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Le président Macron à Calais pour défendre sa politique migratoire


Le président français Emmanuel Macron défendra mardi sa politique controversée sur l'asile et l'immigration en se rendant à Calais, port faisant face à l'Angleterre qui symbolise depuis une vingtaine d'années la crise migratoire en Europe.

Sur les bords de la Manche, le président ira à la rencontre des acteurs du dossier: les migrants qui cherchent à passer au Royaume-Uni, les associations qui s'en occupent, les élus qui réclament un plus grand soutien de l'Etat, les forces de l'ordre mais aussi la population qui "oscille entre lassitude et exaspération", selon l'Elysée (palais présidentiel).

Ce déplacement est organisé deux jours avant un sommet franco-britannique à Sandhurst, au sud de Londres, où Emmanuel Macron réclamera une plus grande implication de Londres pour réussir à "normaliser" la situation dans le principal port transmanche.

Emmanuel Macron demandera en particulier à la Première ministre britannique Theresa May "des mesures concrètes" pour une meilleure prise en charge des mineurs isolés et pour le financement de la sécurisation du terminal transmanche et du port de Calais, selon l'Elysée. Londres y a investi 15 millions d'euros dans le cadre des accords du Touquet, qui fixent depuis 2004 la frontière à Calais.

La visite de M. Macron à Calais intervient aussi au moment où le gouvernement prépare le projet de loi asile-immigration, critiqué à gauche pour sa dureté envers les migrants et à droite pour son "laxisme".

Sans s'exprimer en détail sur ce texte, Emmanuel Macron "va s'assurer" à Calais que "les orientations de la nouvelle politique d'asile et immigration soient bien mises en oeuvre", indique l'Elysée.

Population 'épuisée'

Prononçant un discours devant les forces de l'ordre, le chef de l'Etat va également "apporter le soutien de l'Etat" à la population, qui "est "épuisée de vivre en permanence ce drame" selon la maire de Calais Natacha Bouchart (LR, opposition de droite).

"Nous attendons beaucoup" du chef de l'Etat, a-t-elle ajouté lundi, notamment pour faire face aux "délits permanents des migrants" prêts à tout pour monter à bord des camions franchissant la Manche.

Les forces de l'ordre - 1.130 policiers et gendarmes dans la région de Calais - sont ainsi intervenues dans la nuit de dimanche à lundi pour séparer plusieurs dizaines d'Erythréens et d'Afghans se battant entre eux.

Pour l'Etat, la situation s'est néanmoins "améliorée à Calais ces derniers mois" même si elle "n'est pas encore stabilisée".

Les migrants ne sont plus qu'"entre 350 et 500", contre près de 8.000 avant le démantèlement de la Jungle il y a 14 mois, souligne l'Elysée. "Il n'y a plus de bidonville et les forces de l'ordre ont l'ordre de procéder systématiquement au démantèlement des campements sauvages".

Par ailleurs, "la frontière est mieux contrôlée" avec 115.000 tentatives d'intrusion en 2017, soit 50.000 de moins que l'année précédente, selon la présidence.

'Alibi'

Sur la route de Calais, Emmanuel Macron visitera à Croisilles, dans le même département du Pas-de-Calais, l'un des trois centres ouverts depuis l'été pour accueillir les migrants et examiner administrativement leur situation "le plus rapidement possible".

Pour Emmanuel Macron, le gouvernement veut allier, sur ce dossier, "efficacité et humanité" alors que l'Europe fait "face à des vagues migratoires (...) inédites depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale". "Il faut se garder des faux bons sentiments", a-t-il déclaré jeudi à Rome, en réponse aux critiques d'intellectuels, d'associations et d'évêques.

Deux associations actives à Calais ont d'ailleurs annoncé qu'elles déclinaient la rencontre avec le président, y voyant "juste un alibi pour des projets déjà bien établis", selon François Guennoc, de l'Auberge des migrants.

Gérard Collomb a affirmé dimanche qu'il n'était "pas question" de changer l'orientation du projet de loi, qui est "totalement équilibré".

Laurent Wauquiez, nouveau président du parti LR (droite) et partisan d'une droite dure, juge inefficace cette politique qui va faire que les migrants "seront de plus en plus nombreux" en France.

A gauche, l'ex-candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon, a estimé que le projet de loi "violait" les "principes sacrés de la République".


Avec AFP

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