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Le projet de loi criminalisant les actes de viol et de pédophilie sur la table des députés

Des femmes en marche de protestation après le meurtre de Binta Camara dans cette ville situé à environ 500km au sud-est de Dakar, le 26 mai 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, le projet de loi criminalisant les actes de viol et de pédophilie devant être soumis aux députés lundi prévoit un durcissement des condamnations, qui pourront aller jusqu’à l’emprisonnement à perpétuité des coupables.

Ce projet de loi répond à un besoin urgent de freiner les violences faites aux femmes qui ne cesse de croître dans le pays.

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Na Maimouna Djitté à Dakar, le 26 mai 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Na Maimouna Djitté à Dakar, le 26 mai 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)


Dans les transports en commun, dans les foyers et dans les espaces publics, les femmes subissent toutes sortes de violences.

Les femmes se tournent vers des structures spécialisées qui portent anonymement leurs voix et leurs combats. Na Maimouna Djité, membre de l'Observatoire des relations de genre au Sénégal, explique : "Tu sors, tu dis à un de tes parents: 'j'ai été tabassée par mon mari' ,et ils te répondent: 'retourne vers ton mari et vas gérer ton ménage'".

Pour l'activiste, les gens ne sont pas réellement conscients de ce que les femmes endurent dans leur vie de couple. Na Maimouna pense que c'est ce qui pousse beaucoup de femmes à avoir peur de s'exprimer parce que "la société également n'a pas donné la place qu'il faut à la femme".

C'est donc le modèle de société sénégalais qui explique, en partie, cette violence subit par les femmes, comme l'indique le Professeur Djiby Diakhaté. Pour le sociologue, le Sénégal a une société où on a mis essentiellement l'accent sur le patriarcat.

Le patriarcat, c'est une communauté dans laquelle les hommes ont plus de privilèges que les femmes. Or, ajoute le sociologue, le patriarcat est essentiellement renforcé par l'acceptation d'un certain nombre de dispositions qui renvoient aux cultes.

Le Pr Diakhaté développe : "nous avons, par exemple, la religion musulmane, la religion chrétienne et un certain nombre de traditions animistes et païennes" qui mettent l'accent sur l'idée que l'homme doit prendre l'ascendant sur la femme.

L'universitaire affirme que lorsque ces choses sont intériorisées, les gens ont tendance à développer des attitudes et des comportements qui sont de nature à montrer des fois, de la façon la plus brutale, l’autorité de l'homme sur la femme.

Les femmes sont ainsi victimes de beaucoup d'abus, comme le constate Na Maimouna Djitté de l'Observatoire des relations de genres au Sénégal. "Des fois, même dans la circulation, dans les bus, tu vois des femmes qui sont côtoyées par des hommes qui font des attouchements, on le vit tous les jours", confie-t-elle.

Na Maimouna ajoute que "des femmes sont violées en pleine journée"; ce qui montrent que des pratiques inacceptables existent dans notre société. Et pour elle, "il est temps d'arrêter ce genre de pratique".

Une commission de l'Assemblée nationale analyse un projet de loi anti-viol
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Pour que ces violences cessent, il faut que les femmes puissent faire face, et cela passe nécessairement par une émancipation d'après Djiby Diakhaté.

Le professeur de sociologie affirme que "la femme a droit à des droits et ces droits doivent être respectés". Selon lui, ces droits sont "inaliénables, intangibles et on doit respecter le droit de la femme".

Ce qui lui fait dire qu'il faut un travail de sensibilisation à l'endroit des hommes, mais aussi un travail de déconstruction et de sensibilisation à l’endroit des femmes.

"Il faut voir que beaucoup de femmes ont tendance à accepter leur sort, à se dire qu'il en est ainsi et qu’on ne peut pas changer l’ordre des choses. Alors si on tombe dans cette sorte de fatalité tout se passe comme si le sort est déjà jeté et qu'on ne peut absolument rien faire pour changer la tendance".

