à l'École nationale d'administration du Tchad, le 12 janvier 2022.

"Dans les ordonnances qui régissent les collectivités territoriales décentralisées, il faut une loi pour créer les unités administratives. A ce jour, il n’y a pas de loi dans ce sens et donc on ne peut pas nommer les gens parce que les limites ne sont pas tracées", a expliqué le juriste.

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