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Les pays de l'UE tentent de débloquer la réforme des règles d'accueil des réfugiés


Dimitris Avramopoulos, le commissaire de l'UE sur la migration, à la Haye, Pays-Bas, le 22 février 2016.

Les ministres de l'Intérieur des 28 se sont retrouvés jeudi à la Valette pour débloquer la réforme des règles d'accueil des réfugiés dans l'UE, qui bute toujours sur le refus de certains pays d'en accueillir sur leur sol.

"J'espère qu'aujourd'hui nous allons enfin trouver un terrain d'entente sur la solidarité" entre Etats membres, a pressé le commissaire européen aux Migrations, Dimitris Avramopoulos, alors que le nombre de migrants traversant la Méditerranée centrale a atteint un niveau record en 2016.

"Il est temps d'interpréter tous de la même manière ce principe" de solidarité, a-t-il exhorté, ne cachant pas son impatience face au blocage de la réforme des règles dites de Dublin. Ces règles déterminent quel pays de l'UE est responsable du traitement d'une demande d'asile, et font peser actuellement un poids démesuré sur l'Italie et la Grèce en première ligne.

La réunion de la Valette intervient sur fond d'inquiétude croissante des Européens face à l'afflux de migrants par la Méditerranée centrale, via la Libye, qui ne semble pas prêt de faiblir.

Un peu plus de la moitié des plus 180.000 migrants africains arrivés sur les côtes italiennes l'an dernier ont déposé une demande d'asile.

Mais la plupart ne sont pas éligibles en principe au statut de réfugiés selon les critères des pays européens, les considèrant le plus souvent comme des migrants économiques irréguliers à renvoyer.

Il ne sont donc pour la plupart pas concernés par l'aspect le plus controversé de la réforme des règles de Dublin, celui de la répartition de réfugiés dans toute l'UE depuis leur point d'arrivée en Europe.

Les règles actuelles désignent le pays de première entrée dans l'UE comme responsable principal d'une demande d'asile. La réforme en chantier ne prévoit pas de revenir sur ce principe, mais d'y déroger dans certains cas exceptionnels d'afflux massif.

C'était déjà l'idée du plan de relocalisation adopté par l'UE en septembre 2015, avec des quotas de répartition dans l'UE de 160.000 réfugiés depuis la Grèce et l'Italie.

Ce plan n'a permis de répartir pour l'heure que près de 11.000 personnes et arrive à échéance en septembre, d'où l'urgence de nouvelles règles.

Mais des pays comme la Hongrie et la Slovaquie continuent de rejeter le principe d'accueillir des réfugiés sur leur sol, proposant de contribuer d'autres manières à la solidarité européenne, notamment financièrement.

Plusieur pays, comme la France et l'Allemagne, estiment toutefois qu'aucun pays ne peut s'exclure totalement de l'accueil d'un minimum de réfugiés dans des cas d'afflux massif.

"Il est temps de trouver un compromis dans les prochains mois", a exhorté jeudi le ministre allemand de de l'Intérieur, Thomas de Maizière.

"Tous nos efforts doivent être concentrés sur la Méditerranée centrale", a de son côté insisté le ministre slovaque de l'Intérieur, Robert Kalinak. "Si nous ne stoppons pas les flux de réfugiés dans les pays d'origine, nous ne pouvons pas réussir".

Avec AFP

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