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Gabon

Le Sénat gabonais vote à son tour la dépénalisation de l'homosexualité

Une rue de Libreville, la capitale gabonaise. (Photo REUTERS/Mike Hutchings)

Le Parlement du Gabon a définitivement adopté lundi un texte, soutenu par le gouvernement, dépénalisant l'homosexualité dans ce pays d'Afrique centrale et provoquant l'ire d'une partie de l'opinion.

Six jours après l'Assemblée nationale (Chambre basse), le Sénat a voté à son tour lundi une modification du Code pénal, annulant une disposition que la Chambre haute avait elle-même introduit dans la loi en juillet 2019, interdisant les "relations sexuelles entre personnes de même sexe".

Depuis un an, avoir un rapport homosexuel était considéré comme une "atteinte au moeurs" passible de 6 mois de prison maximum et d'une amende de 5 millions de francs CFA (7.600 euros). La loi n'avait toutefois jamais été appliquée, selon des sources concordantes.

Lundi, "59 sénateurs ont voté pour la suppression de cet amendement pénalisant l'homosexualité, 17 contre et quatre se sont abstenus", a rapporté à l'AFP une source proche du Sénat, confirmant des informations publiées par plusieurs médias gabonais.

Depuis une semaine, la dépénalisation de l'homosexualité est largement débattue dans la rue, dans la presse, sur les réseaux sociaux. Et au Parlement les débats ont été houleux.

"La nation gabonaise se fissure dangereusement", "la dépénalisation de l'homosexualité passe mal", titraient lundi matin certains journaux gabonais.

Une partie de l'opposition, du clergé et même de la majorité présidentielle se sont exprimés contre cette dépénalisation, estimant que l'homosexualité "était contraire aux us et coutume" du pays.

Certains sont allés jusqu'à affirmer que cette proposition, portée par le gouvernement, ne visait qu'à "faire plaisir" aux bailleurs de fonds occidentaux.

Plusieurs personnalités gabonaises se sont au contraire exprimés publiquement en faveur de la dépénalisation des rapports homosexuels, certains rappelant qu'ils n'avaient jamais été interdits au Gabon avant l'introduction de cet amendement par le Sénat il y a un an.

La première dame du Gabon, Sylvia Bongo Ondimba, a exprimé à plusieurs reprises son soutien à la dépénalisation de l'homosexualité dans le pays. Lundi matin, sa fondation postait sur Twitter: "Nos différences sont notre richesse. Etre tolérant, c'est accepter de vivre ensemble malgré nos différences".

Selon le site d'informations Gabon Media Time, le chef de l'ONU dans le pays a salué le vote au sénat lundi.

L'homosexualité est largement criminalisée en Afrique subsaharienne, où plus de la moitié des pays interdisent ou répriment les rapports homosexuels, parfois de la peine de mort.

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Jean Ping constate "la vacance de pouvoir au sommet de l'État" gabonais

Le chef de l'opposition gabonaise Jean Ping arrive au siège de son parti à Libreville, le 28 août 2016. (Photo AFP)

L’opposant gabonais Jean Ping a déclaré samedi que le président Ali Bongo Ondimba est dans "l'incapacité manifeste" de s'acquitter de ses fonctions et que la nation est désormais dirigée par une "bande" menée par la Première dame Sylvia Valentin Bongo.

M. Ping, 77 ans, a fustigé Mme Bongo comme étant à l’origine du projet de loi sur la dépénalisation de l’homosexualité au Gabon.

"Les Gabonais ne veulent pas de cette dépénalisation de l'homosexualité", a déclaré l'ancien président de la Commission de l'Union africaine qui continue de se déclarer "président élu" du Gabon, près de quatre ans après le scrutin qui l’avait opposé au fils du défunt président Omar Bongo Ondimba en août 2016.

Pour lui, le projet de loi sur la dépénalisation n'est qu'une tentative de "distraction" pour détourner l'attention de "la vacance de pouvoir au sommet de l'État" causée par l’accident cardio-vasculaire qui avait frappé le chef de l’État gabonais en 2018 lors d'une visite en Arabie Saoudite.

La déclaration de M. Ping, qui a été diffusée sur Facebook, intervient quelques jours seulement après que le parlement contrôlé par le Parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir ait voté la dépénalisation de l'homosexualité, moins d'un an après que le même PDG en ait fait un crime.

"Les parlementaires du PDG n'ont rien à faire de la volonté du peuple", a déclaré M. Ping, soulignant qu'il est temps de "mettre fin à cette imposture qui n'a que trop duré".

