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Le processus de désarmement malien endeuillé par l'assassinat d'un membre de l'ex-rébellion

Les forces de maintien de la paix de la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA) patrouillent à Tombouctou, le 2 mai 2016.

Un responsable de l'ex-rébellion touareg dans le nord du Mali, membre d'une unité mixte formée notamment de soldats et d'ex-rebelles, a été assassiné dimanche à Tombouctou (nord-ouest), deux semaines après le difficile démarrage du processus de désarmement et démobilisation.

Moulaye Touhami faisait partie du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), une des composantes de la "Plateforme" (pro-gouvernementaux), et était intégré au sein du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC), une unité mixte formée de soldats maliens et d'anciens rebelles. C'était un partisan "de la paix", selon deux de ses camarades interrogés séparément par l'AFP.

Il a été "assassiné dimanche à Tombouctou par des terroristes dans le quartier Abaradjou", a déclaré à l'AFP une source sécuritaire malienne. "Les terroristes ont tiré plusieurs balles sur lui", a confirmé un responsable de l'ex-rébellion séjournant actuellement à Tombouctou dans le cadre du processus "Désarmement, démobilisation et Réinsertion" (DDR), lancé le 6 novembre.

"Le lâche assassinat de Moulaye a pour objectif de faire peur à tous ceux qui veulent aller vers la paix", a déclaré un élu de Tombouctou s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Le 9 septembre, le commandant Saloum Ould Becki, "chef de mission" de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg) au sein du MOC, avait déjà été assassiné à Tombouctou.

L'objectif du MOC est d'instaurer la confiance entre l'armée malienne et les groupes armés impliqués dans le processus de paix, lancé en 2015, mais aussi de rassurer les populations dans ce pays du Sahel toujours confronté à la violence jihadiste.

Le processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion, inscrit lui aussi dans les accords de paix de 2015, prévoit l'inclusion des combattants d'ex-groupes rebelles ou pro-gouvernementaux au sein d'une armée nationale restructurée, plus représentative des populations du Nord en particulier.

Alors que 1.600 combattants des trois régions du nord du Mali sont concernés par le DDR, au 14 novembre, 98 combattants étaient enregistrés et 72 avaient terminé toutes les phases du processus à Tombouctou, 43 avaient été enregistrés et 200 avaient débuté le processus à Kidal (nord-est), 164 étaient enregistrés dans la base de données et 104 avaient commencé le processus d'enregistrement à Gao (nord), selon un décompte de la mission de l'ONU au Mali (Minusma).

Depuis le lancement en 2013 d'une intervention militaire française, les groupes jihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali, dont ils avaient pris le contrôle en mars-avril 2012.

Mais des zones entières du pays échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques, malgré la signature de l'accord de paix de 2015, censé isoler définitivement les jihadistes, dont l'application accumule les retards.

Avec AFP

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Sahel : "avec les terroristes, on ne discute pas" selon le président Macron

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une conférence de presse à l'ouverture d'une réunion des forces du G5 Sahel à Nouakchott en Mauritanie le 2 juillet 2018.

Le président français Emmanuel Macron a martelé vendredi l'opposition complète de la France, engagée militairement au Sahel, à toute négociation avec les jihadistes, alors que ce sujet fait débat dans la région, notamment au Mali.

"Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat", a-t-il lancé dans un entretien avec l'hebdomadaire Jeune Afrique.

"Il faut s'inscrire dans la feuille de route claire que sont les accords d'Alger", a souligné Emmanuel Macron en référence à l'accord de de paix conclu en 2015 entre le pouvoir central malien, les groupes armés pro-Bamako et l'ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali.

"Ceux-ci prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes. Mais cela ne veut pas dire qu'il faut dialoguer avec des groupes terroristes, qui continuent à tuer des civils et des soldats, y compris nos soldats", a-t-il ajouté.

Cet accord ne concerne pas les groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou à l'organisation Etat islamique (EI) qui poursuivent, voire intensifient leurs actions depuis cinq ans, faisant des centaines de morts.

Le Premier ministre malien de transition, Moctar Ouane, a toutefois souligné lors d'une visite du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, le 26 octobre à Bamako, que le "dialogue national inclusif", vaste concertation du pays tenue fin 2019, avait "très clairement indiqué la nécessité d'une offre de dialogue avec les groupes armés" jihadistes.

"Je constate simplement que les autorités de transition ont réitéré leur volonté de lutter avec efficacité contre le terrorisme", a préféré relever Emmanuel Macron.

Le président français a par ailleurs indiqué qu'il aurait, "dans les prochains mois des décisions à prendre pour faire évoluer Barkhane", la force française de plus de 5.000 hommes présente au Sahel. Une décision était jusqu'ici attendue d'ici la fin de l'année.

Près d'un an après l'envoi de 600 soldats supplémentaires au Sahel pour reprendre l'avantage face aux jihadistes, Paris est sur le point de réduire le nombre de militaires déployés, avaient indiqué début novembre des sources concordantes à l'AFP.

"J'ai besoin d'une réitération claire du souhait de nos partenaires de voir la France rester à leurs côtés", a souligné le chef de l'Etat, qui avait déjà demandé un tel engagement à ses homologues du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) au sommet de Pau (sud-ouest de la France) en janvier.

Barkhane doit se "recentrer vraiment sur nos ennemis, l'EIGS et les groupes strictement terroristes", a souligné le chef de l'Etat en référence à l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) qui s'inscrit dans la nébuleuse de l'EI, et que Paris et ses alliés du G5 Sahel avaient déjà désigné comme cible principale au sommet de Pau.

Il n'a en revanche pas cité le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, selon l'acronyme arabe) dirigé par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly, affilié à Al-Qaïda.

Il faut également "accélérer la montée en puissance des armées du G5 Sahel" et "internationaliser notre présence" en y associant d'autres pays européens, a-t-il rappelé.

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