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Burkina-Faso

Les associations dénoncent le nouveau code pénal "liberticide" burkinabè

La devanture du Conseil supérieur de la communication (CSC), Ouagadougou, le 12 août 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Le président du Faso a promulgué la semaine dernière le nouveau code pénal du pays.  La nouvelle disposition punie la divulgation de certaines informations liées aux actes de terrorisme.

Des organisations professionnelles de médias et des défenseurs des droits humains estiment que le nouveau code pénal est une entrave à la liberté de presse et d’expression.

Le président Roch Marc Christian Kaboré a promulgué la semaine dernière le nouveau code pénal
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Le nouveau code pénal porte sur quatre principales infractions: "la participation à une entreprise de démoralisation des forces de défense et de sécurité, la publication d‘une fausse information de nature à faire croire qu’une destruction de biens ou une atteinte aux personnes a été commise, la publication et la diffusion d’informations relatives aux déplacements, à la position géographique, aux armes des Forces de défense et de sécurité de nature à porter atteinte à l’ordre public ou à la sécurité des personnes et des biens et enfin la publication en direct d’images ou sons de nature à compromettre le déroulement d’une opération ou d’une intervention des Forces de défense et de sécurité en cas de commission d’actes de terrorisme".

"Elle n’est pas seulement liberticide pour la presse, mais elle est aussi liberticide pour le citoyen lui-même dans le cadre de l’exercice du droit constitutionnel à l’information mais également aussi la liberté d’expression qui est reconnue par la même constitution", a dit Boureima Ouédraogo, directeur de publication du journal d’investigation Le reporter et président de la Société des éditeurs de presse privée.​

Il poursuit : "Cette loi ainsi adoptée et promulguée risque de créer beaucoup plus de soucis qu’elle ne résoudra parce que je vois mal un journaliste qui se mettrait en retrait par rapport à une question d’attaque terroriste sous prétexte qu’une loi a été adoptée et peut me l’empêcher".

Pour les organisations de défense des droits humains il y a véritablement "atteinte aux libertés et aux droits humains".

Urbain Yaméogo, Directeur exécutif du Centre d’information et de formation en matière des droits humains en Afrique (CIFDHA), Ouagadougou, le 12 août 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Urbain Yaméogo, Directeur exécutif du Centre d’information et de formation en matière des droits humains en Afrique (CIFDHA), Ouagadougou, le 12 août 2019. (VOA/Lamine Traoré)

"La liberté d’expression, la liberté d’opinion, la liberté de presse et le droit à l’information des citoyens qui sont reconnus aussi bien dans notre constitution que dans différents instruments que le Burkina a ratifiés notamment l’article 19 du pacte international relatif aux droits civils et politiques", a déclaré Urbain Yaméogo, Directeur exécutif du Centre d’information et de formation en matière des droits humains en Afrique (CIFDHA).

La loi a été promulguée par le Président du Faso Roch Kaboré le 31 juillet et le décret a été publié dans un numéro spécial du Journal officiel, le 1er août. Cela n’est pas une surprise du point de vue de la forme.

Siaka Coulibaly, analyste politique, Ouagadougou, le 12 août 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Siaka Coulibaly, analyste politique, Ouagadougou, le 12 août 2019. (VOA/Lamine Traoré)

"Le chef de l’Etat ne peut pas contredire un projet qui a été mûri au sein de son équipe gouvernementale. Cela donne encore plus d’espace à l’arbitraire parce qu’il reviendra aux acteurs du système judiciaire de déterminer en quoi une information devient attentatoire à l’ordre public? On aura une situation de recul du point de vue des libertés", a expliqué l’analyste politique Siaka Coulibaly.

Les quatre infractions de ce nouveau code pénal sont punies chacune d’une peine d’emprisonnement de 1 à 10 ans et d’une amende de 300.000 à 2 millions de francs CFA. La peine peut aussi être lourde. Un emprisonnement de 5 à 10 ans et une amende de 5 millions à 10 millions de francs CFA.

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L’opposition burkinabè demande la démission du gouvernement

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Kaboré doit tirer les conséquences de son échec à défendre le territoire, selon un opposant

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L'opposition burkinabé demande la démission du gouvernement après l'attaque mortelle de lundi

Des soldats burkinabés effectuent un exercice de rechargement tactique près de Po, au Burkina Faso, le 17 février 2019.

