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La profanation d'une église met en péril la journée nationale de prière au Tchad


Monseigneur Edmond Djitangar Archevêque Métropolitain de N'Djamena, le 20 octobre 2017.

Plusieurs organisations religieuses et laïques condamnent fermement la profanation de la paroisse Bienheureux Isidore Bakandja et l’agression de son curé, abbé Simon-Pierre Madou, par des militaires.

L’Union des Cadres Chrétiens du Tchad (UCCT), une organisation laïque affiliée à l’archidiocèse de N’Djamena, annonce qu’elle ne participera pas à la journée du 28 novembre dédiée à la cohabitation pacifique de la plateforme interconfessionnelle.

"En tant que chrétien, ça serait de l’hypocrisie de prendre part à la journée de prière du 28 novembre", a déclaré Djimhodoum Edmond, secrétaire général adjoint de l’UCCT.

Il confirme que son "organisation suit de près ce problème, et que si le gouvernement ne réagit pas vite, l’Union des cadres chrétiens du Tchad va se constituer en partie pour poursuivre les acteurs et les complices de cet acte odieux".

L'UCCT interpelle le ministre de la Justice et celui chargé de la Défense nationale de retrouver les auteurs de ce sacrilège et les punir conformément aux lois en vigueur.

Pour sa part, le président de l’Union nationale des jeunes étudiants chrétiens et musulmans des universités du Tchad, Toubou Mahamat Bakhit, exhorte les jeunes chrétiens à ne pas boycotter cette journée dédiée à la prière pour la nation tchadienne.

"Envoyer des militaires pour aller violer les lieux de culte, c’est un conflit bien organisé", déplore Toubou Mahamat Bakhit.

C’est un acte condamnable mais en tant qu’acteur de la paix et de la cohabitation pacifique, Toubou Mahamat Bakhit demande aux membres de l’UCCT de prendre conscience et de participer à la journée de la prière.

L’Entente des églises et missions évangéliques au Tchad, membre de la plateforme interconfessionnelle, exprime sa solidarité avec l’église catholique et interpelle l’Etat sur le strict respect de la laïcité et des lieux de culte. Indépendamment de l’incident, l’église catholique dit être en train de repenser l’observation de cette journée de prière.

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Pour Monseigneur Edmond Djitangar, archevêque métropolitain de N’Djamena, l’église catholique a commencé à réfléchir depuis un an déjà sur la question mais les autres confessions n’ont peut-être pas très bien saisi les enjeux.

"Nous sommes en période de transition et donc certaines formes d’activités ou d’institutions doivent être révisées. Nous demandons aux autres de faire la même chose pour qu’on puisse engager véritablement un dialogue afin de trouver une bonne formule sinon chaque confession religieuse va célébrer cette journée de sa manière à l’avenir. Pour cette édition, nous célébrerons dans nos églises", a tranché le chef de l’église catholique du Tchad.

Une messe à N'Djamena, le 20 octobre 2017. (VOA/André Kodmadjingar).
Une messe à N'Djamena, le 20 octobre 2017. (VOA/André Kodmadjingar).

La journée du 28 novembre a été instituée en 2011 par le défunt président Idriss Deby. Les fidèles catholiques, protestants et musulmans constitués en une plateforme interconfessionnelle se réunissent pour prier pour la paix et la concorde nationale.

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