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Le Premier ministre déplore des conflits "entravant le travail" en Tunisie


Le parlement tunisien à Tunis le 28 juillet 2018.

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed, sur la sellette depuis plusieurs mois, est reparti à l'offensive, déclarant que les "conflits" entre clans politiques ont perturbé le travail de son gouvernement et l'ont empêché d'atteindre des résultats optimums.

"Le gouvernement aurait pu réaliser des chiffres meilleurs... malheureusement, il n'a pas trouvé le soutien nécessaire pour avancer dans les dossiers" sociaux-économiques, a-t-il déploré lors d'une conférence nationale sur les orientations économiques et sociales du pays, diffusée à la télévision.

"Des conflits politiques secondaires (...) ont perturbé le travail du gouvernement, le tirant en arrière et entravant le processus de réformes ainsi que les décisions nécessaires pour réaliser une croissance économique", a-t-il indiqué.

Cette rencontre, rassemblant des élus et dirigeants économiques, a lieu à quelques semaines de la présentation de la loi de finances de 2019.

Huit ans après la révolution, la Tunisie peine à répondre aux attentes sociales de la population. Elle a obtenu un prêt du Fonds monétaire international (FMI) en promettant de mener de vastes réformes, mais ces derniers mois la vie politique est paralysée par des bras de fer se cristallisant autour du sort du Premier ministre.

Soutenu par le parti d'inspiration islamiste Ennahdha, il fait face à une opposition au sein de son propre parti Nidaa Tounès et de la part de la puissante syndicale UGTT.

M. Chahed a néanmoins assuré que son gouvernement avait obtenu au deuxième trimestre "le meilleur taux (de croissance, ndlr) depuis 2014" avec 2,8%, après 2,5% au premier trimestre.

Selon lui, le secteur touristique a réalisé une croissance "sans précédent" de 59% au 20 août 2018 par rapport à la même période de l'année précédente, et le nombre de touristes a dépassé les cinq millions de personnes.

Il a évoqué l'annonce sous peu de 33 projets de partenariats public-privé, pour un montant total de 13 milliards de dinars (plus de 4 milliards d'euros), sans autre détail.

"La Tunisie souffre aujourd'hui d'une situation économique difficile", a déclaré à ses côtés le président du patronat, Samir Majoul, déplorant les déficits commercial et budgétaire et la dépréciation du dinar.

Les gouvernements qui se sont succédé depuis 2011 ont traité cette situation "dangereuse" par des "solutions de facilité", a-t-il fustigé.

"Il est temps de cesser la fuite en avant", a mis en garde M. Majoul, appelant à "prendre les mesures nécessaires pour traiter ces difficultés et commencer les réformes".

Avec AFP

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