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Le procès El Chapo met en lumière la corruption de certaines autorités mexicaines

Joaquin "El Chapo" Guzman, présenté à la presse le 8 janvier 2016, après son arrestation. (AP Photo / Eduardo Verdugo, Fichier)

Les accusations exprimées lors du procès du narcotrafiquant "El Chapo" à New York mettent en lumière la corruption de certaines autorités mexicaines, qui a permis l'expansion du trafic de drogue.

Jesus Zambada, frère d'Ismael "Mayo" Zambada, co-dirigeant en cavale du cartel de El Chapo, a expliqué comment les responsables de cette organisation criminelle versaient des pots-de-vin aux responsables policiers et judiciaires mexicains pour protéger l'acheminement de tonnes de cocaïne colombienne vers les Etats-Unis.

Zambada a raconté comment il a personnellement soudoyé le patron du ministère de la Justice à Mexico, la police fédérale en charge des transports, l'ancien secrétaire à la Sécurité publique du Mexique, et "également Interpol" (organisation internationale de coopération policière).

L'avocat de El Chapo, Jeffrey Lichtman, a de son côté accusé l'ancien président Felipe Calderon (2006-2012) et son successeur, Enrique Peña Nieto, d'avoir reçu de l'argent du cartel de Sinaloa, mais tous deux ont démenti ces accusations.

El Chapo, l'un des narcotrafiquants les plus célèbres au monde, est accusé notamment d'avoir expédié 155 tonnes de cocaïne aux Etats-Unis et risque la prison à vie.

- Gouverneurs corrompus -

Si les analystes estiment qu'il est difficile de prouver que des pots-de-vin ont pu être perçus par des présidents et des autorités fédérales de haut rang, la corruption des autorités locales est en revanche avérée.

"La corruption au sein des gouvernements des États et des municipalités est endémique", commente à l'AFP Mike Vigil, ancien agent de la DEA, l'agence anti-drogue américaine.

"Ils contrôlent la police d'État et la police municipale, donc les mafieux les paient pour protéger les cargaisons", ajoute-t-il.

A plusieurs reprises les autorités locales mexicaines, principalement des gouverneurs, ont été accusées d'avoir touché des pots-de-vin de la part du crime organisé ou d'entretenir des liens avec les trafiquants de drogue.

"Il n'y a pas un trafiquant qui ne soit pas couvert par les autorités. Pour ce type de crime, vous avez besoin de la protection des autorités, des militaires, de la Marine, de la police et, bien sûr, des fonctionnaires", indique à l'AFP José Reveles, journaliste et auteur de plusieurs ouvrages sur le narcotrafic mexicain.

Un des cas les plus connus est celui de Mario Villanueva, gouverneur de l'Etat de Quintana Roo (est) entre 1993 et 1999, où est située la célèbre station balnéaire de Cancun sur la côte caraïbe, et qui purge actuellement une peine de prison pour ses liens avec le narcotrafic.

Tomás Yarrington, ancien gouverneur de l'Etat de Tamaulipas, dans le nord-est du Mexique, a lui été extradé cette année vers les États-Unis, accusé de trafic de drogue, de blanchiment d'argent et de fraude bancaire.

Son successeur, Eugenio Hernandez, est quant à lui emprisonné dans une prison de cet Etat, accusé de détournement de fonds et de détention de fonds d'origine illégale.

Les relations entre autorités locales et narcotrafiquants semblent tellement évidentes qu'elles ont atteint le monde des séries télévisées.

Dans la série "Narcos", diffusée sur Netflix, Miguel Angel Félix Gallardo, l'un des premiers trafiquants de drogue du pays, interprété par l'acteur mexicain Diego Luna, y rencontre le gouverneur de l'Etat de Sinaloa, le fief de El Chapo.

- Général abattu -

L'accusation selon laquelle les présidents Felipe Calderon et Peña Nieto auraient reçu des pots-de-vin ont suscité de vifs démentis de la part des intéressés.

Ces accusations "sont absolument fausses et irresponsables", a réagi M. Calderon sur Twitter, tandis que le porte-parole de la présidence mexicaine rappelait que le président mexicain sortant avait traqué et extradé El Chapo.

Prouver de telles accusations est difficile, car les narcotrafiquants corrompent les autorités "avec de l'argent liquide", explique M. Vigil, et il n'en reste donc aucune trace.

Pour l'analyste de la sécurité Alejandro Hope, si un président veut s'enrichir, "il n'est pas logique d'opter pour la seule forme de corruption qui importe aux États-Unis, et qui consiste à recevoir de l'argent du trafic de drogue".

