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Le suspect de l'attentat de New York accusé de soutien au groupe Etat islamique


Une photo d'Akayed Ullah, un immigré bangladais, auteur présumé d'une attaque dans la gare routière de Port Authority, à New York, transmise par la New York City Taxi and Limousine Commission, le 11 décembre 2017.

La justice américaine a accusé mardi de terrorisme et de soutien à l'organisation Etat islamique l'homme à l'origine de la bombe lundi dans le métro new-yorkais, un immigré bangladais radicalisé à partir de 2014, après son arrivée aux Etats-Unis.

Le procureur fédéral de Manhattan, Joon Kim, a indiqué qu'Akayed Ullah, 27 ans, qui vit à Brooklyn, serait inculpé mardi ou mercredi, depuis sa chambre d'hôpital, des cinq chefs d'accusations retenus contre lui. Les plus graves sont "soutien à une organisation terroriste" - l'EI - "utilisation d'armes de destruction massive", et "pose d'une bombe dans un lieu public".

Il encourt la prison à perpétuité, voire la peine de mort, le président Donald Trump s'étant prononcé pour les peines "les plus dures" face aux terroristes, même si la procédure serait longue et compliquée.

M. Ullah a été arrêté immédiatement après l'explosion dans un tunnel qui relie la très touristique Times Square et la gare routière de Port Authority - à l'heure de pointe lundi matin - de la bombe artisanale qu'il s'était fixée au corps.

La bombe n'a que partiellement explosé, ne blessant légèrement que trois personnes, alors que le tunnel est très fréquenté. Seul Akayed Ullah a été sérieusement blessé, avec des blessures aux mains et à l'abdomen.

"Il a choisi l'endroit et l'heure pour maximiser le nombre de victimes", a souligné Joon Kim, lors d'une conférence de presse.

La radicalisation d'Ullah, arrivé aux Etats-Unis avec un visa de regroupement familial en 2011, remonte à "au moins 2014", lorsqu'il a commencé à consulter sur internet la propagande diffusée par l'EI, selon le procureur.

Message pour Trump

Il a "avoué les faits" lundi à l'hôpital et reconnu être inspiré par l'Etat islamique, voulant se venger des frappes américaines contre l'EI notamment en Syrie et dénoncer la politique américaine au Moyen-Orient, selon M. Kim.

Il a commencé à réunir "il y a deux à trois semaines" le matériel nécessaire à la fabrication d'une bombe artisanale - des guirlandes électriques, une pile de 9 volts, des vis de métal - qu'il a assemblé dans son appartement, selon les enquêteurs.

Peu avant de déclencher la bombe lundi, il a posté un message sur Facebook mettant en cause le président américain: "Trump, tu as échoué à protéger ton pays".

La police, qui a fouillé son appartement, dans un quartier à forte population immigrée bangladaise de Brooklyn, a aussi retrouvé une note où il avait écrit: "oh Amérique, meurs dans ta propre rage".

Si le procureur a souligné que l'enquête n'était pas terminée, les informations révélées à ce stade confirment qu'Akayed Ullah n'avait aucun antécédent criminel et s'est radicalisé aux Etats-Unis, où il a travaillé d'abord comme chauffeur de taxi, puis comme électricien.

Un haut-responsable bangladais du contre-terrorisme a confirmé que son nom ne figurait pas "sur notre longue liste de personnes radicalisées ou membres de groupes terroristes", même si les autorités de ce pays en majorité musulman continuent à interroger son entourage.

Fin du regroupement familial?

Donald Trump a néanmoins répété mardi son intention de mettre fin au regroupement familial qui a permis à M. Ullah d'obtenir un visa. Le président avait déjà promis d'en finir avec le programme d'attribution de cartes vertes par loterie, par lequel l'auteur ouzbek de l'attaque au camion-bélier qui a fait huit morts et 12 blessés à New York le 31 octobre était entré aux Etats-Unis.

"Il y a eu deux attaques terroristes menées par des étrangers, le premier attaquant est arrivé par la loterie des visas, le second par le système de migration en chaîne", a déclaré le président, en signant une loi sur la défense. "Nous allons les supprimer rapidement".

Selon un ami de la famille bangladaise d'Ullah interrogé par l'AFP, celui-ci s'est marié en janvier 2016 mais a laissé sa femme au Bangladesh, revenant régulièrement dans son pays, confronté à une série d'attaques jihadistes ces dernières années.

Son dernier séjour à Dacca remonte à septembre, après la naissance de son fils, selon cette connaissance.

Reste à savoir comment sa radicalisation est restée inaperçue, alors que la police new-yorkaise, dont les moyens anti-terroristes ont été considérablement renforcés depuis les attentats du 11 septembre 2001, se targue régulièrement d'être la meilleure en la matière.

Le maire Bill de Blasio a assuré lundi qu'elle faisait un travail de renseignement "très solide" et bénéficiait d'une bonne coopération avec les différentes communautés d'immigrés.

Avec AFP

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