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Législatives en Turquie : le parti d'Erdogan obtient majorité absolue au Parlement

Dépouillage des bulletins dans un centre de vote d' Istanbul, en Turquie, le 1er novembre 2015. (REUTERS/Osman Orsal)

Le parti du président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a remporté haut la main les législatives et réussi, contre tous les pronostics, à regagner sa majorité perdue en juin dans un pays plus que jamais divisé.

Le parti du président turc Recep Tayyip Erdogan est arrivé très largement en tête des élections législatives cruciales disputées ce 1er novembre.​ Il est ainsi assuré de reprendre sa majorité absolue perdue il y a cinq mois.

Sur la quasi-totalité des bulletins dépouillés, le Parti de la justice et du développement (AKP) a recueilli 49,4% des suffrages et raflé 316 des 550 sièges de députés, ont annoncé les chaînes NTV et CNN-Türk.

M. Erdogan, 61 ans, a pris une revanche éclatante après un revers retentissant: le 7 juin, son parti avait perdu le contrôle total qu'il exerçait depuis 13 ans sur le Parlement et remisé son rêve d'instaurer une "superprésidence".

"Aujourd'hui est un jour de victoire", s'est réjoui dans son fief de Konya (centre) le Premier ministre sortant Ahmet Davutoglu, ajoutant en tendant la main à ses rivaux: "nous allons reconstruire une nouvelle Turquie avec chacun de ses citoyens".

Plus tard dans la nuit, lors d'un traditionnel discours au siège de l'AKP à Ankara, il a lancé un appel à l'unité, dans un pays désuni et inquiet.

"Il n'y a pas de perdants dans ce scrutin, la Turquie entière a gagné", a-t-il dit devant des milliers de partisans réunis malgré le froid, assurant que le prochain gouvernement défendra les acquis démocratiques: "Les droits des 78 millions d'habitants sont sous notre protection".

Dans une première réaction, le président Erdogan a affirmé dans un communiqué que "notre peuple a clairement exprimé (...) qu'il préférait le service et les projets à la polémique" et "fait preuve d'une forte volonté en faveur de l'unité et de l'intégrité" de la Turquie.

Autre surprise, le Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde), entré triomphalement au Parlement en juin, n'y a sauvé sa place que de justesse. Avec 10,7% des voix, juste au-dessus du seuil minimal de représentation, il décroche 59 sièges.

Cette incertitude a provoqué de brefs affrontements en soirée entre forces de l'ordre et jeunes militants kurdes à Diyarbakir, la grande ville du sud-est à majorité kurde.

'Peur de l'instabilité'

Selon les résultats officieux, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) est arrivé deuxième avec 25,4% des voix et 134 sièges, devant le Parti de l'action nationaliste (MHP, droite) avec 12% et 41 sièges, en fort recul.

La quasi-totalité des sondages n'avaient crédité l'AKP que de 40 à 43% des intentions de vote, score insuffisant pour gouverner seul.

"Je suis complètement effondré mais ces résultats signifient que le peuple s'accommode très bien de la situation actuelle", a réagi Sevim, étudiant en droit de l'université d'Istanbul. "Le peuple a le gouvernement qu'il mérite".

"La peur de l'instabilité en Turquie, ajoutée à la stratégie d'Erdogan se posant en +homme fort qui peut vous protéger+, l'ont emporté", a commenté l'analyste Soner Cagaptay, du Washington Institute, sur Twitter.

Dans une campagne tendue marquée par la reprise du conflit kurde et la menace jihadiste venue de Syrie, MM. Erdogan et Davutoglu se sont posés en seuls garants de l'unité et de la sécurité du pays, sur le thème "l'AKP ou le chaos".

Depuis l'élection du 7 juin, le climat politique s'était considérablement alourdi en Turquie.

En juillet, le conflit armé opposant les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) au pouvoir turc (près de 40.000 morts depuis 1984) a repris dans le sud-est à majorité kurde, enterrant le fragile processus de paix engagé il y a trois ans.

M. Erdogan y a fait référence dans son communiqué, affirmant que "le résultat des élections a livré un important message pour le PKK. L'oppression et l'effusion de sang ne peuvent coexister avec la démocratie".