Parmi les rares cas impliquant des autorités mexicaines de haut-rang figure celui du général Mario Acosta Chaparro. Accusé en 2002 d'entretenir des liens avec le cartel de Juarez, il a été emprisonné puis libéré quelques années plus tard.

Ce haut-gradé a finalement été abattu en 2010 dans un quartier à la mode de Mexico par un homme qui, selon la version des autorités, voulait lui voler sa montre.

Avec AFP

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Washington sanctionne une société chinoise accusée de soutenir la censure au Venezuela

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, montre lors d'une apparition télévisée des équipements saisis, Caracas, 4 mai 2020.

Les États-Unis ont annoncé lundi des sanctions contre une grande société publique chinoise spécialisée dans l'électronique, accusée d'aider le Venezuela à censurer les détracteurs du pouvoir sur internet.

Le Trésor américain va geler les éventuels avoirs aux États-Unis de la China National Electronics Import and Export Corporation (CEIEC) et de toute entreprise dont la compagnie d'État détiendrait au moins 50% du capital. Ces sanctions leur bloquent aussi l'accès au système financier américain.

Selon Washington, la CEIEC apporte son expertise à l'entreprise publique de télécommunications du Venezuela, qui a bloqué des médias indépendants ainsi que des retransmissions en streaming du chef de l'opposition Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par le gouvernement américain et de nombreux autres pays européens et sud-américains.

La société chinoise offre, d'après le Trésor américain, une "version commerciale du +Great Firewall+ de Pékin" -- jeu de mots sur la Grande Muraille de Chine (Great Wall) et le pare-feu (firewall) pour décrire le filtre mis en place par le pouvoir communiste afin d'éviter tout accès des Chinois à des informations qu'il juge politiquement sensibles.

"Les États-Unis n'hésiteront pas à viser tous ceux qui étouffent la volonté démocratique des Vénézuéliens et d'autres à travers le monde", a prévenu le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin dans un communiqué.

La Chine est un des principaux soutiens et partenaires commerciaux du Venezuela du président Nicolas Maduro, qui résiste à la pression économique de Washington pour le chasser du pouvoir.

Caracas organise dimanche des élections législatives à l'occasion desquelles le dirigeant socialiste espère reprendre le contrôle de l'Assemblée nationale, seule institution contrôlée par l'opposition.

Juan Guaido appelle au boycott de ce qu'il considère, à l'instar de nombreux observateurs internationaux, comme un processus truqué.

Selon le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, la CEIEC "soutient les efforts vicieux du régime Maduro pour réprimer la contestation politique et saper les processus démocratiques depuis 2017".

"Les tentatives désespérées de Maduro pour manipuler les processus démocratiques montrent sans l'ombre d'un doute que toute élection organisée par un régime illégitime ne sera ni libre ni juste, à commencer par les élections parlementaires du 6 décembre", a-t-il affirmé dans un communiqué.

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Biden choisit Janet Yellen pour le Trésor

Conférence de presse de la présidente sortante de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen, à Washington, le 13 décembre 2017. (Reuters)

Le président américain élu Joe Biden a confirmé lundi qu'il allait nommer à la tête du Trésor Janet Yellen, ex-présidente de la Banque centrale.

Janet Yellen, dont la nomination doit encore être confirmée par le Sénat, devrait devenir la première femme à diriger le Trésor après avoir été la première femme à la tête de la Réserve fédérale (Fed).

M. Biden a également annoncé la nomination de Wally Adeyemo au poste de secrétaire adjoint du Trésor, qui est d'origine nigériane. M. Adeyemo a été directeur adjoint du Conseil économique national, conseiller à la sécurité nationale et chef de cabinet au Bureau de la protection financière des consommateurs.

"S'il est confirmé, M. Adeyemo serait le premier secrétaire adjoint au Trésor afro-américain", a en outre souligné M. Biden.

Le président élu démocrate a également nommé Neera Tanden comme directrice du Bureau de la gestion et du budget. C'est aussi une première pour une femme d'origine indienne à ce poste.

Parmi les autres nominations, à noter celle de Cecilia Rouse, qui doit prendre la tête du Conseil économique du président.

Là encore, une nomination inédite, relève M. Biden: "Elle deviendra la première Afro-Américaine et seulement la quatrième femme à diriger ce Conseil en 74 ans d'existence".

M. Biden sera également entouré de Jared Bernstein, un proche de longue date puisque celui-ci avait été son propre économiste en chef au cours des premières années de l'administration de l'ancien président Barack Obama. M. Bernstein sera membre du Conseil économique.

Heather Boushey, cofondatrice du Washington Center for Equitable Growth, qualifiée d'"économiste éminente" dont les travaux de recherches ont été centrés sur les inégalités économiques, sera également membre du Conseil.

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