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Lula grand absent du premier débat présidentiel au Brésil

Un manifestant portant un masque représentant l'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, à Brasilia, au Brésil, le 4 avril 2018.

Le premier débat télévisé de l'élection présidentielle d'octobre au Brésil a débuté jeudi soir, sans Lula, grand favori des sondages, en prison depuis avril et dont la candidature a de grandes chances d'être invalidée.

Le premier débat télévisé de l'élection présidentielle d'octobre au Brésil s'est tenu jeudi soir, sans Lula, grand favori des sondages, en prison depuis avril et dont la candidature a de grandes chances d'être invalidée, montrant un pays profondément divisé.

L'absence au débat de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), qui purge une peine de 12 ans et un mois de réclusion pour corruption et blanchiment d'argent, est un des nombreux paradoxes de ce scrutin très polarisé, le plus incertain de l'histoire récente du pays.

Au total, 13 candidats ont été désignés officiellement par leurs partis lors des conventions qui ont eu lieu jusqu'à la fin de semaine dernière. Mais seuls huit d'entre ont participé à ce débat télévisé de plus de 3heures, jeudi à Sao Paulo, dont les quatre poids-lourds, hormis Lula: Jair Bolsonaro (extrême-droite), deuxième dans les enquêtes d'opinion, Geraldo Alckmin (centre droit), Marina Silva (écologiste) et Ciro Gomes (gauche).

Quatre des 13 prétendants ont été exclus car trop peu représentatifs.

>> Lire aussi : Fernando Haddad, le plan B de Lula pour la présidentielle

Parmi les plus scrutés, M. Bolsonaro, ancien capitaine de l'armée et nostalgique de la dictature militaire, est apparu moins à l'aise en direct à la télévision que devant ses foules de supporters ou sur les réseaux sociaux.

Interrogé sur sa réponse aux viols et aux violences faites aux femmes, en hausse au Brésil, il a répété sa proposition controversée de "castration chimique volontaire" des criminels.

"Je pense que cela permettrait de prévenir ce problème", a-t-il déclaré. Celui que l'on compare souvent à Donald Trump a aussi défendu le port d'arme et la création d'"écoles militaires".

Guilherme Boulos, de la formation de gauche du Parti Socialisme et Liberté (Psol), a vivement interpellé le candidat d'extrême-droite: "Le Brésil sait que vous êtes raciste, macho et homophobe", avant de l'accuser de corruption.

M. Alckmin, qui cherche apparaître tout en maîtrise et pro-marchés, a souligné le besoin de réformes permettant à l'économie de "croître fortement".

>> Lire aussi : Lula aura pour colistier l'ex-maire de Sao Paulo

Mais Mme Silva a semblé marquer un point en répondant à l'adresse de l'"establishment", dont le PSDB d'Alckmin et de l'ex-président Fernando Henrique Cardoso (1995-2002): "Ceux qui ont créé les problèmes ne vont pas les résoudre".

- 45% des Brésiliens "pessimistes" -

Lula, est resté le grand absent. Il voulait participer par visioconférence, mais une juge a rejeté sa demande. Pas de chaise vide sur le plateau pour matérialiser son absence, comme le demandait sa formation, le Parti des Travailleurs (PT).

Cette décision de la juge "viole les droits du peuple brésilien (...) Cela s'appelle de la censure", a écrit l'ancien chef de l'Etat dans une lettre à la chaîne publiée sur les réseaux sociaux.

En conséquence, le PT a organisé un débat parallèle plus modeste avec Fernando Haddad, la présidente du PT Gleisi Hoffmann et de la dirigeante du Parti communiste du Brésil (PCdoB) Manuela D'Avila, diffusé via les réseaux sociaux à la même heure que l'émission officielle.

L'audience de ce premier débat télévisé présidentiel, qui a commencé assez tard (vers 22h00 heures locales, soit 01H00 GMT) sur Bandeirantes, chaîne à l'audience bien moindre que le géant TV Globo, devait permettre de mesurer si les enjeux du scrutin parviennent à réveiller l'enthousiasme des électeurs.

La chanteuse Anitta, vedette de la pop funk brésilienne et très suivie sur les réseaux sociaux, a essayé de mobiliser ses fans en écrivant sur Twitter: "On regarde pour ne plus avoir de doutes?".

Exaspérés par les scandales de corruption à répétition, de nombreux Brésiliens sont lassés de la politique: selon deux sondages récents, 33% à 41% sont indécis ou penseraient à s'abstenir.

>> Lire aussi : Lula officiellement candidat, depuis sa prison au Brésil

Et une autre enquête d'opinion montre que 45% des Brésiliens se disent "pessimistes ou très pessimistes" quant aux élections.

Pour le professeur de Relations internationales Matias Spektor, de la Fondation Getulio Vargas, "contrairement à d'autres pays, nous n'avons pas vu surgir de nouveaux leaders qui pourraient surfer sur cette vague de mécontentement populaire".

"Le système politique brésilien continue de susciter beaucoup de frustration", ajoute-t-il.

