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Les clubs sénégalais des arts martiaux n'ont reçu aucune aide


Le dernier camp d’exhibition de Tailung Karaté Club à Guédiawaye, au Sénégal, le 20 août 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Les activités sportives sont complètement à l'arrêt au Sénégal face aux mesures restrictives imposées pour lutter contre la Covid19. Les arts martiaux sont un des secteurs les plus impactés avec des camps de vacances annulés, des parents désorientés et des athlètes sans compétitions.

Exercices physiques improvisés, maintien musculaire à domicile, les pratiquants des arts martiaux font de leur mieux pour pallier le manque de compétition. Une situation très difficile pour les athlètes comme l'indique Sophie Mbaye, capitaine de l'association sportive des forces armées du Sénégal.

Pour elle, les autorités auraient dû encadrer la pratique du sport et non la suspendre. "On aurait dû avoir l’occasion d’organiser les choses, de faire la distanciation sociale, de porter des masques et tout mais on nous a carrément interdit les regroupements donc on est obligé de tout annuler", se lamente-t-elle. Pour la championne de karaté, il est très "difficile" de ne pas faire partie des compétitions mais vu qu’elles ont été "décalées" on est obligé de "rester comme ça" jusqu’à nouvel ordre.



Cet arrêt est ressenti de plein fouet par les promoteurs des sports de combat qui sont avant tout des soutiens de famille. Sensei Mouhamed Lamine Mbaye, directeur technique de TaïLung Karaté Club et organisateur d'un des plus grands camps de vacances, regrette l'absence d'accompagnement du gouvernement.

"On tirait nos ressources dans les dojos maintenant ce n’est plus possible. On a fermé ces endroits, les élèves sont confinés et il n'y a pas d’aides des gouvernants. Il n’y a même pas d’aide de la part de la fédération ou du ministre des Sports", regrette-t-il. Pour lui, c'est une situation anormale dans la mesure où "les dojos sont affiliés à la fédération en participant avec de l’argent" au développement du sport sénégalais. "Les enfants ont des licences professionnelles renouvelables chaque année avec l’argent des clubs. La morale voudrait que dans ces périodes de crise on nous assiste", conclut-il.

L'arrêt des activités sportives déteint aussi sur les parents qui profitaient des camps de sports pour placer leurs enfants dans des espaces sécurisés durant toute la durée des vacances. Samba Sy, qui a deux enfants qui pratiquent les arts martiaux, se désole de la situation mais avoue qu'il en profite pour apprendre de ses enfants.

"Je crois que le karaté c’est très intéressant, c’est une approche très intéressante pour l’éducation et la distraction des enfants maintenant à la maison j’essaie de les occuper", souvient-il. Pour lui, le confinement est difficile parce que sans sport et avec l'inactivité les enfants vont prendre du poids et vont s’engourdir. Ainsi il a choisi une approche pour ses enfants en les laissant "regarder des vidéos sur YouTube, des Katas". Une occasion pour lui "d’être un peu plus curieux et de partager" avec sa famille.

Le coronavirus et les restrictions qu'il impose mettent les acteurs des sports dans une situation délicate. Si le football a reçu une subvention de la part de la fédération, les arts martiaux attendent toujours un aide des autorités pour surmonter cette crise sans précédent.

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