L'attaque-suicide perpétrée il y a trois semaines à Ankara par deux kamikazes proches du groupe Etat islamique (EI), qui a fait 102 morts, a en outre ravivé la peur de la violence jihadiste venue de la Syrie voisine en guerre.

Cette dégradation sécuritaire inquiète de plus en plus les alliés occidentaux d'Ankara, à commencer par l'Union européenne (UE), confrontée à un flux croissant de réfugiés, surtout syriens, venant de Turquie.

Face au discours du pouvoir, les rivaux de M. Erdogan avaient appelé les électeurs à sanctionner sa dérive autoritaire.

Le chef de file du HDP prokurde, Selahattin Demirtas, a concédé avoir cédé du terrain par rapport à juin (13% contre un peu plus de 10% dimanche) mais dénoncé une élection "injuste", disputée sous la menace jihadiste.

"C'est une grande victoire tout de même", a-t-il ajouté. "Nous avons perdu un million de voix mais nous sommes restés debout face aux massacres (commis par le pouvoir) et au fascime".

Son homologue du CHP, Kemal Kiliçdaroglu, a également souligné le climat de violences de la campagne. "Nous sommes respectueux des résultats des élections", a-t-il dit, "mais le pouvoir, tous les pouvoirs, doivent respecter la suprématie du droit (...) Personne ne doit se considérer au-dessus des lois".

Avec AFP

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Inquiétude de Ryad et Abou Dhabi sur une hausse des stocks mondiaux de pétrole

Le prince Mohammed ben Salmane participe à la cérémonie de remise de diplôme à la King Faisal Air College à Riyad, Arabie Saoudite, le 25 janvier 2017

L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis se sont inquiétés dimanche d'une hausse des stocks mondiaux de pétrole, à l'ouverture d'une réunion de l'Opep se tenant dans un contexte de vives tensions dans le Golfe qui menacent les approvisionnements mondiaux en brut.

"Nous voyons que les stocks (de pétrole) augmentent", a déclaré le ministre de l'Energie saoudien, Khaled al-Faleh, à Jeddah en Arabie saoudite, où sont réunis les principaux membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et d'autres producteurs majeurs, dont la Russie.

"Aucun de nous ne veut voir les stocks (de pétrole) enfler de nouveau, nous devons être prudents", a-t-il ajouté, en référence à la situation fin 2018 qui avait conduit à une chute des prix de l'or noir. L'Arabie saoudite est le premier exportateur mondial de pétrole.

La réunion de l'Opep intervient dans un contexte d'escalade des tensions dans le Golfe et de guerre psychologique entre les Etats-Unis et l'Iran.

Egalement membres de l'organisation, les Iraniens --dont les exportations de pétrole sont touchées de plein fouet par des sanctions américaines-- sont absents de la rencontre.

Leur pays devrait toutefois être au coeur des discussions après des attaques contre un oléoduc saoudien revendiquées par les rebelles yéménites soutenus par Téhéran, qu'une coalition militaire sous commandement saoudien combat au Yémen.

Ces attaques sont intervenues quelques jours après des "actes de sabotage" non revendiqués dans le Golfe qui ont touché entre autres des pétroliers saoudiens.

- Assouplissement ? -

Aucune décision ne devrait être prise dimanche par l'organisation, qui devrait formuler des recommandations avant une réunion-clé fin juin à laquelle participera l'Iran.

Les producteurs réunis à Jeddah devraient en revanche examiner le respect d'engagements pris l'an dernier sur une baisse de la production.

Les Emirats ont appelé à maintenir le niveau de production de pétrole décidé par l'Opep, qui inclut une baisse de production d'un niveau de 1,2 million de barils par jour depuis janvier.

"Je ne pense pas (...) qu'un assouplissement de la baisse de la production de pétrole soit la bonne mesure" au vu des conditions prévalant actuellement sur le marché, a fait valoir le ministre émirati de l'Energie, Souheil al-Mazrouei.

Le président américain Donald Trump avait lui affirmé en avril que l'Arabie saoudite et d'autres pays de l'Opep avaient accepté d'augmenter leur production pour faire baisser les cours.

