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Les arrestations et violences pour des publications sur internet en hausse dans le monde

Un cybercafé à Dakar, Sénégal, le 10 août 2006.

Le nombre de pays où des internautes ont subi des arrestations et des violences en raison de leurs publications a atteint un record entre juin 2020 et mai 2021, selon un rapport publié mardi par une ONG.

Si les coupures de réseau en Birmanie et au Bélarus ont constitué les points les plus marquants de la période considérée, les droits numériques ont reculé au niveau mondial pour la onzième année de suite, souligne l'ONG américaine Freedom House.

Le rapport évalue le niveau de liberté sur internet dans différents pays, en prenant notamment en compte les restrictions d'accès ou la présence de "trolls" pro-gouvernementaux cherchant à manipuler les débats en ligne.

"Cette année, les internautes ont dû faire face à des attaques physiques en représailles à leurs activités en ligne dans 41 pays", indique le rapport, notant qu'il s'agit d'un plus haut depuis ses débuts.

Parmi les exemples cités : celui d'un étudiant bangladais hospitalisé après un passage à tabac en raison de soupçons d'"activités anti-gouvernementales" sur les réseaux sociaux ou celui d'un journaliste mexicain assassiné pour avoir publié sur Facebook une vidéo accusant un gang de meurtre.

Les auteurs ajoutent que, dans 56 des 70 pays étudiés, des citoyens ont été arrêtés ou condamnés pour leurs activités numériques, soit un taux record de 80%.

La junte militaire, qui a pris le pouvoir en Birmanie en février, est lourdement critiquée pour avoir coupé l'accès à internet, bloqué les réseaux sociaux et forcé les entreprises technologiques à lui remettre des données privées.

Des coupures ont également été constatées avant un scrutin en Ouganda en janvier et après une élection présidentielle contestée au Bélarus en août 2020.

Au total, 20 pays ont bloqué l'accès à internet de leurs citoyens en un an.

L'Islande est en tête du classement devant l'Estonie et le Costa Rica, premier pays à avoir fait de l'accès à internet un droit fondamental.

La Chine est en revanche considérée comme le pays le moins respectueux des libertés numériques et le plus répressif contre les internautes dissidents.

Au niveau mondial, les auteurs du rapport accusent des gouvernements de se servir de la régulation des entreprises technologiques pour justifier des mesures répressives.

De nombreux législateurs élaborent des lois anti-trust visant à mettre au pas des géants de la tech comme Google, Apple et Facebook, un effort que les auteurs du rapport estiment justifié.

Ils critiquent cependant des pays comme l'Inde ou la Turquie pour leurs lois forçant les réseaux sociaux à retirer tout contenu jugé offensant ou susceptible de porter atteinte à l'ordre public, sans que ces termes soient clairement définis.

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Facebook renforce la lutte contre le harcèlement sur ses plateformes

Facebook

Facebook a annoncé mercredi un renforcement de ses règles contre le harcèlement en ligne, alors que le géant des réseaux sociaux bataille pour convaincre les autorités et l'opinion publique de son rôle positif dans la société.

"Nous ne permettons pas le harcèlement sur notre plateforme et quand cela se produit, nous agissons", a assuré Antigone Davis, directrice de la sûreté pour le groupe, dans un communiqué.

La firme californienne, déjà très critiquée par de nombreuses autorités et ONG, a vu sa réputation de nouveau ternie par les révélations d'une lanceuse d'alerte, une ancienne ingénieure qui a fait fuiter des documents à la presse et a été auditionnée par une commission parlementaire américaine.

Selon Frances Haugen, Facebook et ses applications, dont Instagram, font passer "les profits avant la sécurité" des utilisateurs.

L'entreprise compte désormais s'attaquer aux "efforts coordonnés de harcèlement de masse ciblant des individus particulièrement vulnérables dans le monde réel, comme les victimes de tragédies violentes ou des dissidents politiques - même si les contenus en soi n'enfreignent pas notre règlement".

Le réseau social pourra aussi retirer des messages privés ou des commentaires, en fonction du contexte et d'informations additionnelles.

