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Démission surprise du Premier ministre en Ethiopie

Hailemariam Desalegn, lors d'une interview, Addis-Abeba, Ethiopie, le 17 mars 2016

Le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, sous pression au sein de la coalition au pouvoir, a démissionné au moment où le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique traverse depuis fin 2015 une crise politique marquée par d'importantes manifestations anti-gouvernementales.

"M. Hailemariam a dit avoir fait tout son possible pour résoudre les problèmes de l'Ethiopie", mais a aussi "assuré penser que sa démission est une solution à ces problèmes", a indiqué la radio d'Etat Fana sur sa page Facebook officielle, précisant que le Premier ministre restera toutefois en poste jusqu'à ce que le "transfert de pouvoir" soit finalisé.

M. Hailemariam "a remis sa lettre de démission", a ajouté Fana sur son compte Twitter, soulignant que cette dernière avait été acceptée par le comité exécutif de la coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF), mais qu'elle doit encore être approuvée par le Conseil de l'EPRDF et par le parlement, ce qui devrait n'être qu'une simple formalité.

En poste depuis 2012, M. Hailemariam avait été adoubé dès 2010 comme le successeur de Meles Zenawi, l'ancien rebelle qui a régné jusqu'à sa mort sur l'Ethiopie après avoir renversé le dictateur Mengistu Hailé Mariam en 1991.

>> Lire aussi : Libération d'un journaliste et d'un leader d'opposition en Ethiopie

Démission du Premier ministre éthiopien (vidéo)
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La passation de pouvoir s'était déroulée en douceur, mais en 2015 et 2016, l'Ethiopie a été le théâtre des plus importantes manifestations anti-gouvernementales depuis 25 ans. Leur répression a fait au moins 940 morts, selon la Commission éthiopienne des droits de l'Homme, liée au gouvernement.

Le calme n'était revenu qu'avec l'instauration d'un état d'urgence entre octobre 2016 et août 2017, même si d'occasionnelles manifestations ont encore lieu.

>> Lire aussi : L'ONU préoccupée par la mort de manifestants en Ethiopie

Ces manifestations étaient avant tout l'expression d'une frustration des Oromo (sud et ouest) et des Amhara (nord), les deux principales ethnies du pays, face à ce qu'ils perçoivent comme une sur-représentation de la minorité des Tigréens au sein de l'EPRDF, qui règne sans partage depuis 1991, et plus largement une limitation des libertés individuelles et un déséquilibre dans le partage des richesses.

Ces dernières semaines, les autorités éthiopiennes ont libéré des centaines de prisonniers - dont des opposants et des journalistes - et abandonné des poursuites, à la suite de la promesse du Premier ministre, le 3 janvier, de libérer un certain nombre d'hommes politiques pour "améliorer le consensus national".

Le président et le vice-président du Congrès fédéraliste oromo (OFC), Merera Gudina et Bekele Gerba, ont de la sorte été libérés.

Des discussions ont également été lancées avec l'opposition et promesse a été faite d'entreprendre des réformes, mais au final, M. Hailemariam n'aura pas résisté à cette profonde crise politique.

Car des fractures sont apparues dernièrement au sein de la coalition au pouvoir. Deux de ses hauts responsables, dont le président de l'Assemblée nationale, Abadula Gemeda, un Oromo, ont ainsi annoncé leur démission, avant de revenir sur leur décision.

>> Lire aussi : Libération d'un journaliste et d'un leader d'opposition en Ethiopie

Reste désormais à savoir si la démission de M. Hailemariam signifie que les doléances des Oromo et Amhara, notamment, seront entendues ou si elle est synonyme d'une reprise en main du régime par la vieille garde issue de la rébellion tigréenne contre Mengistu.

Malgré sa démission, M. Hailemariam a assuré selon Fana vouloir "être impliqué dans les programmes de réformes".

"M. Hailemariam a demandé à ses concitoyens, à savoir le peuple d'Ethiopie et plus particulièrement sa jeunesse, de jouer leur rôle et de prendre leurs responsabilités pour obtenir la paix et le développement de cette nation", a indiqué Fana.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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