Pour conclure, le Pr Diakhaté suggère "un travail de déconstruction au niveau mental pour amener certaines femmes à effectuer ce que l'on peut appeler une insurrection mentale".

Les associations, mouvements et structures spécialisées dans l’appui aux femmes vulnérables mènent souvent des actions pour dénoncer les abus basés sur le genre. Sur la même lancée, le gouvernement compte sur le durcissement des sanctions pour faire baisser les violences faites aux femmes.

Le viol et la pédophilie, autrefois des délits avec des peines de trois ans d’emprisonnement, seront désormais considérés comme des crimes, avec de lourdes peines pouvant aller jusqu'à la perpétuité.

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La délicate question de la prise en charge des urgences médicales

Ndeye passe ses journées à l’hôpital depuis l’hospitalisation de sa mère le 31 décembre 2019, 13 janvier 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, des cas d'urgence non pris en charge convenablement sont souvent décriés par les patients et leurs accompagnants. Et pour y remédier le ministre de la Santé a pris des mesures.

À l'hôpital de Fann, le service des urgences tourne à plein régime tout au long de la journée mais cela n'empêche pas les blouses blanches de prendre en charge les patients de la meilleure des manières.

De nouvelles mesures pour mieux traiter les urgences à l'hôpital
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Au chevet de sa mère malade, Ndeye explique comment celle-ci a été prise en charge dès son arrivée. "Je peux dire que la décision du ministre a été appliquée à la lettre", affirme d'emblée celle dont la maman est hospitalisée au service neurologie. Arrivée le 31 décembre, sa mère a été pris en charge directement sans contrepartie financière immédiate.

"C’est une dizaine de jours après son hospitalisation qu’on m’a appelé dans le bureau du major pour me demander une caution", confie Ndeye qui ajoute que c’est juste l’IRM qui a nécessité un déplacement en ambulance dans une clinique parce qu’ici "la machine pour l’IRM est en panne".

Pour d'autres, l'expérience a failli tourner au drame. Kara Mbaye raconte comment il a attendu des heures avec son ami malade avant d'être convenablement pris en charge.

"Nous étions venu vers 5 heures du matin mais on a attendu jusqu’à 9 heures pour que le service commence le travail. On a attendu encore jusqu’à 13 heures pour être accueilli, faire un scanner et il n’y avait pas beaucoup de suivi par la suite", peste le jeune homme.

Il ajoute que la dégradation de l'État de son ami l'a poussé a appelé un médecin qui a constaté que le malade avait une forte fièvre et c'est ainsi qu'il l’a mis sous perfusions après "on nous a dit qu'il devait être hospitalisé au service des maladies infectieuses vu que son paludisme s’était un peu aggravé ce que l’on appelle en médecine neuro-paludisme".

Kara Mbaye pense que cela est un manque de suivi parce que s'il n'avait pas constaté le tremblement et la température du malade qui était en train d’augmenter, "c’est lui qui allez payer les pots cassés".

Les structures sanitaires font ce qu'il faut mais certains accompagnateurs sont souvent en état de choc et ne parviennent pas à s'organiser comme il faut. C'est du moins l'avis d’Amadou Lamine Fall, chef du service de la communication et de l'information du Centre Hospitalier Universitaire de Fann.

Ce dernier estime que du côté de la population pour la plupart du temps "quand tu as un malade tu es effaré, égaré et c’est normal d'aller à la structure sanitaire la plus proche".

Mais d'après lui, une fois arrivé à l'urgence si le cas ne peut pas directement être pris en charge par l'hôpital, le médecin le consulte, le conditionne et le met dans l'ambulance pour l'orienter vers la structure la plus habilitée à le prendre.

"Les populations, on ne peut pas les critiquer parce qu’elles ne savent pas pour l'essentiel", affirme le chef du service de la communication et de l'information du Centre Hospitalier Universitaire de Fann.

Pour lui, une sensibilisation doit se faire de manière à expliquer davantage que l’urgence est prise par tel ou tel hôpital cependant il reconnaît que dans tous les cas quelle que soit l’urgence, il peut normalement être pris en charge par n’importe quel hôpital.

