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Le président réélu Azali reconduit ses fidèles au gouvernement

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président des Comores Azali Assoumani, réélu en mars pour cinq ans à l'issue d'un scrutin contesté par ses adversaires, a nommé un nouveau gouvernement largement composé de fidèles, malgré ses promesses d'ouverture à l'opposition.

La nouvelle équipe, dévoilée jeudi soir par la présidence dans un communiqué, compte comme la précédente douze ministres et trois secrétaires d'Etat, dont deux femmes.

Très contestés, Mohamed Daoudou dit "Kiki" et Mohamed Houssein Djamalilail y conservent leurs portefeuilles respectifs à l'Intérieur et à la Justice. M. Daoudou perd toutefois la fonction de porte-parole du gouvernement, confiée au nouveau ministre de l'Economie Houmed Msaidié Ahmed.

Chef de l'Etat de 1999 à 2006, réélu en 2016, l'ex-colonel putschiste Azali Assoumani a été déclaré vainqueur du premier tour de la présidentielle du 24 mars avec 59,09% des voix.

L'opposition, qui compare son régime à une "dictature", a refusé de reconnaître les résultats en dénonçant, ainsi que la plupart des observateurs, des fraudes caractérisées.

Dans un souci affiché d'apaisement, M. Azali a gracié le mois dernier 17 opposants politiques emprisonnés pour des tentatives présumées de déstabilisation du gouvernement. Mais ses offres de dialogue avec l'opposition ont été rejetées.

"Ce gouvernement ressemble comme deux gouttes d'eau au précédent (...) c'est un non-événement", a réagi vendredi le président de l'Union de l'opposition, Mohamed Ali Soilihi.

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"C'est toujours le noyau dur d'Azali qui gouverne", a noté auprès de l'AFP un fonctionnaire ayant requis l'anonymat.

"Ce n'est certes pas un gouvernement d'ouverture comme l'aurait souhaité le président, mais c'est parce que l'opposition n'a pas répondu à sa main tendue", a regretté de son côté le secrétaire général de la Convention pour le renouveau des Comores (parti présidentiel), Yahaya Mohamed Elliasse.

Le président réélu a promis de faire du petit archipel de l'océan Indien, un des Etats les plus pauvres de la planète, un pays émergent d'ici 2030.

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Remise en liberté du colonel Soilihi Mohamed, un chef de l'opposition comorienne

Le colonel Soilihi Mohamed le 10 avril 2016.

La justice comorienne a remis en liberté lundi une des principales voix de l'opposition, le colonel Soilihi Mohamed, arrêté pour avoir refusé de reconnaître la réélection contestée du président Azali Assoumani, a-t-on appris auprès de son entourage.

L'officier à la retraite, plus connu dans l'archipel de l'océan Indien sous son surnom de "Campagnard", a été discrètement élargi après avoir été présenté à un juge du tribunal de la capitale Moroni, a-t-on confirmé de mêmes sources.

Ces sources n'ont pu immédiatement préciser s'il avait été formellement inculpé par le magistrat.

M. Soilihi n'a fait aucun commentaire à sa libération.

Chef de l'Etat de 1999 à 2006, réélu en 2016, le colonel Azali, ancien putschiste, a été réélu après avoir remporté le premier tour de l'élection présidentielle du 24 mars avec 59,09% des voix.

L'opposition refuse de reconnaître sa victoire en arguant de fraudes massives, largement confirmées par la société civile comorienne et les observateurs internationaux.

Arrivé quatrième du scrutin, "Campagnard", un ancien chef d'état-major de l'armée comorienne très respecté, a été arrêté le 28 mars juste après avoir annoncé qu'il prenait la tête d'un "comité national de transition" qui exige un nouveau scrutin.

Il était entendu depuis par les gendarmes de Moroni.

Samedi, un des magistrats de la Cour de sûreté de l'Etat a annoncé à la presse que l'officier à la retraite et au moins huit autres personnes actuellement en garde à vue seraient poursuivies pour avoir tenté de "déstabiliser l'Etat".

Depuis des mois, l'opposition dénonce la "dictature" de M. Azali. Elle lui reproche notamment d'avoir dissous la Cour constitutionnelle, modifié la Constitution dans un sens qui pourrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu'en 2029 et ordonné l'arrestation de dizaines de ses membres.

Trois morts aux Comores après l'arrestation d'un opposant

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Tirs à Moroni après l’arrestation d’un opposant au régime Azali

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Tirs à Moroni après l'arrestation d'un opposant au régime Azali

Un officier de police de Hankounou aux Comores le 30 juillet 2018.

