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Le robot martien Opportunity désormais hors service

Le robot Opportunity roulait sur Mars depuis 2004. (Photo de la Nasa, le 24 janvier 2004).

Le robot Opportunity, qui roulait sur Mars depuis 2004 et a confirmé que de l'eau y coulait autrefois, a officiellement été déclaré hors service mercredi par la Nasa, marquant la fin d'une des missions les plus fructueuses de l'histoire de l'exploration du système solaire.

"Je déclare la mission Opportunity terminée", a déclaré le responsable scientifique de la Nasa, Thomas Zurbuchen, lors d'une conférence de presse à Pasadena en Californie, au Jet Propulsion Laboratory d'où sont pilotés les rovers américains.

"Même si c'est une machine, c'est difficile de dire adieu, c'est poignant", a dit le chef du programme John Callas.

Le contact était perdu depuis le 10 juin 2018, quand une tempête de poussières a englobé la planète rouge, obscurci l'atmosphère pendant plusieurs mois et empêché le rover de recharger ses batteries par ses panneaux solaires.

Après huit mois et plus d'un millier de messages envoyés depuis la Terre restés sans réponse, la Nasa avait décidé que l'ultime tentative aurait lieu mardi soir. "Nous n'avons rien entendu en retour, donc c'est le moment de faire nos adieux", a dit John Callas.

Au fil des mois de silence, la communauté de chercheurs et d'ingénieurs impliqués dans le programme semblait avoir préparé son deuil du mythique rover.

"Englouti par une tempête de poussières géante englobant la planète entière: y-a-t-il fin plus appropriée pour une mission aussi parfaite et courageuse que celle d'Opportunity?" a déclaré Frank Hartman, qui a conduit le robot pendant sept ans.

"C'est une célébration de tant de succès", a estimé le patron de la Nasa, Jim Bridenstine.

Son bilan est extraordinaire dans l'histoire de l'exploration planétaire: 45,16 kilomètres parcourus, plus que le rover soviétique Lunokhod 2 sur la Lune dans les années 1970 et plus que le rover conduit par les astronautes américains de la mission Apollo 17 sur la Lune en 1972 (35 km).

Opportunity a aussi envoyé sur Terre 217.594 images, toutes mises à disposition du public sur internet.

- Un seul rover actif -

Des robots avaient atterri sur Mars avant lui, mais à chaque fois dans des endroits plats, sans capacité de se déplacer pour explorer des roches ou des montagnes visibles à distance.

"Nous étions coincés, et il nous a débloqués", a décrit Jennifer Trosper, ingénieure travaillant sur le successeur de Opportunity, baptisé Mars 2020.

"Pour le grand public, Mars est devenue cet endroit dynamique qu'on pouvait explorer tous les jours", a dit à l'AFP Emily Lakdawalla, experte de l'exploration spatiale qui écrit pour la Planetary Society.

"Le rover était si mobile qu'il semblait être une créature animée", a-t-elle développé. "Il avait cette perspective quasi-humaine sur la surface de Mars, ses yeux étaient écartés comme des yeux humains, à une hauteur d'environ 1,50 mètre du sol, comme des humains. C'était comme un avatar de l'humanité qui voyageait sur la surface".

Opportunity avait atterri sur une grande plaine où il a passé la moitié de sa vie, traversant des kilomètres de plat et restant même bloqué quelques semaines dans une dune de sable. C'est là que le robot, avec ses instruments de géologie, a permis de confirmer que de l'eau liquide se trouvait un jour sur Mars.

La seconde partie de sa vie, il a remonté les flancs du cratère Endeavour, prenant de spectaculaires clichés panoramiques... et découvrant des veines de gypse, nouvelle preuve que de l'eau coulait entre ces roches.

Son jumeau Spirit avait atterri trois semaines avant lui, et s'est éteint en 2010. Les deux ont largement rempli les attentes de leurs concepteurs: leurs missions devaient théoriquement durer 90 jours, des durées souvent dépassées mais rarement d'autant...

Seul un rover reste encore actif sur Mars, également américain: Curiosity, qui a atterri en 2012. Lui n'est pas dépendant du Soleil car son énergie vient d'un petit réacteur nucléaire.

En 2021, il sera rejoint, sur un autre site de la planète, par le robot récemment baptisé Rosalind Franklin, dans le cadre de la mission européano-russe ExoMars.

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Quatrième débat démocrate : l'analyse de l'éditorialiste politique René Lake

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Débat démocrate : Joe Biden se défend de toute irrégularité

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Présidentielle américaine: l'étoile montante Warren assaillie par ses rivaux démocrates

Douze candidats à l'investiture démocrate débattent dans l'Ohio, un nombre record. (Photo by Nicholas Kamm / AFP)

Le vent en poupe, Elizabeth Warren a reçu pour la première fois le feu croisé de ses rivaux démocrates pour la présidentielle américaine de 2020, les candidats, Joe Biden en tête, présentant toutefois un front uni contre le président américain Donald Trump menacé de destitution.

