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Le Zimbabwe ordonne l'évacuation des fermes occupées illégalement

Des ouvriers agricoles au Zimbabwe, le 14 décembre 2012.

Le nouveau ministre de l'Agriculture du Zimbabwe a ordonné jeudi l'évacuation des occupants illégaux d'exploitations agricoles qui appartenaient à des fermiers blancs, près de deux décennies après leur confiscation manu militari par l'ex-président Robert Mugabe, a rapporté un média d'Etat.

"Tous ceux qui se sont ou ont été installés illégalement sur ces terres doivent quitter les lieux", a déclaré le nouveau ministre de l'Agriculture, Perence Shiri, au quotidien gouvernemental zimbabwéen The Herald.

"Seuls les personnes détenant un document officiel attestant de l'occupation des terres ou celles qui ont reçu légalement des terres pourront rester et se concentrer sur la production", a-t-il précisé.

Le maréchal Perence Shiri, qui dirigeait l'armée de l'air quand l'armée a contraint le le président Robert Mugabe à démissionner, a déclaré que la "raison" devait prévaloir pour relancer l'agriculture afin de permettre la reprise de l'économie en difficulté.

"Si nous voulons atteindre les objectifs fixés par le gouvernement et utiliser l'agriculture comme pilier de l'économie, nous devons garantir une bonne gestion des fermes", a-t-il ajouté.

"Les comportements et actions qui ne se conforment pas" à la Constitution "sont inadmissibles, quelles que soient les circonstances", selon M. Phiri.

La réforme agraire reste une épine dans le pied du pays. Au début des années 2000, des milliers de fermiers blancs avaient été violemment expulsés de leurs terres, au profit de fermiers noirs sur ordre de Robert Mugabe.

>> Lire aussi: Après la chute de Mugabe, "lueur d'espoir" chez les fermiers blancs zimbabwéens

L'ancien président, désormais âgé de 93 ans, avait justifié cette réforme pour corriger les inégalités héritées de la colonisation britannique.

Elle a eu pour résultat un effondrement de la production agricole dans ce pays jusque-là considéré comme le grenier à blé de l'Afrique australe.

>> Lire aussi: Le Zimbabwe interdit les importations de fruits et légumes faute de devises

Des dizaines de fermiers blancs contestent devant la justice leur expulsion. Ils sont par ailleurs quelques-uns à toujours cultiver leurs terres.

Le nouveau président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a promis de ne pas revenir sur cette réforme mais a déclaré que son gouvernement compenserait les anciens fermiers blancs dont les exploitations avaient été légalement saisies.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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