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Le vodoun, un patrimoine culturel ancestral face à une laïcité chère aux Béninois


Une séance de vodoun à Cotonou, au Bénin, le 8 janvier 2017. (VOA/Ginette Fleure Adande)

Le Bénin célèbre chaque 10 janvier la fête des religions endogènes, encore appelée fête du vodoun. C'est une fête approuvée depuis les années 90 par Nicéphore Soglo, ancien-président de la République.

Si cette fête a été portée et soutenue par les Béninois depuis quelques années, elle est aujourd'hui au coeur de bien de critiques venant de la part de certains chrétiens.

Cette fête annuelle permet aux gardiens de la tradition de promouvoir et de valoriser le culte vodoun. Mais pour ces quelques chrétiens rencontrés les avis restent partagés sur le bien-fondé du culte vodoun.

John Migan, un pasteur béninois, a adressé une lettre à la cour constitutionnelle la demande de suppression de la fête des religions endogènes qui, selon lui, décrédibilise le Bénin aux yeux du monde entier.

Au lendemain du 10 janvier, une gigantesque marche est souvent organisée par les pasteurs. David Coffi, prêtre du Fâ, encore appelé géomancie, explique que c'est "un manque de culture que de dire que le vodoun est un nid de nuisances".

Un de ses collègues, prêtre de la divinité des eaux, encore appelé mami wata, raconte que "la méchanceté de l'homme pousse bien à des excès visant à décrédibiliser le culte vodoun".

Malgré les nombreuses sensibilisations et les appels au respect de la laïcité reconnue par les textes fondamentaux, le vodoun reste un culte satanique pour beaucoup de chrétiens.

En dix ans de gestion du pouvoir d'État, l'ancien président de la République ne s'est jamais pointé à une manifestation officielle de la fête des religions endogènes au grand mécontentement des gardiens de la tradition qui pensent que Yayi Boni avait un fort penchant pour le christianisme. C'est un test pour Patrice Talon qui selon les bruits de couloir pourrait aussi briller par son absence.

Ginette Fleure Adande, correspondante à Cotonou

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