Mesures "vagues" ou "punitives": Sur la santé, l'impôt sur les grandes fortunes et la politique étrangère, la sénatrice progressiste a été mardi soir assaillie de critiques de la part de rivaux soucieux de freiner son ascension.

Les candidats centristes ont été particulièrement virulents, en reprochant des propositions peu réalistes à celle qui se targue d'avoir un programme ultra-détaillé.

Parmi eux, le jeune maire Pete Buttigieg, quatrième dans les sondages, est parvenu à s'imposer à plusieurs reprises sur le plateau après trois premiers débats en retrait.

Très attendu après avoir subi une crise cardiaque, le sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans, a retrouvé son ton combatif, se risquant même à à plaisanter sur sa "pleine forme".

La terre a tremblé pour la politique américaine depuis le précédent débat démocrate en septembre, avec l'ouverture il y a trois semaines au Congrès d'une enquête initiant une procédure de destitution à l'encontre du président républicain Donald Trump dans l'affaire ukrainienne.

"Ce président est le plus corrompu de l'Histoire moderne", a lancé Joe Biden, avant de se défendre de tout acte répréhensible face au président qui l'accuse sans preuve, ainsi que son fils Hunter, d'être "corrompus".

"Mon fils n'a rien fait de mal. Je n'ai rien fait de mal", a martelé l'ancien vice-président de Barack Obama et l'un des grands favoris démocrates pour affronter Donald Trump lors de la présidentielle de novembre 2020.

C'est parce qu'il a demandé à Kiev d'enquêter sur les Biden que Donald Trump est aujourd'hui soupçonné par les démocrates d'abus de pouvoir et d'avoir réclamé l'ingérence d'une puissance étrangère pour son bénéfice politique.

- Trump "instable et fou" -

Le scandale a éclaté alors même que Joe Biden, 76 ans, était déjà rattrapé au sommet des sondages par la progressiste Elizabeth Warren, 70 ans (29,4% pour lui, contre 23,4% selon la dernière moyenne établie par RealClearPolitics).

Ancienne professeure en droit à Harvard, pourfendeuse de Wall Street, elle a largement dépassé cet été le socialiste Bernie Sanders dans les sondages (15,6%).

Face à l'avalanche de tacles, signe de son nouveau statut de grande favorite, Elizabeth Warren s'est montrée stoïque, s'en tenant à son programme mais sans faire d'étincelles.

Sa capacité à réagir aux attaques pourrait être un point essentiel aux yeux des électeurs démocrates qui veulent avant tout s'assurer qu'ils choisiront le candidat capable de battre Donald Trump, connu pour ses critiques acérées.

Après l'annonce par Donald Trump du retrait des troupes américaines du nord de la Syrie, les candidats ont eu des sorties passionnées contre la politique étrangère du républicain, dénonçant un acte "honteux" de la part d'un président "instable et fou".

Les deux seuls démocrates sur le plateau à avoir servi dans l'armée ont toutefois croisé le fer sur le sujet.

Si "Donald Trump a le sang des Kurdes sur les mains, de nombreux élus" américains de tous bords aussi, car ils ont soutenu une guerre visant à "changer le régime" syrien, a dénoncé l'élue de la Chambre des représentants, Tulsi Gabbard, 38 ans.

"Vous avez totalement tort", lui a rétorqué froidement Pete Buttigieg, 37 ans, affirmant que le "massacre en Syrie n'est pas la conséquence de la présence américaine, c'est une conséquence du retrait et de la trahison par ce président d'alliés des Américains".

- AOC pour Bernie? -

Bernie Sanders signait sur le plateau son grand retour dans la campagne après son infarctus du 1er octobre.

Interrogé sur cet accident de santé, il a assuré qu'il livrerait une "campagne vigoureuse à travers le pays. C'est comme ça que je pense rassurer les Américains".

Il a annoncé qu'un "invité spécial" se rendrait au grand meeting qu'il prévoit samedi à New York. Il pourrait s'agir de la médiatique élue de la Chambre Alexandria Ocasio-Cortez qui lui apporterait à cette occasion son soutien, d'après des médias américains.

Les doutes demeurent néanmoins sur sa capacité à tenir la longueur d'une campagne présidentielle exténuante. Et sa crise cardiaque a attiré l'attention sur l'âge des septuagénaires occupant le trio de tête.

Joe Biden, 76 ans, a rétorqué que son "âge et expérience" faisait partie de ses atouts dans la présidentielle.

Avec AFP

Les démocrates avancent dans leur enquête en vue de destituer Trump

Le président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, Adam Schiff, lors d'une conférence de presse avec la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, au Capitol à Washington, le 2 octobre 2019.