Dans un langage à peine voilé, l’ex-diplomate a validé les rumeurs qui circulent au Gabon selon lesquelles Mme Bongo serait en train de préparer l’installation au pouvoir de son fils Noureddin Bongo Valentin.

Au début de l'année, le jeune homme avait été promu au rang de "coordinateur général des affaires présidentielles" du Gabon, malgré un parcours professionnel que de nombreux détracteurs jugent squelettique.

“La bande à Sylvia”, a dit M. Ping, s’autorise à “agir au nom d’Ali Bongo Ondimba” pour une “destructuration des fondements de la société” gabonaise. L’objectif, selon M. Ping, est de se positionner comme le seul rempart éclairé dans un Gabon en retranchement obscurantiste.

Il interpelle donc les amis du Gabon à aider le pays “à ne pas sombrer dans le chaos”.

La solution, pour lui, est de "retirer" cette "loi scélérate", a-t-il ajouté, empruntant une expression déjà utilisée par le clergé gabonais qui est farouchement opposé à la dépénalisation des rapports homosexuels.

Aucune réaction des autorités gabonaises n'a été immédiatement disponible.

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Le gouvernement gabonais tente de sauver l'année scolaire pour les classes d'examen

Des élèves du lycée catholique Immaculée Conception dans une rue de Libreville, Gabon, 15 juin 2009. (AP Photo/Sunday Alamba, file)

Le calendrier de la reprise des cours et de l’examen du baccalauréat au Gabon est connu. Mais l’année scolaire déjà chamboulée par la crise sanitaire reprend dès le 20 juillet prochain et concerne exclusivement les élèves des classes de terminale qui passeront l’examen du baccalauréat au mois d’août.

Les leaders syndicaux de l’éducation avaient déjà quelques semaines plus tôt appelé à cette reprise des cours. C’est le cas du SENA, dont le chef de file, Fridolin Mvé Messa, conditionnait la relance des activités pédagogiques par la mise en œuvre d'un dispositif sanitaire et sécuritaire au sein des établissements.

"Bien que se réjouissant d’une rentrée qui écarte les classes intermédiaires au profit des élèves des classes de terminale qui doivent passer le baccalauréat, nous aurions souhaité que ce calendrier soit aménagé de sorte que tout finalement reprenne début septembre, quitte à décaler la rentrée des classes 2021-2022", déclare M. Mvé Messa.

Reprise des cours pour les élèves gabonais
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Cette inquiétude du secrétaire du syndicat est partagée par certains parents d’élèves aux moyens limités.

"J’ai un candidat au baccalauréat cette année, je déplore le fait que le gouvernement n’ait pas pu effectuer un suivi-évaluation du e-learning pour juger de son efficacité", selon Julien Nyaré, parent d’élèves, qui dénonce l’improvisation dans l’annonce gouvernementale portant reprise des cours. "Sans cette évaluation, c’est l’échec assuré pour beaucoup d’enfants, surtout pour ceux qui apprennent en zone rurale et qui n’ont pas accès à internet", s’inquiète-t-il, soulignant que les programmes scolaires alternatifs à distance n’ont pas atteint toutes les couches sociales pendant le confinement.

Les autorités disent avoir fait de leur mieux étant donné les circonstances extraordinaires du moment.

​Le gouvernement était "soumis à de difficiles arbitrages entre organiser une reprise globale des cours pour tous les niveaux d’études et privilégier le baccalauréat", avoue un conseiller technique du ministère gabonais de l’éducation nationale​ ayant requis l'anonymat. Les autorités ont donc choisi de mettre en avant le baccalauréat.

La même source souligne que les autres examens tels que le Bepc et le CEP seront organisés par le ministère à une date qui reste tributaire de la maitrise de la situation épidémiologique du pays.

Au niveau de l’enseignement supérieur, le calendrier révisé par le gouvernement prévoit une reprise des activités académiques dès le 13 juillet.

Ces mesures d’assouplissement du confinement du Gabon en cours depuis le 14 mars dernier et bien d’autres touchant les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration - exceptés les lieux de culte et les bars - sont contenues dans le plan de reprise des activités présenté mercredi lors d'une conférence de presse organisée par le gouvernement.

Le chef du gouvernement, Julien Nkoghe Bekalé, motive l’allègement des mesures de restriction par la baisse des contaminations dans le pays, mais aussi par la nécessité de relancer l’économie.

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