Facebook veut par ailleurs mieux protéger les personnalités publiques (politiques, célébrités...), en ajoutant une nouvelle catégorie à la liste des interdictions, qui tournent principalement autour de la sexualisation de ces personnes.

"Nous retirerons les commentaires sexualisant qui relèvent du harcèlement", sur la base du contexte fourni par les individus, a indiqué Antigone Davis.

La plateforme a aussi ajouté aux personnalités publiques les journalistes et défenseurs des droits humains devenus célèbres de part leur travail.

Ils seront désormais "protégés des contenus blessants, par exemple les messages qui les classent en fonction de leur apparence physique", a précisé Antigone Davis.

Elle avait elle-même répondu aux questions des élus américains lors d'une audition dans la foulée des révélations de Frances Haugen.

La lanceuse d'alerte a notamment montré que Facebook avait conscience des dangers que pose son application Instagram pour la santé mentale et physique des adolescentes, surexposées au mythe du corps féminin idéal.

Et elle n'a pas fini d'appeler à réguler le réseau fréquenté au quotidien par près de 3 milliards de personnes dans le monde: les parlementaires européens l'ont invitée à une audition et elle doit aussi s'entretenir avec le conseil de surveillance de Facebook, une instance indépendante du groupe chargée d'évaluer ses politiques de modération des contenus.

Air info, les nouvelles du désert

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Libération du journaliste congolais Sosthène Kambidi

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L'opposant russe Navalny félicite le journaliste Mouratov pour son Nobel

La police russe porte le leader de l'opposition, Alexeï Navalny, au centre d'une manifestation contre le président Vladimir Poutine sur la place Pouchkine à Moscou, en Russie, 5 mai 2018.

L'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny a félicité lundi le journaliste Dmitri Mouratov pour son prix Nobel de la Paix "bien mérité", estimant que le monde avait besoin d'un "journalisme qui n'a pas peur de la vérité".

"Je félicite sincèrement Dmitri Mouratov et (son journal) Novaïa Gazeta pour le prix Nobel de la Paix. C'est une récompense bien méritée", a réagi sur Instagram M. Navalny, lui-même pressenti depuis plusieurs années pour obtenir cette distinction.

Actuellement emprisonné pour une affaire de fraude qu'il juge politique, M. Navalny a relevé que la décision d'accorder vendredi le Nobel de la Paix à M. Mouratov était intervenue à une date "symbolique", au lendemain du quinzième anniversaire de l'assassinat de la journaliste d'investigation de Novaïa Gazeta Anna Politkovskaïa.

"Cela nous rappelle le prix élevé à payer pour ceux qui refusent de servir les autorités", a ajouté M. Navalny, qui publie périodiquement des messages sur les réseaux sociaux malgré son incarcération.

Le principal opposant russe a également félicité la Philippine Maria Ressa, colauréate du prix Nobel de la Paix aux côtés de Dmitri Mouratov.

"La Russie et les Philippines sont des pays si différents, mais leurs hauts responsables sont similaires et surtout dans leurs mensonges sans fin et leur haine de ceux qui exposent ces mensonges", a poursuivi M. Navalny.

Selon lui, "la principale chose dont nous avons besoin maintenant et toujours, c'est d'un journalisme, qui n'a pas peur de dire la vérité".

Dmitri Mouratov est le rédacteur en chef depuis près de 25 ans de Novaïa Gazeta, un journal connu pour ses enquêtes et l'un des derniers médias ouvertement critiques du pouvoir en Russie. Son engagement a coûté la vie à six de ses collaborateurs depuis les années 1990.

M. Mouratov avait quant à lui affirmé vendredi qu'il aurait pour sa part remis le Nobel de la Paix à Alexeï Navalny, militant anticorruption et bête noire du président russe Vladimir Poutine.

Certains partisans de M. Navalny n'avaient d'ailleurs pas caché leur déception que leur champion, qui a failli mourir empoisonné en août 2020, n'ait pas eu le prix.

Netflix veut augmenter son offre de contenus africains

Nollywood sur Netflix.