Les démocrates ont affirmé mardi qu'ils accumulaient les éléments à charge en vue de destituer le président américain Donald Trump grâce à une série d'auditions parlementaires, en dépit du refus réitéré de la Maison Blanche de coopérer à leur enquête.

Le Congrès a fait sa rentrée mardi après deux semaines sans siéger, que les élus démocrates de la Chambre des représentants ont mis à profit pour faire avancer leur enquête sur le président américain. Ils cherchent à déterminer si Donald Trump a abusé de sa fonction pour forcer Kiev à enquêter sur l'ancien vice-président démocrate Joe Biden, en lice pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

La chef des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, et le responsable de l'enquête à la Chambre Adam Schiff ont déploré lors d'une conférence de presse le refus de l'administration Trump de fournir des documents au Congrès.

Le vice-président Mike Pence, le ministère de la Défense, la direction du Budget de la Maison Blanche et l'avocat personnel du président, Rudy Giuliani, se sont soustraits mardi aux injonctions du Congrès. Selon Adam Schiff, "il y a de plus en plus de preuves d'une entrave au travail du Congrès" de la part de l'administration Trump.

La Maison Blanche reproche en particulier à Nancy Pelosi de ne pas avoir organisé de vote en séance plénière à la Chambre des représentants pour initier cette procédure explosive de destitution ("impeachment"), contrairement aux précédents les plus récents (contre Richard Nixon en 1974 et Bill Clinton en 1995).

"Il n'y a pas d'obligation à avoir un vote et à ce stade, nous n'aurons pas de vote", a répliqué la chef démocrate, s'appuyant sur une lecture contraire de la Constitution.

- "Grenade dégoupillée" -

"Nous continuons malgré tout à recueillir des informations bonnes et importantes de témoins courageux", a précisé Adam Schiff, en référence notamment à l'audition la veille d'une diplomate, Fiona Hill, qui fut conseillère à la Maison Blanche sur l'Ukraine et la Russie jusqu'à cet été.

Selon plusieurs médias, elle a expliqué aux élus que l'ancien conseiller à la Sécurité nationale John Bolton s'était alarmé des efforts déployés par Rudy Giuliani auprès du gouvernement de Kiev pour qu'il rassemble des éléments compromettants sur Joe Biden.

John Bolton voyait l'ancien maire de New York et avocat personnel du président "comme une grenade dégoupillée prête à faire sauter tout le monde" et avait suggéré de saisir les juristes de la présidence, aurait-elle déclaré.

Rudy Giuliani a cherché pendant des mois à convaincre Kiev d'ouvrir une enquête sur le groupe gazier Burisma qui employait le fils de Joe Biden, Hunter. Pour ce faire, il avait noué des contacts avec des intermédiaires en parallèle des canaux officiels de la diplomatie américaine.

John Bolton, qui a été démis de ses fonctions en septembre, aurait, selon Mme Hill, comparé les efforts de l'avocat du président et du chef de cabinet de la Maison Blanche, Mick Mulvaney à des "manoeuvres de trafiquants de drogue".

- "Erreur de jugement" -

Les démocrates sont convaincus que Rudy Giuliani a posé "les bases" pour l'appel téléphonique entre Donald Trump et son homologue ukrainien au coeur du scandale.

Lors de cet échange, à la fin juillet, le président américain a demandé à Volodymyr Zelensky de "se pencher" sur les Biden.

Suite à l'intervention d'un lanceur d'alerte, la Maison Blanche a rendu publique une transcription de cette conversation, ce qui a convaincu Nancy Pelosi d'enclencher le 24 septembre la procédure de destitution à l'encontre du milliardaire républicain.

Donald Trump clame depuis que son appel était "irréprochable" et assure avoir légitimement voulu combattre la "corruption" des Biden.

Dans sa première interview depuis que l'affaire a éclaté, Hunter Biden a reconnu mardi avoir commis une "erreur de jugement" en faisant des affaires en Ukraine. "J'ai donné l'opportunité à des personnes très immorales de faire du mal à mon père", a-t-il poursuivi en niant toutefois toute "erreur éthique".

- "Avancer vite" -

Mardi, les élus du Congrès ont interrogé un haut responsable du Département d'Etat spécialiste de l'Ukraine, George Kent.

Mercredi, ce sera le tour de Michael McKinley, conseiller du Secrétaire d'Etat Mike Pompeo jusqu'à sa démission en fin de semaine dernière.

L'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, un proche de Donald Trump est très attendu jeudi.

"Nous voulons avancer vite", a expliqué l'élu démocrate Mark Pocan, en rappelant que l'objectif était de soumettre des articles de mise en accusation du président au vote de la Chambre des représentants avant la fin de l'année.

Il reviendra ensuite au Sénat d'organiser le procès de Donald Trump. Compte-tenu de la majorité républicaine dans cette enceinte, sa destitution est à ce stade peu probable.

Avec AFP

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