Dorénavant, le ministère de la santé oblige les hôpitaux à prendre en charge prioritairement les malades qui arrivent en situation d'urgence. Faute de places ou de conditions de prise en charge optimale, le patient devra être référencé et évacué en ambulance vers une structure sanitaire qui pourra s'assurer de sa prise en charge à l'arrivée.

De nouvelles mesures pour mieux traiter les urgences à l'hôpital

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Dopage et corruption : le procès du clan Diack torpillé et renvoyé dès le premier jour

Lamine Diack, au centre, arrive au Palais de Justice à Paris, France le 13 janvier 2020.

Le procès de l'ancien patron de la fédération internationale d'athlétisme (IAAF) Lamine Diack, de son fils Papa Massata et de quatre autres acteurs pour corruption sur fond de dopage en Russie, a été renvoyé dès le premier jour, au moins jusqu'en juin, torpillé par les problèmes de procédure.

A 86 ans, le Sénégalais, qui a régné de 1999 à 2015 sur l'IAAF, doit répondre, devant les juges de la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, des délits de corruption active et passive, abus de confiance et blanchiment en bande organisée. Il risque jusqu'à dix ans de prison et une lourde amende.

Mais l'audience a tourné court. Dès l'ouverture, les procureurs financiers ont demandé son renvoi, au motif de l'arrivée très tardive sur leur bureau d'actes d'enquête qui avaient été demandés par les juges d'instruction en 2016 et auxquels la justice sénégalaise n'avait jusque-là jamais donné suite. Parmi ces éléments, une audition du fils de Lamine Diack, l'ancien puissant conseiller marketing de l'IAAF, Papa Massata Diack, réfugié à Dakar depuis l'arrestation de son père, novembre 2015, et qui a toujours échappé à la justice française.

PMD est un acteur clé de l'affaire et il devait être jugé en son absence à partir de lundi pour corruption et complicité, blanchiment en bande organisée et recel d'abus de confiance.

- Politique -

Le dossier est sensible au Sénégal, car Lamine Diack a reconnu durant l'enquête avoir permis que des sanctions disciplinaires contre des athlètes russes soupçonnés de dopage soient retardées, à partir de fin 2011, en échange d'un financement de Moscou à hauteur d'1,5 million d'euros pour faire battre le sortant Abdoulaye Wade à la présidentielle sénégalaise de 2012. L'élection avait été remportée par Macky Sall, toujours en place.

Autres contreparties aux indulgences de l'antidopage dans l'athlétisme, la générosité d'un sponsor russe, la banque d'Etat VTB et des droits télés plus juteux lors des Mondiaux d'athlétisme de Moscou, en 2013.

Le retard dans le traitement des dossiers avait permis à plusieurs athlètes aux passeports biologiques suspects de participer aux JO de Londres-2012, et pour certains d'être médaillés, comme les marcheurs Sergey Kirdyapkin et Olga Kaniskina, ou Yuliya Zaripova (3.000 m steeple). Leurs titres ont ensuite été retirés pour dopage.

"Ces (nouvelles) pièces" envoyées par le Sénégal, "nous les avons reçues physiquement ce matin (...) n'avons pas pu les étudier", ni les communiquer aux autres parties, a constaté l'un des procureurs financiers, Arnaud de Laguiche, en montrant aux juges une lourde pile de dossiers et en regrettant une réponse si tardive.

Mais "nous ne pouvons pas faire comme si ces pièces n'existaient pas", a-t-il ajouté. L'autre procureur financier présent à l'audience, Eric Russo, a soulevé un second problème procédural, en soulignant que les juges d'instruction avaient renvoyé au tribunal Papa Massata Diack pour un délit, le recel d'abus de confiance, qui ne figurait pas dans son mandat d'arrêt international.

En conséquence, la présidente de la 32e chambre, Marie-Rose Hunault, a annoncé le renvoi de l'affaire, en prévoyant un procès du 3 au 22 juin prochains. Devant elle, Lamine Diack, cheveux blancs et lunettes sur le nez, qui était arrivé dans la salle d'audience au bras d'un proche, est resté impassible.

