Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Afrique

Le président de la Cour suprême dénonce le non-respect de décisions de justice au Kenya

Les juges de la Cour suprême kenyane lors d’une audience à Nairobi, Kenya, le 28 août 2017.

Le "récent mépris" des autorités kényanes vis-à-vis de plusieurs décisions de justice, notamment sur la libération sous caution d'un opposant, représente une "violation" de la Constitution et menace l'Etat de droit, a dénoncé mercredi le président de la Cour suprême du Kenya.

Peu coutumier de ce genre de déclaration publique, le juge David Maraga s'est exprimé à la suite du non-respect de plusieurs décisions de justice depuis l'investiture symbolique comme "président du peuple" le 30 janvier de l'opposant Raila Odinga, qui refuse de reconnaître la réélection du président Uhuru Kenyatta en 2017.

"Ces derniers jours, nous avons constaté des développements préoccupants dans l'administration de la justice, qui menacent l'Etat de droit", a déclaré M. Maraga, rendu célèbre par la décision historique de la Cour suprême, le 1er septembre 2017, d'annuler le résultat de l'élection présidentielle du 8 août et d'ordonner un nouveau scrutin.

>> Lire aussi : La Cour suprême valide la réélection d'Uhuru Kenyatta

M. Maraga n'a pas précisé les décisions de justice concernées, mais depuis la prestation de serment symbolique de M. Odinga, la police a refusé d'obéir à deux ordres séparés de libérer sous caution un membre de l'opposition arrêté pour sa participation à cette cérémonie, et à plusieurs ordres de présenter cette même personne devant un tribunal de Nairobi.

Cet opposant, Miguna Miguna, a finalement été expulsé mardi soir vers le Canada - il possède également la nationalité canadienne - en dépit de ces décisions de justice.

>> Lire aussi : Odinga prête serment comme "président du peuple" au Kenya

L'Autorité des communications a, elle, obéi avec plusieurs jours de retard, et seulement partiellement, à une décision lui ordonnant de lever la suspension d'antenne pour quatre chaînes de télévision - dont les trois principales chaînes privées du pays. Elles avaient été suspendues pour avoir tenté de retransmettre la "prestation de serment" de M. Odinga.

Si KTN News et NTV ont repris l'antenne lundi, Citizen TV, la plus regardée du pays, et la chaîne locale Inooro TV qui appartient au même groupe, sont toujours interdites de diffusion.

"Tous les représentants de l'Etat font le serment de protéger et de soutenir la Constitution. Désobéir à une décision de justice n'est pas seulement une violation de la Constitution, c'est aussi faire fi de son devoir public", a déclaré David Maraga.

>> Lire aussi : HRW dénonce des viols au Kenya, notamment par la police, pendant les violences électorales

"Se soumettre à une décision d'un tribunal, ce n'est un choix pour aucun individu ou institution (...), c'est une obligation civique et constitutionnelle", a-t-il ajouté.

La défiance dont font preuve les autorités vis-à-vis de ces décisions de justice fait craindre un recul des libertés au Kenya, où la réélection d'Uhuru Kenyatta en 2017 a été accompagnée de mois de troubles ayant fait au moins 92 morts, selon des organisations de défense des droits de l'Homme.

Avec AFP

See all News Updates of the Day

Adapter l'éducation à l'emploi

Adapter l'éducation à l'emploi
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:30 0:00

Fofanah Mussa, un ébéniste ordinaire unique

Fofanah Mussa, un ébéniste ordinaire unique
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:08 0:00

Des robots pour remplacer les enfants "Jockeys Camel"

Des robots pour remplacer les enfants "Jockeys Camel"
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:59 0:00

La bonne foi des dirigeants

La bonne foi des dirigeants
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:17 0:00

Le chef d'état major des armées remplacé dans un contexte sécuritaire tendu

Arrestation de militaire au Tchad (VOA/André Kodmadjingar)

Le chef d'état major général des armées tchadiennes, en poste depuis six ans, a été remplacé vendredi soir par le président Idriss Deby, moins de 24 heures après une attaque de Boko Haram dans le sud-ouest du pays qui a fait 23 morts dans les rangs de l'armée.

Par décret présidentiel, le chef de l'Etat a procédé vendredi à plusieurs changements à la tête de l'appareil sécuritaire. Le chef d'état major des armées, Brahim Seid Mahamat, a été remercié, après six ans de service.

Il est remplacé par Taher Erda qui était jusque là chef d'état major de l'armée de terre.

Egalement ancien directeur de la police nationale, M. Erda est un très proche du président Deby, avec qui il a combattu à ses côtés avant son accession au pouvoir en 1990.

Aucune explication n'a été donnée mais ce décret intervient alors que 23 soldats tchadiens ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi au cours d'une attaque du groupe djihadiste nigérian Boko Haram dans le sud-ouest du Tchad.

Il s'agit de l'une des attaques les plus meurtrières essuyées par l'armée de N'Djamena depuis le début de la lutte contre les islamistes.

La réorganisation des services de sécurité touche également le cabinet militaire de la présidence.

Un général originaire du Tibesti (région du nord-est du Tchad), a notamment été nommé conseiller du chef de l'Etat chargé de la Défense nationale.

Depuis plusieurs mois, l'armée est déployée dans cette région, théâtre d'affrontements récurrents entre des orpailleurs et l'armée.

Par ailleurs, le Président Déby a également suspendu vendredi le chef d'État Major de l'armée de l'air et son adjoint.

Une annonce qui fait suite à la découverte vendredi des débris d'un hélicoptère de l'armée, qui avait disparu il y a plus d'une semaine, dans le nord du pays. Le crash, dont les causes font l'objet d'une enquête, a fait quatre morts.

Immense pays s'étendant de l'Afrique centrale à la bande sahélo-saharienne, le Tchad, allié des pays occidentaux dans la lutte anti-jdihadiste, est confronté à des défis militaires à chacune de ses frontières.

Le nord du Tchad, frontalier du Soudan, de la Libye et du Niger, est une région volatile du Sahel, désertique et peu habitée. Plusieurs groupes rebelles tchadiens ont établi leur base dans le sud libyen voisin.

Fin janvier, des rebelles tchadiens sont entrés depuis la Libye dans le nord-est du Tchad. Des frappes françaises ont stoppé l'avancée de la colonne.

Voir plus

XS
SM
MD
LG