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Le président exhorte à voter massivement pour l'ANC lors des municipales en Afrique du Sud

Des militants du Congrès national africain chantent un slogan lors de la campagne du président Jacob Zuma dans un quartier de Pretoria, Afrique du sud, le 5 juillet 2016.

Le président sud-africain Jacob Zuma a exhorté dimanche les électeurs à voter massivement pour le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), lors des élections municipales de mercredi, un scrutin qui s'annonce âprement disputé et pourrait voir l'ANC perdre plusieurs villes clés.

"Des millions de nos partisans doivent aller voter pour l'ANC et permettre à leur mouvement de continuer à améliorer la vie des gens", a lancé M. Zuma lors d'un rassemblement dans un stade bondé du centre de Johannesburg.

"Chaque vote compte", a-t-il martelé, rappelant les victoires passées de l'ANC et son combat historique contre l'apartheid en Afrique du Sud.

Le parti de Jacob Zuma, au pouvoir depuis 1994 et qui contrôle la majorité des 278 municipalités du pays, apparaît affaibli par plusieurs scandales de corruption et un mécontentement grandissant de la population.

Le scrutin de mercredi sera un test pour l'ANC, alors que l'économie sud-africaine - la plus industrialisée du continent - se débat avec un taux de chômage record (26,7%) et que M. Zuma est empêtré dans plusieurs scandales de corruption et d'abus de biens sociaux.

Le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), à la tête de la ville du Cap, capitale parlementaire, compte profiter de ce contexte pour s'emparer de plusieurs municipalités stratégiques. Selon un dernier sondage Ipsos, la capitale économique Johannesburg, la capitale politique Pretoria et la ville portuaire de Port Elizabeth (sud-est) sont menacées.

Dimanche, environ 55.000 partisans de l'ANC parés des couleurs du parti - vert, jaune et noir- , étaient rassemblés dans le stade.

"Nous avons marché à travers les rues de ce pays, nous nous sommes rendus dans chaque ville (...), dans des milliers de maisons", a déclaré M. Zuma en évoquant une campagne électorale qui selon le parti a coûté 72 millions de dollars (environ 64 millions d'euros).

Le second mandat de Jacob Zuma, âgé de 74 ans, expire en 2019. La Constitution lui interdit de briguer un troisième mandat, mais l'ANC pourrait le remplacer avant les prochaines élections générales si le parti enregistrait une cuisante défaite aux municipales, soulignent plusieurs observateurs.

Les deux autres principaux partis sud-africains - la DA et le parti de gauche radicale des Combattants pour la liberté économique (EFF) - ont également organisé dimanche leur dernier meeting de la campagne.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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