"Il tient à s'expliquer", a assuré l'un de ses avocats, Simon Ndiaye.

- Sponsors -

L'ancien cacique du sport mondial doit comparaître avec l'un de ses anciens conseillers, l'avocat Habib Cissé, et l'ancien responsable du service antidopage de l'IAAF, Gabriel Dollé, jugés eux pour corruption passive.

Deux autres prévenus manquaient à l'appel lundi : l'ancien patron de la fédération russe d'athlétisme, Valentin Balakhnitchev, et l'ancien entraîneur national des courses de fond, Alexeï Melnikov, soupçonnés d'avoir soutiré des sommes à sept athlètes en échange de leur protection contre des sanctions, pour un total évalué à 3,45 millions d'euros.

Au-delà des cas de dopage, Lamine Diack doit aussi être jugé pour avoir permis à son fils de s'approprier d'importantes sommes dans les négociations avec les sponsors, en imposant ses sociétés comme intermédiaires, ou via des commissions "exorbitantes". L'IAAF, rebaptisée World Athletics et présidée par Sebastian Coe, réclame 24,6 millions d'euros sur ce volet, sur un préjudice estimé à 41 millions.

Depuis l'arrestation de Lamine Diack à Paris en novembre 2015, les scandales se sont multipliés: la Russie a été accusée de dopage institutionnel et Lamine Diack est aussi mis en examen pour corruption, soupçonné d'avoir monnayé son influence dans les processus d'attribution des Jeux olympiques de Rio-2016 et Tokyo-2020 et des Mondiaux d'athlétisme 2015 à Pékin, ainsi que pour Doha, qui a obtenu les Mondiaux-2019 après un échec pour 2017. Des soupçons qu'il réfute.

Des agriculteurs sénégalais cultivent du cannabis

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Le rappeur Akon va investir dans un projet écotouristique au Sénégal

Le rappeur Akon.

Le rappeur Akon a décidé d'investir dans l'écotourisme sur la côte Atlantique au Sénégal, le pays d'origine de sa famille, ont indiqué jeudi des responsables du gouvernement et du secteur.

Connu pour ses tubes R&B "Locked Up" ou "Smack That", le chanteur et producteur américano-sénégalais de 46 ans a signé mardi au Sénégal un accord avec la société publique Sapco (Société d'aménagement et de promotion des côtes et zones touristiques du Sénégal).

"Au-delà de son statut d'artiste, c'est Akon, l'investisseur qui a foi en l'Afrique, qui est reçu", a dit le ministère du Tourisme dans un communiqué publié à l'occasion de cette signature.

Les contours du projet final restent à préciser. Le secrétaire général de la Sapco, Alioune Ndiaye, a indiqué jeudi à l'AFP que le document signé était un protocole d'accord et que le montant de l'investissement n'était pas encore arrêté. Akon entend ériger un complexe dans le village de Mbodiène, au sud de Dakar, a-t-il dit sans plus de précision. Un porte-parole du ministère du Tourisme a parlé quant à lui de projet de village de tourisme durable.

Une partie de la presse sénégalaise va jusqu'à anticiper la construction d'une ville "durable" et "futuriste", véritable "Akon City", sur des dizaines d'hectares.

Le rappeur, Alioune Badara Thiam de son vrai nom, est né aux Etats-Unis de parents sénégalais et a passé une partie de son enfance au Sénégal avant de retourner à l'âge de sept ans aux Etats-Unis, où il a accédé plus tard à la notoriété.

Il n'est pas la seule célébrité à revenir aux sources pour semblable investissement. L'acteur et réalisateur britannique Idris Elba projette de bâtir un complexe touristique écoresponsable sur une île de la Sierra-Léone, autre pays d'Afrique de l'Ouest d'où son père était originaire. Il y a été reçu pour la première fois en décembre et en a reçu la citoyenneté.

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