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Marasme économique et transhumance politique ont marqué 2020 au Sénégal


Prise de température d'un garçon dans un refuge pour enfants de rue nouvellement arrivés, à l'extérieur de Dakar, le 10 avril 2020.

Les Sénégalais ont été marqués par les conséquences de la maladie Covid-19, l’économie a énormément souffert et les hommes politiques en ont profité pour nouer des alliances inattendues.

Depuis le 2 mars 2020 et l’annonce du premier cas positif de Covid-19 au Sénégal, la vie est rythmée par la pandémie.

Le bilan des Sénégalais de l’année 2020

"Cette année, on ne peut pas l’oublier. C’est une année de mensonge et de tristesse", confie Pape. El Hadji lui estime que sur le plan politique: "on doit apprendre que la parole donnée est sacrée. C’est une pique que j’adresse aux politiciens. Sur le plan économique, la pandémie a tout bouleversé donc les gens doivent se mettre au travail. Sur le plan social, nous sommes dans une crise et les plus riches doivent penser aux plus pauvres parce que ça va aller de mal en pis".

Pour Adja, c’était "une année un peu difficile qui a complètement freiné l’économie et avec la pandémie au début il y avait beaucoup de cas et les gens avaient du mal à croire en la maladie et finalement les gens y ont cru et on a été obligé de se confiner et après il y a eu une baisse des cas. Politiquement aussi c’était mouvementé avec les transhumances et autres mais espérons que 2021 soit meilleure".

L'économie gravement touchée

L’économie a été l’un des secteurs les plus touchés par la pandémie et si les Sénégalais espèrent que 2021 sera meilleur, ce n’est pas le cas des experts.

L’année qui commence sera au mieux une période de transition, d’après El Hadj Ibrahima Thiam, chef du desk économie du quotidien national Le Soleil.

"La relance de l’économie ne sera pas facile d’autant plus qu’après une chute des contaminations on est en face d’une seconde vague, on parle déjà de 3e vague et je ne suis pas sûr que le début des vaccinations permettra de relancer les économies", analyse-t-il.

Pour lui, les économies sont tellement à terre que les gens pensent que s’il y a "une relance ce sera vers 2022-2023 donc même s’il y a une accalmie ce sera par exemple une année de convalescence de l’économie mondiale", conclut-il.

Idrissa Seck, l'événement politique de l'année

En 2020, le Covid-19 a aussi été le prétexte de certaines alliances politiques. Ainsi Idrissa Seck, jusqu'ici principale figure de l’opposition sénégalaise, a rejoint la mouvance présidentielle, bouleversant au passage le paysage politique.

Pour l’analyste politique Hamidou Hanne, cette alliance a une source autre que le Covid-19. "Les deux hommes politiques (Idrissa Seck et Macky Sall) négociaient depuis un moment et finalement pour des intérêts qui leurs sont propres, pour des considérations qu’eux-mêmes expliqueront un jour ou que l’histoire nous permettra de connaître avec un peu plus de précision, ils ont décidés de se mettre ensemble, de gouverner ensemble", constate-t-il.

Idrissa Seck, Nouveau Président du Conseil Économique Social et Environnemental, à Dakar, le 1er novembre 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Idrissa Seck, Nouveau Président du Conseil Économique Social et Environnemental, à Dakar, le 1er novembre 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Idrissa Seck a donc quitté le champ de l’opposition pour rejoindre la majorité et l’analyste politique Hamidou Anne ne pense pas que ce "revirement est imputable au Covid-19, c’est juste un prétexte qui a été trouvé pour justifier le changement de perspective d’Idrissa Seck et d’autres ténors de l’opposition".

2020 a donc été une année globalement marquée par la pandémie qui a provoqué une instabilité socio-économique avant d’être utilisée comme prétexte dans des alliances politiques inattendues. Si les citoyens disent qu’ils ne vont pas regretter 2020, L’année 2021 qui s’annonce polarise tous les espoirs.

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