"Nous sommes prêts, notamment, à examiner l'assouplissement de certains paramètres et un rétablissement partiel de la production, si la demande augmente", a déclaré dimanche le ministre russe de l'Energie Alexander Novak, cité par les agences de presse russes.

Malgré la chute des exportations de pétrole vénézuélien --provoquée par la crise politique à Caracas-- et iranien, et en dépit de la baisse de la production des membres de l'Opep, les stocks de brut continuent d'augmenter, avait affirmé Souheil al-Mazrouei à son arrivée à Jeddah samedi.

Les producteurs doivent encore s'efforcer d'équilibrer le marché, avait-il ajouté.

L'Opep et l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont indiqué que la production mondiale de pétrole avait baissé en avril en raison de la décision de limiter les extractions et du renforcement des sanctions américaines contre l'Iran.

Selon l'AIE, la production iranienne de brut était de 2,6 millions de barils par jour en avril, contre 3,9 millions en avril 2018, un mois avant le retrait unilatéral de Washington de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015. Un retrait qui s'est traduit par le rétablissement des sanctions contre Téhéran.

A son plus bas niveau en cinq ans, la production iranienne pourrait chuter en mai à des niveaux sans précédents depuis la guerre Iran-Irak (1980-1988).

- Sécurité satisfaisante -

Après des "actes de sabotage" contre trois pétroliers, dont deux saoudiens, au large des Emirats, et une attaque de drones contre un oléoduc saoudien, Ryad a assuré dimanche que la sécurité de son industrie pétrolière était satisfaisante.

"La sécurité de notre industrie pétrolière est solide", a argué M. Faleh. "Tout le monde est vulnérable à des actes extrêmes de sabotage", a-t-il ajouté.

Ryad a accusé l'Iran d'avoir ordonné l'attaque, qui a visé un oléoduc destiné à contourner le détroit d'Ormuz, voie principale des exportations de brut de la région, que l'Iran menace de fermer en cas de conflit avec les Etats-Unis.

Début mai, Washington a dépêché un porte-avions et des bombardiers B-52 dans le Golfe en affirmant avoir des craintes sur d'éventuelles attaques iraniennes.

L'Arabie saoudite "ne veut pas une guerre" avec l'Iran, a affirmé dimanche le ministre d'Etat saoudien aux Affaires étrangères Adel al-Jubeir, tout en assurant que Ryad était prêt "à se défendre".

Face aux tensions, le roi Salmane a invité les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et de la Ligue arabe à des sommets extraordinaires le 30 mai en Arabie saoudite pour discuter de l'escalade des tensions.

La Corée du Nord demande l'aide de l'ONU pour récupérer un cargo saisi par les Etats-Unis

Le président des États-Unis, Donald Trump, serre la main du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lors de leurs premières rencontres au resort de Capella sur l'île de Sentosa, le 12 juin 2018 à Singapour.

La Corée du Nord a appelé les Nations unies à prendre des "mesures urgentes" pour l'aider à récupérer un cargo saisi récemment par les Etats-Unis, qualifié de "pays gangster".

Les autorités américaines ont annoncé ce mois ci avoir saisi un cargo nord-coréen, le "Wise Honest", accusé d'avoir violé les sanctions internationales en exportant du charbon et en important des machines. Il se trouvait bloqué depuis un an en Indonésie, son capitaine étant poursuivi par les autorités indonésiennes. En juillet, les autorités américaines avaient lancé une procédure de saisie.

Cet épisode intervient après le lancement le 9 mai par Pyongyang de deux missiles de courte portée, le deuxième essai militaire en moins d'une semaine.

Dans une lettre adressée vendredi au secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, Kim Song, représentant permanent de Pyongyang à l'Onu, a déclaré que cette saisie était "un acte illégal et scandaleux", selon l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

Cet acte "indique clairement que les États-Unis sont effectivement un pays gangster qui ne se soucie absolument pas des lois internationales", affirme cette lettre.

Le représentant de la Corée du Nord à l'ONU appelle M. Guterres à "prendre des mesures urgentes afin de contribuer à la stabilité de la péninsule coréenne et de prouver l'impartialité de l'ONU".