24 morts, 7 blessés et 5 disparus: l'attaque qui a frappé une base militaire dans le nord du Burkina Faso lundi est la plus meurtrière jamais subie par l'armée burkinabè dans sa confrontation avec les groupes jihadistes depuis 2015, conduisant l'opposition à réclamer la démission du gouvernement.

L'état-major général des armées burkinabè a actualisé mardi, dans un communiqué, le bilan de l'attaque, attribuée à des jihadistes, qui a frappé lundi à l'aube le détachement militaire de Koutougou, dans la province du Soum. Son précédent bilan lundi faisait état d'une dizaine de militaires tués et de plusieurs blessés.

Un "conseil de défense extraordinaire" était en cours mardi au palais présidentiel à Ouagadougou, a indiqué une source sécuritaire à l'AFP.

Selon cette source, ce sont "plusieurs dizaines de terroristes à bord de motos et de pick-up" qui ont attaqué le camp. "C'est visiblement une attaque bien préparée et coordonnée par plusieurs groupes terroristes. Ils ont tiré à l'arme lourde sur le camp de base, notamment des roquettes qui ont incendié plusieurs installations, des moyens roulants et de l'armement", a précisé cette source.

Jusque-là, la plus grave attaque jihadiste perpétrée contre l'armée burkinabé avait fait 12 morts à Nassoumbou, dans la même province du Soum, en décembre 2016. Une quarantaine d'assaillants, là aussi à bord de pick-up et de motos, avaient attaqué un poste militaire situé à une trentaine de kilomètres du Mali.

L'armée burkinabè avait aussi subi un revers sans précédent en mars 2018, quand une attaque jihadiste avait dévasté son état-major général, en plein centre de la capitale Ouagadougou, faisant huit morts.

Pays sahélien pauvre d'Afrique de l'Ouest, le Burkina Faso s'enfonce depuis quatre ans et demi dans une spirale de violences, attribuées à une douzaine de groupes jihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d'autres au groupe Etat islamique.

Les attaques islamistes, de plus en plus fréquentes et meurtrières, en particulier dans le nord et l'est du pays, ont fait plus de 500 morts.

"Gouvernement dépassé"

Le principal parti d'opposition du Burkina Faso, l'Union pour le progrès et le changement (UPC), a demandé mardi la démission du gouvernement, le jugeant incapable de faire face à la situation.

"Le gouvernement Dabire a complètement échoué". "L'UPC demande la démission pure et simple du gouvernement", "et la nomination par le président Roch Kabore d'une nouvelle équipe qui aura pour mission première la défense de l'intégrité territoriale et la sécurité des Burkinabè", a déclaré le mouvement dans un communiqué.

Selon ce parti dirigé par Zéphyrin Diabré, l'équipe gouvernementale est "dépassée par la tournure des événements" et "croise à présent les bras, attendant ce que le hasard fera d'eux et des Burkinabè".

Les forces de défense et de sécurité burkinabè, manquant de moyens, semblent incapables d'enrayer les attaques, et les jihadistes étendent leur influence sur des zones de plus en plus grandes. Ils disposeraient de plusieurs centaines de militants armés dans le pays, avait confié en mai une source militaire française à l'AFP.

Une nouvelle attaque fait au moins 15 morts
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Cinq Etats du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad - le G5 Sahel) ont constitué une force militaire multinationale pour lutter contre les multiples groupes jihadistes qui sévissent dans la région, mais cette force peine à monter en puissance.

Mi-juillet, les autorités burkinabè ont prorogé de six mois l'état d'urgence, en vigueur depuis décembre 2018 dans plusieurs provinces du pays.

Le nord du Burkina a été le théâtre de plusieurs attaques meurtrières ces derniers mois, mais qui ont plutôt visé des civils. Quinze personnes ont ainsi péri fin juillet dans l'attaque du village de Diblou, et en juin, au moins 51 personnes ont été tuées dans quatre attaques.

Cependant les 14 et 15 août, quatre militaires ont été tués lorsque leur véhicule a sauté sur un engin artisanal sur une route du Nord, puis trois policiers ont été tués dans une embuscade.

Quelques 238.000 personnes ont dû fuir leurs foyers au Burkina en raison de ces violences, selon un bilan publié le 15 août par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Au moins une vingtaine de militaires tués dans le Nord

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Des attaques djihadistes font une vingtaine de morts dans les rangs de l'armée

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