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Les évêques burundais dénoncent le "monopartisme" et les atteintes aux libertés


Les évêques du Burundi.
Les évêques du Burundi.

Au Burundi, les évêques dénoncent la tentation du "monopartisme", les exécutions extrajudiciaires, la "corruption" et "l'impunité" dans le pays, à un an des élections législatives. C'était dans un message lu dimanche, 14 avril dans les milliers d'églises de ce pays d'Afrique de l'Est.

"Nous savons combien le Burundi, de manière récurrente, a sombré dans la violence suite à l’exclusion et à la recherche exacerbée du pouvoir. Aujourd'hui, cela demeure pour nous une préoccupation, vu qu’il existe des signes de ceux qui voudraient nous faire revivre le système politique révolu du monopartisme", dénonce la Conférence épiscopale catholique du Burundi (Cecab) dans son message.

"Il est donc nécessaire que soit renforcé un régime qui fasse place à toutes les formations politiques, y compris celles qui sont en opposition à l'égard du parti au pouvoir", ajoutent les évêques. Ces propos interviennent quelques semaines après l'éviction de l'opposant historique Agathon Rwasa de la présidence du principal parti d'opposition, le CNL, dans ce qui a été dénoncé par ses partisans et des ONG de défense des droits humains comme une manoeuvre du gouvernement.

"Au moment où ceux qui sont membres d'autres partis que celui au pouvoir se retrouvent étiquetés comme des ennemis (...), il devient difficile de s'engager au service du bien commun", soulignent les évêques. Ils appellent à ce que "tout soit mis en oeuvre afin que soient garanties les libertés individuelles" et que "les échéances électorales prochaines soient inclusives, libres et transparentes".

Pratiquée par plus des deux-tiers de la population, la religion catholique est la principale confession au Burundi, dirigé depuis 2020 par Evariste Ndayishimiye, un fervent catholique, après le décès du président Pierre Nkurunziza, un évangélique qui a tenu le pays d'une main de fer durant 15 ans.

Depuis son accession au pouvoir, Evariste Ndayishimiye oscille entre signes d'ouverture et ferme contrôle du pouvoir, marqué par des atteintes aux droits humains dénoncées par des ONG et l'ONU.

En mars 2023, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme avait déploré une "répression croissante" des voix critiques. "Constater que dans notre pays, il est des personnes qui sont horriblement assassinées ou kidnappées et portées disparues pour des raisons politiques ou autres intérêts macabres, fait frissonner", accuse la Cecab, dénonçant "la culture de l'impunité".

La Cecab critique aussi "l'exclusion à l'embauche au niveau de l'Etat","l'accès aux postes (...) est conditionné par le seul critère de militantisme dans le parti au pouvoir et/ou la capacité de verser des pots de vin". "Cette pratique véreuse entraîne l'incompétence et le manque de productivité, la rémunération des fainéants et des pilleurs de l’Etat, rendant ainsi endémique la pratique de la corruption".

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Malgré la volonté affichée par M. Ndayishimiye d'enrayer la corruption, le Burundi figure à la 162e place (sur 180) du classement de l'association Transparency International.

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