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Comores

Remise en liberté du colonel Soilihi Mohamed, un chef de l'opposition comorienne

Le colonel Soilihi Mohamed le 10 avril 2016.

La justice comorienne a remis en liberté lundi une des principales voix de l'opposition, le colonel Soilihi Mohamed, arrêté pour avoir refusé de reconnaître la réélection contestée du président Azali Assoumani, a-t-on appris auprès de son entourage.

L'officier à la retraite, plus connu dans l'archipel de l'océan Indien sous son surnom de "Campagnard", a été discrètement élargi après avoir été présenté à un juge du tribunal de la capitale Moroni, a-t-on confirmé de mêmes sources.

Ces sources n'ont pu immédiatement préciser s'il avait été formellement inculpé par le magistrat.

M. Soilihi n'a fait aucun commentaire à sa libération.

Chef de l'Etat de 1999 à 2006, réélu en 2016, le colonel Azali, ancien putschiste, a été réélu après avoir remporté le premier tour de l'élection présidentielle du 24 mars avec 59,09% des voix.

L'opposition refuse de reconnaître sa victoire en arguant de fraudes massives, largement confirmées par la société civile comorienne et les observateurs internationaux.

Arrivé quatrième du scrutin, "Campagnard", un ancien chef d'état-major de l'armée comorienne très respecté, a été arrêté le 28 mars juste après avoir annoncé qu'il prenait la tête d'un "comité national de transition" qui exige un nouveau scrutin.

Il était entendu depuis par les gendarmes de Moroni.

Samedi, un des magistrats de la Cour de sûreté de l'Etat a annoncé à la presse que l'officier à la retraite et au moins huit autres personnes actuellement en garde à vue seraient poursuivies pour avoir tenté de "déstabiliser l'Etat".

Depuis des mois, l'opposition dénonce la "dictature" de M. Azali. Elle lui reproche notamment d'avoir dissous la Cour constitutionnelle, modifié la Constitution dans un sens qui pourrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu'en 2029 et ordonné l'arrestation de dizaines de ses membres.

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Dégradation de l'état de santé de l'ancien président comorien Sambi

Ahmed Abdallah Sambi le 26 mai 2006

Ahmed Abdallah Sambi, emprisonné depuis plus d'un an, "est assez malade" et "devrait être évacué dans un pays tiers" pour y suivre des soins, a déclaré avocat, Ahamada Mahamoudou.

"Je n'ai pas les compétences pour déterminer la gravité de l'état de santé de l'ancien président (...) mais une chose est certaine, Sambi est assez malade (...), même ses gardes le disent", a-t-il dit. Selon l'avocat, le médecin traitant de M. Sambi lui aurait prescrit "des examens approfondis dans un service spécialisé dont les Comores ne disposent malheureusement pas".

L'ancien président (2006-2011) "devrait être évacué dans un pays tiers. Le certificat médical a été transmis au juge d'instruction mais rien n'est encore fait", a ajouté M. Mahamoudou. Le parquet a réquisitionné deux médecins pour aller l'examiner, "on attend leur avis", a-t-il précisé.

"Tout détenu malade doit bénéficier de soins appropriés", rappelle l'avocat. Mais "il n'existe actuellement aucune disposition juridique pour le cas d'un malade nécessitant une évacuation sanitaire", souligne-t-il.

Placé en résidence surveillée en mai 2018 pour troubles à l'ordre publique, l'ancien président et leader du parti d'opposition Juwa (Soleil) a été écroué trois mois plus tard pour corruption et détournement de biens publics dans un scandale de vente de passeports comoriens à des apatrides du Golfe.

"La durée légale de la détention provisoire est de quatre mois renouvelables une seule fois", elle a donc pris fin en avril, relève M. Mahamoudou. "Le prévenu doit être jugé ou laissé en liberté, même provisoire, surtout qu'il n'y a aucune nouvelle inculpation pour justifier son maintien en détention. Il est en prison parce que le pouvoir veut qu'il soit là", estime l'avocat.

Le président réélu Azali reconduit ses fidèles au gouvernement

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président des Comores Azali Assoumani, réélu en mars pour cinq ans à l'issue d'un scrutin contesté par ses adversaires, a nommé un nouveau gouvernement largement composé de fidèles, malgré ses promesses d'ouverture à l'opposition.

La nouvelle équipe, dévoilée jeudi soir par la présidence dans un communiqué, compte comme la précédente douze ministres et trois secrétaires d'Etat, dont deux femmes.

Très contestés, Mohamed Daoudou dit "Kiki" et Mohamed Houssein Djamalilail y conservent leurs portefeuilles respectifs à l'Intérieur et à la Justice. M. Daoudou perd toutefois la fonction de porte-parole du gouvernement, confiée au nouveau ministre de l'Economie Houmed Msaidié Ahmed.

Chef de l'Etat de 1999 à 2006, réélu en 2016, l'ex-colonel putschiste Azali Assoumani a été déclaré vainqueur du premier tour de la présidentielle du 24 mars avec 59,09% des voix.

L'opposition, qui compare son régime à une "dictature", a refusé de reconnaître les résultats en dénonçant, ainsi que la plupart des observateurs, des fraudes caractérisées.

Dans un souci affiché d'apaisement, M. Azali a gracié le mois dernier 17 opposants politiques emprisonnés pour des tentatives présumées de déstabilisation du gouvernement. Mais ses offres de dialogue avec l'opposition ont été rejetées.

"Ce gouvernement ressemble comme deux gouttes d'eau au précédent (...) c'est un non-événement", a réagi vendredi le président de l'Union de l'opposition, Mohamed Ali Soilihi.

Trois morts aux Comores après l'arrestation d'un opposant
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"C'est toujours le noyau dur d'Azali qui gouverne", a noté auprès de l'AFP un fonctionnaire ayant requis l'anonymat.

"Ce n'est certes pas un gouvernement d'ouverture comme l'aurait souhaité le président, mais c'est parce que l'opposition n'a pas répondu à sa main tendue", a regretté de son côté le secrétaire général de la Convention pour le renouveau des Comores (parti présidentiel), Yahaya Mohamed Elliasse.

Le président réélu a promis de faire du petit archipel de l'océan Indien, un des Etats les plus pauvres de la planète, un pays émergent d'ici 2030.

Trois morts aux Comores après l'arrestation d'un opposant

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Tirs à Moroni après l’arrestation d’un opposant au régime Azali

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