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Coronavirus: entrée en vigueur du verrouillage de la capitale tchadienne


Les voyages clandestins se pratiques de plus belle dans la capitale du Tchad, le 8 mai 2020. (VOA/André Kodmadjingar).

A partir de vendredi, le port de masques est obligatoire; l’organisation de funérailles est interdite, tout comme les sorties et entrées dans la ville de N’Djamena. Le couvre-feu est instauré dans les provinces. Des mesures appréciées par les citoyens rencontrés dans la rue de la capitale.

N’Djamena, la capitale tchadienne est bouclée à partir du 8 mai. Pas d’entrée, pas de sortie mais une dérogation est faite aux véhicules transportant les marchandises et les denrées alimentaires.

Le port de cache-nez est obligatoire. Les cérémonies des deuils et de transport des corps sans vie d’une ville à l’autre sont également interdites pour une durée de deux semaines renouvelables.

"Chaque jour quand on écoute à la radio qu’il y a tel nombre des gens confinés, il n’y avait pas encore mort d’homme donc il devrait prendre cette mesure bien avant. En tout cas je ne suis pas contre mais, c’est avec beaucoup de retard quand même", estime une Tchadienne.

Un autre estime que le gouvernement est dans son rôle de protéger sa population tout en déplorant le manque de mesures d’accompagnement. "C’est un confinement qui ne dit pas son nom, mais il n’y a pas à manger", souligne un passant.

Un peu plus loin, un autre monsieur trouve "salutaire cette décision". Pour lui, "la ville de N’Djamena devrait être bouclée dès la première semaine du mois de mai".

A la veille de l’application de cette mesure à N’Djamena, considérée comme un foyer de contamination communautaire, l'exode vers les villages bat son plein.

C’est le cas de cette jeune dame qui attend un véhicule à la gare routière pour se rendre dans le sud du Tchad.

"Si vous nous confinez ici, on va manger quoi ? Il faut distribuer à manger aux gens", s'exclame-t-elle. "Au village au moins on pourra manger les fruits et les légumes, mais ici il y a rien à manger", ajoute-t-elle.

Montana Ndinaromtan, syndicaliste et technicien des laboratoires, au Tchad, le 8 mai 2020. (VOA/André Kodmadjingar).
Montana Ndinaromtan, syndicaliste et technicien des laboratoires, au Tchad, le 8 mai 2020. (VOA/André Kodmadjingar).


Montana Ndinaromtan, syndicaliste et technicien de laboratoire, invite la population à observer strictement ces mesures car c'est le seul moyen de rompre la chaine de contamination.

"Quand il y a mouvement de la population, le risque de contamination est plus élevé parce que la chaine est là. Donc en prenant cette décision, le gouvernement cherche à rompre cette chaine de transmission", soutient-il​.

Pour le sociologue Mbété Félix, le gouvernement aurait dû prendre cette décision il y a bien longtemps, avant toutes les autres mesures barrières. Car, pour lui, le foyer principal est N’Djamena.

Le sociologue estime que les risques de contamination à travers le transport des dépouilles mortelles sont très élevés."Aujourd’hui on commence déjà à signaler quelques cas en province, mais c’est parti de N’Djamena. Ces mesures sont des pilules très amères qu’il faut toutefois avaler. Comme on dit, aux grands maux, les grands remèdes", souligne-t-il.


Pour Dr Sitack Yombatina Béni, juriste et enseignant chercheur, l’arrêté réglementant l’entrée et la sortie de N’Djaména et dans certaines provinces pose un problème de droit.

Car, explique-t-il, selon les lois du Tchad, l’état d’urgence prononcé par l'exécutif a une limite de 21 jours. Il faut un vote de l'Assemblée nationale pour aller au-delà.

"Or l’arrêté qui vient d’être pris vous donne un délai de deux semaines, plus les dix ou onze jours que nous venons de franchir, nous sommes au-delà. Donc c’est un arrêté qu’il faut rapporter parce que ça vient contredire le décret qu’il cite. Ce n’est pas qu’on ne veut pas lutter contre le covid 19 mais il faut que tout ce qui doit se faire se fasse de manière légale", a précisé le juriste.

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