Netflix veut augmenter "rapidement" son offre de contenus africains et promouvoir de "nouveaux talents" et la formation de professionnels "très qualifiés", explique à l'AFP le Nigérian Ben Amadasun, responsable Afrique des contenus originaux et acquisitions de la plateforme américaine.

L'AFP l'a rencontré en marge d'une conférence de l'Unesco à Paris cette semaine pour le lancement d'un rapport sur l'état de l'industrie cinématographique et audiovisuelle dans les 54 pays d'Afrique.

Q - Quel bilan faites-vous de l'impact de votre plateforme sur l'industrie du continent? Quels contenus ont eu le plus de succès ?

R - Nous avons véritablement eu un impact positif sur différentes industries créatives de plusieurs pays d'Afrique comme au Nigeria et en Afrique du Sud. Les créateurs, auteurs, producteurs ont bien répondu à notre arrivée sur le continent en nous permettant de diffuser dans le monde certaines de leurs meilleures créations, des histoires fortes et authentiques.

Un de nos grands succès en Afrique du Sud a été la série "Comment gâcher Noël: le mariage" (décembre 2020, NDLR). C'est une vraie création africaine bien réalisée, authentique et qui reflète bien la spécificité de la culture sud-africaine, avec beaucoup d'éléments de comédie, de romance, qui a vraiment trouvé une résonance chez les spectateurs. Et la série a été regardée bien au-delà de l'Afrique du Sud.

La série dramatique originale sud-africaine "Le sang et l'eau" (lancée en mai 2020, se déroulant au sein de Parkhurst College, un prestigieux établissement réservé aux élites et aux étudiants brillants de Cape Town, NDLR) a eu un puissant impact local mais a aussi fait sensation dans plusieurs autres pays.

Et "Oloture", un très bon film sur la question du trafic de prostituées depuis le Nigeria vers l'Europe, est une histoire très forte mais dont les dialogues sont majoritairement en pidgin nigérian. Ce film a très bien marché au Nigeria mais a aussi trouvé ses spectateurs dans le monde entier.

Pour nos abonnés, se voir représenter ainsi que leurs histoires à l'écran dans nos contenus a été très important, notamment au sein de la diaspora africaine. Ils ont pu en parler dans leur vie sociale, échanger sur les réseaux, etc...

Q - Quels sont vos objectifs pour les contenus Afrique ?

R - Nous voulons augmenter rapidement notre offre de contenus africains. Nous faisons face à des défis en terme de capacité d'offre (...) et nous constatons qu'il y a des contraintes notamment le nombre limité de producteurs et réalisateurs de très haut niveau sur ce marché. Depuis un an et demi, nous travaillons intensément pour soutenir cette industrie et mettre en place des programmes de formation. Dans le cadre de l'aide pendant la crise du Covid-19, nous avons par exemple abondé de 400.000 dollars un programme de bourses d'études pour des universités en Afrique du Sud qui accueillent des étudiants se destinant aux études de cinéma et d'audiovisuel.

Les autres défis sont bien sûr l'accessibilité financière et des données. Nous travaillons sur ces deux volets. Nous avons lancé il y a quelques semaines une offre totalement gratuite au Kenya (mais limitée, NDLR), qui est la première du genre.

Q - Quels sont vos critères pour sélectionner les contenus pour vos abonnés en Afrique ?

R - Nous avons des thrillers, des films d'horreur, des comédies romantiques, etc... Nous recherchons en priorité des histoires fortes et qui auront le potentiel d'intéresser le plus nos spectateurs. Il faut que l'histoire soit vraiment authentique sur ce qu'elle donne à voir du pays et de sa culture.

Nous recherchons aussi des regards originaux parmi les créateurs africains. Nous travaillons avec les talents qui ont déjà l'expérience de ce marché et qui sont capables de très bien raconter des histoires, et nous sommes aussi à la recherche des talents de demain en Afrique. Nous sommes en train de voir comment les former et faire émerger leurs propres histoires, qui pourront aussi être très puissantes. Nous devons nous assurer que la diversité des voix du continent soit représentée dans notre offre.

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