Cette semaine, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a affirmé que cette saisie était contraire à l'esprit d'une déclaration commune signée par le président américain et le numéro un nord-coréen lors de leur premier sommet en juin 2018 à Singapour.

La reprise par Pyongyang d'essais balistiques est une première depuis un an et demi et la spectaculaire détente sur la péninsule coréenne marquée par l'amorce de négociations avec les Etats-Unis sur les programmes nucléaire et balistique du Nord.

Mais ces négociations sont dans l'impasse depuis l'échec en février du second sommet entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, à Hanoi.

Les deux dirigeants n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur les concessions que Pyongyang devrait faire en échange de la levée des sanctions internationales.

La Corée du Nord est sous le coup de nombreuses sanctions votées par le conseil de sécurité de l'Onu pour la contraindre à renoncer à ses programmes balistiques et nucléaires.

"Il n'y aura pas de guerre" au Moyen-Orient, selon l'Iran

Le secrétaire d'État John Kerry a rencontré le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif à New York le 22 avril 2016.

Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif a affirmé samedi qu'il n'y aurait pas de guerre au Moyen-Orient, l'Iran ne souhaitant pas de conflit et aucun pays ne se "faisant d'illusions" sur sa capacité à affronter Téhéran, selon l'agence officielle Irna.

Une montée des tensions entre l'Iran et les Etats-Unis fait craindre depuis quelques semaines un nouveau conflit dans la région tandis que Washington a déployé un porte-avions et des bombardiers B-52 dans le Golfe, invoquant une "menace" iranienne.

Au cours d'une visite en Chine, M. Zarif s'est dit "certain (...) qu'il n'y aurait pas de guerre puisque nous ne souhaitons pas de conflit et puisque personne ne se fait d'illusion quant à sa capacité à affronter l'Iran dans la région".

Le président américain Donald "Trump ne veut pas de guerre mais les personnes qui l'entourent l'y poussent sous prétexte de rendre l'Amérique plus forte face à l'Iran", a-t-il ajouté selon Irna.

Le général Hossein Salami, chef des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne, a toutefois affirmé que son pays était engagé, avec les Etats-Unis, dans "une combinaison de guerre psychologique, de cyber-opérations, de mouvements militaires, de diplomatie publique", a-t-il déclaré selon l'agence semi-officielle Isna.

Selon lui, le système politique américain a perdu sa "solidité" et le pays est "comme les tours du World Trade Center, qui se sont soudainement effondrées".

Les tensions n'ont cessé de s'accroître entre Washington et Téhéran depuis le rétablissement des sanctions économiques américaines contre l'Iran en novembre 2018.

Depuis, les Etats-Unis ont renforcé leur campagne de "pression maximale" en annonçant fin avril la fin des dérogations qui permettaient encore à huit pays d'acheter du pétrole iranien sans s'exposer aux sanctions extra-territoriales américaines.

A Pékin, M. Zarif a lancé un appel à la Chine, un des pays signataires de l'accord international conclu en 2015 et visant à limiter le programme nucléaire iranien en échange d'une levée des sanctions contre Téhéran.

Le ministre a notamment appelé la Chine à lancer des "actions concrètes" pour sauver cet accord, après le retrait unilatéral, en mai 2018, des Etats-Unis qui le jugeaient trop complaisant envers l'Iran.

Le 8 mai, le président iranien Hassan Rohani a annoncé que l'Iran allait s'affranchir de deux engagements pris dans le cadre de l'accord et lancé un ultimatum à ses partenaires européens parties à l'accord (France, Allemagne et Royaume-Uni), leur donnant deux mois pour sortir réellement les secteurs bancaire et pétrolier de leur isolement provoqué par les sanctions américaines.

Idleb : l'ONU craint une "catastrophe humanitaire", Moscou dément viser des civils

Vladimir Safronkov, ambassadeur adjoint de la Russie au Conseil de sécurité, lors d’une conférence de presse au siège de l'ONU, 19 février 2016.