Une loi brésilienne intitulée "Ficha limpa" (casier vierge, en portugais) stipule que toute personne condamnée en appel, ce qui est le cas de Lula, devient de fait inéligible.

Mais le PT a l'intention de présenter tous les recours possibles pour tenter de renverser la vapeur. S'il n'y parvient pas, Fernando Haddad sera probablement intronisé à sa place.

Avec AFP

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La Russie dit avoir développé le premier vaccin contre le coronavirus

Le président russe Vladimir Poutine sur la Place Rouge à Moscou, en Russie, le 24 juin 2020. REUTERS/Maxim Shemetov

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé mardi que le Centre de recherches en épidémiologie et microbiologie Nikolaï Gamaleïa avait développé le "premier" vaccin contre le nouveau coronavirus dans le monde.

Le ministère russe de la Santé a précisé qu'une double inoculation "permettait de former une immunité longue", estimant qu'elle pouvait durer "deux ans".

Le vaccin contre le coronavirus développé en Russie a été baptisé "Spoutnik V", en référence au satellite soviétique, premier engin spatial mis en orbite, a déclaré le fonds souverain impliqué dans son développement.

"Plus d'un milliard de doses" ont été pré-commandées par 20 pays étrangers, a affirmé le patron de ce fonds Kirill Dmitriev, précisant que la phase 3 des essais commençait mercredi.

Le fonds souverain a précisé que la production industrielle débutera en septembre.

Cependant des experts émettent des doutes sur l'efficacité d'un vaccin produit, semble-t-il, à la hâte, rapporte le quotidien britannique Financial Times.

Des critiques balayées d'un revers de main par M. Dmitriev, qui dénonce une "politisation" de la recherche scientifique.

"Au lieu d'attaquer constamment la Russie, qui sera le premier pays au monde à enregistrer un vaccin contre le coronavirus, il serait préférable de s'engager dans un dialogue constructif avec nous", a-t-il déclaré.

D'après le magazine Time, le président Vladimir Poutine a déclaré qu'une de ses filles a déjà été inoculée du vaccin, gage de sa fiabilité.

Selon les autorités russes, les enseignants et le personnel médical devraient commencer à être vaccinés dès le mois d'août avant que le vaccin ne soit mis en circulation le 1er janvier 2021 dans la population.

Le nom du vaccin, Spoutnik V, renvoie à la victoire politico-scientifique qu'était la mise en orbite du satellite Spoutnik 1 par l'URSS en pleine Guerre Froide.

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HRW se félicite d'un soutien croissant au contrôle des robots tueurs

Un faux robot tueur exposé à Londres en avril 2013 lors du lancement de la campagne contre les robots tueurs.

Une majorité de pays sont désormais favorables à une réglementation internationale sur les armes autonomes, également appelées "robots tueurs", a affirmé lundi Human Rights Watch, en publiant un rapport sur les positions en la matière de 97 pays.

"Chaque pays a le devoir de protéger l'humanité de ces évolutions dangereuses", a estimé Mary Wareham, directrice du plaidoyer auprès de la division Armes de HRW et coordinatrice de la Campagne contre les robots tueurs, ces systèmes d'armement automatisés capables d'identifier et d'éliminer des cibles sans qu'une action humaine soit nécessaire.

"Placer l’usage de la force hors de tout contrôle humain est désormais largement considéré comme une grave menace pour l’humanité qui mérite une action préventive multilatérale urgente", a plaidé la responsable.

Elle s'est félicité d'un soutien croissant à l'interdiction de ces armes, comme le montre un rapport de l'organisation qui a examiné les positions de 97 pays: "La grande majorité d’entre eux considère que le maintien d’un contrôle et d’une prise de décision par des humains est une condition essentielle à l’acceptabilité et à la légalité internationale des systèmes d’armement".

"La plupart de ces pays ont exprimé le désir qu’un nouveau traité soit adopté imposant le maintien du contrôle humain sur l’usage de la force, dont 30 qui ont pris explicitement position en faveur d’une interdiction pure et simple des armes totalement autonomes", selon HRW.

Le rapport avait été préparé en vue d'une réunion de la Convention sur les armes classiques (CCAC) sur les robots tueurs qui devait s'ouvrir à l'ONU à Genève (Suisse) ce lundi mais a été reportée à l'automne prochain.

Mais "la technologie progresse clairement alors que certains des efforts diplomatiques ralentissent", a regretté Steve Goose, directeur de la division Armes de HRW.

HWR déplore notamment qu'"un petit nombre de puissances militaires – notamment la Russie et les États-Unis – (aient) bloqué les progrès vers une réglementation, tout en investissant massivement dans les applications militaires de l’intelligence artificielle et en développant des systèmes d’armes autonomes aériennes, terrestres et maritimes". Les décisions de la CCAC sont prises par consensus.

Depuis 2017, un groupe d'experts a défini, dans le cadre de la CCAC, 11 principes endossés par 121 pays, où revient constamment l'idée du maintien, en toutes circonstances, d'une forme de contrôle humain.

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