La capitale du petit archipel des Comores a été secouée jeudi par de violents échanges de tirs survenus après l'arrestation d'un des chefs de l'opposition, qui refuse de reconnaître la réélection jugée frauduleuse du président Azali Assoumani.

En début d'après-midi, une fusillade a éclaté autour du camp militaire de Kandani, le plus grand de Moroni, ont rapporté des témoins interrogés par l'AFP.

Selon des sources concordantes, ces échanges de tirs ont opposé la garnison à un groupe d'hommes armés qui venait de faire évader de la prison de Moroni un officier condamné pour tentative de coup d'Etat contre le régime, le commandant Faissoil Abdou Salam.

Les tirs ont cessé deux heures plus tard, a rapporté un journaliste de l'AFP sur place.

"La situation est sous contrôle (...), maintenant on s'occupe des blessés", a déclaré à l'AFP le ministre de l'Intérieur, Mohamed Daoudou dit "Kiki", sans plus de précisions.

Au moins un militaire a été blessé, a constaté l'AFP.

Ces affrontements ont provoqué un début de panique dans les rues de la capitale, qui se sont rapidement vidées. L'accès à la présidence et la résidence du chef de l'Etat a été prestement bouclé par les forces de l'ordre, a témoigné à l'AFP une source occidentale dans la capitale.

Ces échanges de coup de feu sont survenus peu après l'arrestation jeudi de l'un des principaux rivaux du président Azali, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard".

- 'Transition' -

Arrivé quatrième du scrutin présidentiel de dimanche, cet ancien chef d'état-major de l'armée très respecté venait d'annoncer avoir pris la tête d'un "comité national de transition" afin de "régler la crise post-électorale" et "assurer une transition pacifique".

"Le scrutin du 24 mars a été une tromperie, une mascarade et une honte, (...) nous allons organiser la résistance", a-t-il poursuivi, exhortant la population à "désobéir civilement" si le vote de dimanche n'était pas annulé d'ici au 3 avril.

A la tête du pays de 1999 à 2006, élu en 2016, le colonel Azali a été reconduit dès le premier tour du scrutin avec 60,77% des suffrages, selon les résultats provisoires proclamés par la Commission électorale.

L'opposition a hurlé au "hold-up" ou au "coup d'Etat électoral", dénonçant les "fraudes massives" du camp présidentiel.

Les ONG comoriennes et de nombreux observateurs étrangers ont largement confirmé les irrégularités relevées par les douze adversaires du chef de l'Etat sortant.

Le colonel Soilihi était toujours entendu jeudi après-midi par les gendarmes, selon une source militaire.

"Il s'agit simplement de lui rappeler qu'il y a des textes dans ce pays et que, s'il veut contester les résultats des élections, il doit le faire devant les instances compétentes, pas dans la rue ou ailleurs", a justifié le ministre de l'Intérieur.

Les douze candidats opposés au colonel Azali avaient dénoncé dès dimanche de nombreuses irrégularités dans la tenue du scrutin présidentiel.

- Nouveau scrutin -

Lundi, une centaine de leurs partisans qui protestaient contre la "fraude généralisée" avaient essuyé des tirs de grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc de la part des forces de l'ordre.

Jeudi matin encore, les gendarmes ont dispersé une centaine de femmes issues de la société civile qui voulaient déposer au siège de la Cour suprême, en charge du contentieux électoral, une motion exigeant "l'annulation immédiate de ce scrutin et l'invalidation des résultats annoncés".

Douze d'entre elles ont été interpellées par les forces de l'ordre puis relâchées à la mi-journée.

L'opposition comorienne a fait savoir qu'elle ne déposerait aucun recours devant la Cour suprême, qu'elle juge inféodée au régime, et exige elle aussi la tenue d'un nouveau scrutin "dans les plus brefs délais".

Le ministre de l'Intérieur a balayé toutes les critiques sur la régularité du scrutin et interdit toute manifestation jusqu'à nouvel ordre. "Ce n'est pas la rue qui va diriger le pays", avait-il assuré lundi.

Jeudi matin, le ministre a ordonné la saisie de La Gazette des Comores, qui a annoncé en "Une" la création du "conseil national de transition" de l'opposition, a rapporté à l'AFP un membre de la rédaction du quotidien.

Depuis des mois, l'opposition dénonce la "dictature" du président Azali. Il a dissous la Cour constitutionnelle, modifié la Constitution dans un sens qui pourrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu'en 2029 et arrêté des dizaines d'opposants.

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