L'ONU a sonné l'alarme vendredi sur le risque d'une "catastrophe humanitaire" à Idleb en Syrie si les violences s'y poursuivent, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité au cours de laquelle la Russie a démenti viser des civils.

"Nous appelons toutes les parties à cesser les hostilités", a déclaré l'Américaine Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les Affaires politiques. "On risque la catastrophe humanitaire", a-t-elle averti lors de cette session demandée par la Belgique, l'Allemagne et le Koweit, la deuxième en une semaine.

Le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires, le Britannique Mark Lowcock, a lui parlé "d'escalade effrayante", avec de plus en plus de barils d'explosifs largués depuis les airs. Il a également évoqué un "cauchemar humanitaire". "Près de 80.000 personnes n'ont nulle part où aller", "s'abritent dans des champs ou sous des arbres", a-t-il dit.

Ce responsable a indiqué ne pas être en mesure de dire qui sont les responsables des bombardements.

Certains d'entre eux "sont clairement organisés par des gens ayant accès à des armes sophistiquées, incluant une armée de l'Air moderne et des armes de précisions et intelligentes", a-t-il déclaré, en affirmant que "18 installations médicales ont été touchées" depuis le 28 avril.

- Hôpitaux visés -

"Ni l'armée syrienne, ni l'armée russe ne visent des civils ou des installations civiles", a assuré l'ambassadeur de la Russie à l'ONU, Vassily Nebenzia. "Nos cibles sont les terroristes" et "nous réfutons toutes les accusations de violation du droit humanitaire international", a-t-il affirmé.

"Il n'y a pas d'attaque aléatoire contre la population civile", a abondé son homologue syrien, Bashar Ja'afari.

Lors de leurs interventions, les Etats-Unis et la France ont évoqué respectivement "une réponse immédiate" et une disponibilité "à réagir" en cas d'utilisation d'armes chimiques dans la province d'Idleb (nord-ouest).

"L'offensive en cours ne relève pas de la lutte contre le terrorisme" mais d'une "reconquête" de territoires, a estimé l'ambassadeur français, François Delattre.

Son homologue turc, Feridun Sinirlioglu, dont le pays est co-garant avec la Russie et l'Iran d'une zone dite "de désescalade" et d'un cessez-le-feu dans la province d'Idleb, a aussi rejeté l'argument d'une lutte antiterroriste. "Une catastrophe se profile à l'horizon" et "le régime syrien cible délibérément des civils, des écoles, des hôpitaux", a-t-il dénoncé.

Depuis deux jours, un groupe turco-russe travaille sur les moyens de faire respecter la "désescalade" dans le nord-ouest syrien, a aussi indiqué le diplomate turc sans autre précision.

Depuis fin avril, les forces syriennes et leurs alliés russes ont intensifié les attaques contre la province d'Idleb (nord-ouest), zone décrétée "de désescalade" depuis septembre, faisant planer la crainte d'une offensive pour reprendre le contrôle de cette dernière enclave tenue par des groupes djihadistes.

Les attaques syriennes et russes visent des territoires contrôlés par Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) et d'autres groupes djihadistes. Quelque 3 millions de personnes vivent dans la province d'Idleb dont un million d'enfants.

En politique étrangère, les paris de Donald Trump mal engagés

Donald Trump et Mohammed ben Salmane dans le Bureau ovale à Washington le 14 mars 2017 ( AFP/Archives / NICHOLAS KAMM )

La politique étrangère de Donald Trump traverse une mauvaise passe. De l'Iran à la Corée du Nord, du Venezuela à la Chine, le président des Etats-Unis a multiplié les coups de poker diplomatiques.

S'il a d'abord gagné certaines manches, ses chances de succès semblent davantage compromises aujourd'hui -- sans avoir totalement disparu.

- Iran, l'escalade -

En claquant la porte, en mai 2018, de l'accord sur le nucléaire iranien, Donald Trump tenait son engagement contre ce texte jugé insuffisant pour empêcher Téhéran de fabriquer la bombe atomique et surtout endiguer son influence "déstabilisatrice" au Moyen-Orient.

Mais un an plus tard, malgré des sanctions draconiennes, la République islamique n'a rempli aucune des douze conditions émises par Washington pour renouer le dialogue. Et les alliés européens des Etats-Unis continuent de contester la décision du président américain.

Le face-à-face s'est en outre brusquement tendu début mai, lorsque la confrontation s'est déplacée sur le terrain militaire : pour contrer une présumée "menace imminente" en "lien direct avec l'Iran", le Pentagone a multiplié les déploiements dans le Golfe. Quitte à donner l'image d'une administration qui veut en découdre avec son ennemi numéro un.

Les récits de l'agacement croissant de Donald Trump à l'égard des faucons dans son entourage, à commencer par son conseiller à la sécurité nationale John Bolton, n'ont pas tardé à filtrer. Pourfendeur des conflits trop coûteux, élu sur une promesse de désengagement, le président a donc multiplié les appels au dialogue en direction des dirigeants iraniens. Sans façon, ont-ils répondu.

Renforçant le sentiment de flou qui entoure la stratégie américaine.

- Corée du Nord, l'impasse -

"L'Iran risque de reprendre la prolifération nucléaire. Et la Corée du Nord produit tous les deux mois suffisamment de matière pour une nouvelle bombe. C'est un échec : le bilan de Trump, ce sera la Corée du Nord qui continue à proliférer et l'Iran qui se remet à proliférer."

Ce constat au vitriol vient d'un diplomate européen.

La relation avec Pyongyang était pourtant la principale "success story" de son début de mandat. Priorité des priorités à son arrivée au pouvoir, le dossier nucléaire nord-coréen a fait l'objet d'une embellie spectaculaire après l'escalade vertigineuse de 2017.

Pour la première fois, un président des Etats-Unis a rencontré un numéro un de la Corée du Nord, et Donald Trump n'a depuis cessé de vanter son amitié, voire son "amour" pour Kim Jong Un.

Mais sans aucun progrès concret à ce stade sur la dénucléarisation, et les négociations sont désormais dans une impasse qui semble insoluble.

- Venezuela, la frustration -

Très hostile aux politiques visant à provoquer des changements de régime à l'étranger, chères aux républicains néoconservateurs du début des années 2000, Donald Trump s'est laissé convaincre par plusieurs membres de son camp de faire une exception pour le Venezuela de Nicolas Maduro.

Depuis janvier, son administration reconnaît ainsi l'opposant Juan Guaido comme président par intérim et tente de pousser le dirigeant socialiste vers la sortie à coups de sanctions économiques, isolement diplomatique et menace militaire.

Mais la promesse d'une campagne éclair a cédé la place à l'enlisement. Et là aussi, la frustration du président à l'égard de son entourage commence à percer.

- Chine, le bras de fer continue -

Promesse phare du candidat Trump, plusieurs fois annoncé comme imminent, l'accord commercial avec Pékin peine à se concrétiser.

Entre-temps, la guerre à coups de taxes douanières ne cesse de s'envenimer entre les deux premières puissances économiques mondiales, frappant les éleveurs et agriculteurs américains -- autant d'électeurs dont le républicain a besoin pour s'assurer un second mandat en 2020.

Convaincu que seul le rapport de forces fonctionne, le président américain vient de déplacer le conflit sur le terrain technologique pour tenter de neutraliser Huawei, géant chinois des télécoms, sans que l'on sache si cette carte jouera en sa faveur dans des négociations commerciales qui font du surplace.

- Afghanistan et Syrie, le retrait contrarié -

Las de voir Washington jouer les "gendarmes du monde", Donald Trump a promis de mettre fin aux "guerres interminables".

Mais après avoir promis en décembre un retrait total des militaires américains déployés en Syrie dans la lutte antijhadiste, il a dû se résoudre à y laisser un contingent, sous la pression de ses conseillers et de ses alliés.

Quant à l'Afghanistan, après près de 18 années de guerre, le président a chargé le diplomate Zalmay Khalilzad de mener des négociations de paix inédites avec les talibans pour permettre un désengagement progressif. Les rapides progrès initiaux ont toutefois marqué le pas, et le négociateur américain manifeste désormais son impatience, alors que les insurgés continuent leurs attaques meurtrières.

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